Spécialisée dans la prise en charge des enfants frappés d’un handicap génétique ou pas, la Fondation Horizons Nouveaux se meurt dans l’anonymat depuis la disparition de sa fondatrice. Sa fermeture condamne de nombreux enfants handicapés qui y trouvaient refuge pour se construire un destin «normal».

Alice Lamou, dirigeante de Horizons nouveaux. © Gabonreview

 

Des élèves d’Horizons nouveaux. © Gabonreview

Ouverte le 21 septembre 1996 à Owendo, la Fondation Horizons Nouveaux a une vocation «réparatrice» : participer à l’éducation et la formation des enfants frappés  par le sort, notamment les déficients visuels et intellectuels. Cette structure de bienfaisance créée par Edith Lucie Bongo est pourvue de trois écoles : le Centre de réadaptation pour handicapés visuels (C.R.H.V.), le Centre neuro-psychopédagogique (C.N.P.P.) et l’Ecole spécialisée d’aide par le travail (E.S.A.T.)

Le premier établissement permet aux jeunes aveugles et mal voyant de poursuivre leur scolarité, du cycle primaire au cycle secondaire, jusqu’en classe de 3e. A partir de la 2d, les élèves sont envoyés au Lycée de Quaben, un établissement catholique situé au quartier Louis. D’ailleurs, plusieurs pensionnaires de la Fondation y ont pu décrocher leur baccalauréat.

Le Centre neuro-psychopédagogique accueille les enfants déficients intellectuels. Cette école reçoit les enfants débiles légers, débiles sévères, les autistes, les trisomiques et ceux qui ont un retard scolaire. L‘Ecole spécialisée d’aide par le travail (Esat) quant à elle est destinée aux jeunes handicapés ayant 18 ans et plus, pour une formation professionnelle.

Le modèle économique de la Fondation était structuré autour de deux sources ; les fonds injectés par sa fondatrice complétés par une subvention de l’Etat. D’un montant de 600 millions de francs CFA par an, cette subvention reçue pour la dernière fois, en entièreté, en 2015 couvrait les salaires des fonctionnaires, les vacations des professeurs, et certains coûts, notamment la restauration des enfants qui sont en semi pension.

© Gabonreview

Fragilisée par la disparition de sa fondatrice, la Fondation est gravement ballotée par la conjoncture économique difficile que traverse le pays. En 2016, elle n’a reçu que 40 millions au lieu de 233 millions inscrit dans le budget. En 2017, aucune once de subvention ne lui a été allouée. En 2018, le montant de la subvention inscrit dans le budget de l’Etat est passé de 233 millions à 100 millions. Malheureusement, cette somme n’a jamais été encaissée. La Fondation n’a reçu que 25 millions, une somme insuffisante pour couvrir toutes ses charges.

Aujourd’hui, elle traine une dette de 61 millions envers l’entreprise Tanques qui transportait les élèves, le partenaire qui traite les salaires et Brossette nettoyage.

Le personnel comptabilise 35 mois sans salaires et les élèves sont repartis dans leurs familles. Est-ce le chant de cygne pour cette belle œuvre de bienfaisance au profit des enfants frappés par le sort ? Nul ne le sait, mais l’horizon est sombre pour tous les enfants handicapés qui espéraient se forger de nouveaux horizons dans la vie que ceux tracés par la maladie, via la Fondation Horizons nouveaux.

 
 

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