Des rumeurs persistantes font état de ce que, depuis quelque temps, les services de délivrance des passeports aux Gabonais de l’étranger, notamment à Paris (France), retiendraient les documents de certains compatriotes au motif qu’ils seraient des «Activistes», et exigeraient des lettres d’explications adressées aux responsables de ces services, sans plus. Qu’en est-il ?

Le service en charge des visas et passeports de l’Ambassade Haute Représentation du Gabon en France est un service public qui reçoit les usagers sans considération, notamment de leurs opinions politiques. © Gabonreview/Shutterstock

 

La rumeur enfle autour de cette affaire de passeports decitoyens Gabonais retenus par les services de la Direction générale de la documentation (DGDI) à Paris. Plusieurs voix montent en effet pour signaler les tortures psychologiques que subiraient certains Gabonais catégorisés comme «Activistes» ou «Résistants» protestant contre le régime de Libreville. Ces derniers auraient simplement vu leur document de voyage retenu par le service sus indiqué pendant plus de trois mois. Or, assurent-ils, le temps mis entre la fourniture des dossiers, l’élaboration du passeport et sa délivrance ne devrait pas dépasser un mois. Qu’en est-il de cette affaire perçue par les demandeurs concernés comme «une situation difficile qui pourrait avoir des conséquences dramatiques» ?

 «L’antenne de la DGDI de Paris retient mon passeport depuis bientôt 3 mois sans pour autant me fournir le mobile du refus. Le délai de délivrance d’un passeport est d’un mois. J’ai contacté le chef d’antenne de la DGDI (Cedoc) de Paris. Ce dernier m’a demandé de rédiger un courrier et de le lui transmettre», a expliqué, sous couvert de l’anonymat, un Gabonais résidant à Paris.

S’offusquant de devoir rédiger une lettre d’explication alors qu’il n’a demandé que son passeport, ce dernier ajoute qu’au terme de sa «petite enquête», il constaté qu’ «il y avait plusieurs compatriotes dans cette situation». «Je suis un activiste y compris les autres compatriotes victimes de cette situation incongrue», a-t-il argué.

Interrogés sur cette affaire, les responsables de la représentation diplomatique gabonaise à Paris s’étonnent de ces allégations. «Le service en charge des visas et passeports de l’Ambassade Haute Représentation du Gabon en France est un service public qui, comme tous les autres services qu’abrite la Chancellerie, reçoit les usagers sans considération, notamment de leurs opinions politiques éventuelles», précise-t-on de ce côté.

Rappelant que les dossiers sont traités de manière individuelle, l’ambassade ajoute qu’«il se trouve que, dans le traitement des dossiers, il existe des cas de rejet pour des raisons spécifiques qui varient de l’incomplétude du dossier à la présence de faux documents. Pour des raisons de confidentialité, ces informations ne peuvent pas, dans l’intérêt des usagers concernés et dans le strict respect de la loi et de la réglementation, faire l’objet de communication au public ou à la presse».

Vraisemblablement, ce ne serait donc pas le délit d’opinion et autres qui justifieraient la non-délivrance des passeports à ces compatriotes. «Qu’il y ait des activistes politiques parmi eux – à notre connaissance trois – là n’est pas le problème», déclarent les autorités de l’ambassade, ajoutant qu’«il leur revient, au même titre que les autres usagers du service public, de réunir les conditions requises».

Par ailleurs la chancellerie explique qu’«il y a aussi la situation de quelques uns – à peu près une dizaine – qui, à plusieurs reprises, ont été auteurs ou complices des violences contre les personnels en service à l’Ambassade et les locaux de la Chancellerie et qui font l’objet de procédures judiciaires en cours…». De ce fait, ils redouteraient de mettre pied à l’Ambassade ou de solliciter les services compétents à Libreville pour l’acquisition ou la légalisation des documents administratifs.

«C’est que, dans un Etat de droit, chacun est appelé à répondre de ses actes. Ceux qui veulent contourner cette difficulté en recourant aux procurations ou à l’assistance des avocats doivent comprendre que cela ne marchera pas», a mis en garde de l’ambassade du Gabon à Paris. Dans le contexte actuel cependant, la non-présentation d’un passeport en cours de validité empêche, entre autres, le renouvellement ou la délivrance d’un titre de séjour pour le demandeur.

 
 

2 Commentaires

  1. Plantain dit :

    A quand une autre affaire Khashoggi dans une ambassade ?
    Pièces détachées votre excellence ?
    Valise diplomatique ?
    Biens mal acquis, qui mal y pense.

  2. Je suis un gabonais qui vit à Paris depuis des très nombreuses années. Je n’ai jamais fait de politique, encore moins de manifester contre le gouvernement en place ou contre notre ambassade. Je voulais me rendre au Gabon et comme mon passeport était périmé, j’ai demandé un rendez-vous au consulat pour l’établissement d’un tenant lieu de passeport. Un rendez-vous m’avait été fixé. Hélas, un jour avant le rendez-vous le consulat m’adresse un mail pour annuler le rendez-vous sous prétexte que la machine avec laquelle on fait les tenants lieu de passeport avait été en panne. Pendant ce temps, j’avais déjà mon billet aller-retour et mon voyage était prévu dans une semaine. Imaginez quelle détresse fût la mienne ! ma fille étant en Belgique, j’ai pris le train le même jour pour aller au consulat du Gabon à Bruxelles où nos autorités consulaires ont eu l’amabilité de me délivrer un tenant lieu de passeport, sans cela, j’aurais perdu l’argent de mon billet pour rien du tout d’autant que je n’aurais pas pu voyager. Il faut que les autorités consulaires de notre ambassade à Paris comprennent que tous ceux qui résident à Paris ne font pas de politique. Je n’ai jamais de ma vie participé à une manifestation politique et voilà que le fait de résider à Paris, a failli me coûter cher. Est ce normal ?

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