Chez la femme enceinte, il est possible qu’à n’importe quel moment de la grossesse, une hypertension artérielle apparaisse. Au Gabon, c’est l’une des premières causes de mortalité aussi bien maternelle qu’infantile, avec 45,1% de décès pédiatriques.

Au Gabon, l’HTA demeure l’une des premières causes de mortalité maternelle et infantile. © Gabonreview

 

Pression anormalement élevée du sang dans les artères, l’hypertension artérielle (HTA) demeure, au Gabon, une pathologie persistante avec une prévalence de 5 à 15 % chez les femmes enceintes. Selon le Pr Jean François Meye, professeur de gynécologie obstétrique, l’HTA «est l’une des premières cause de mortalité maternelle». A en croire son propos, la maladie peut être détectée très tôt chez les femmes enceintes et permettre qu’elles accouchent sans que l’enfant ne perde la vie. Mais, ce n’est pas toujours le cas. Résultat, une bonne partie de femmes enceintes en meurent. «C’est lié essentiellement à l’organisation des soins. La plupart des femmes sont suivies en périphérie et n’arrivent à l’hôpital qu’en fin de grossesse quand l’hypertension s’est déjà bien installée et souvent pendant les complications», explique le Pr Meye, tirant la sonnette d’alarme quant au suivi de grossesse.

Selon le secrétaire général du ministère de la Santé, Patrick Ndong Obiang, «aujourd’hui les indicateurs en matière de mortalité maternelle et infantile bien que nous ayons une courbe fléchissant, sont toujours élevées». «316 décès pour 100 000 naissances, mais également 45,1% de décès pédiatriques pour 1000 naissances. Donc, ça voudrait dire que nous ne sommes pas sortis de la zone rouge», a-t-il poursuivi. Pour lui, «nous sommes toujours face à un problème de santé publique». D’où la nécessité pour les blouses blanches, les autorités en charge du secteur et même les parturientes de mutualiser leurs forces pour inverser la tendance.

Au nombre des pathologies liées à l’HTA et préjudiciables pour le femme enceinte et le fœtus, la prééclampsie. Selon le Dr Simon Taken, gynécologue, elle peut entraîner «des convulsions qu’on va appeler l’éclampsie, la survenue de l’insuffisance rénale et chez l’enfant, la survenue de décès néo-natal ou alors la prématurité». A cela peut s’ajouter, chez la femme, une hémorragie cérébrale, coagulation du sang, décollement de la rétine – ce qui peut rendre aveugle-, complications hépatiques telles que la rupture du foie ainsi que la mort du fœtus. La maladie touche les jeunes femmes enceintes (âgée de 25 ans en moyennes) et celles d’âge plus avancé, «surtout si c’est leur première grossesse». Les causes de cette pathologie demeurent inconnues et le traitement reste l’extraction du placenta. D’où l’importance d’un suivi régulier des visites prénatales

 
 

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