Inquiété par la justice, le leader de Dynamique unitaire était, le 18 juillet, l’invité de l’émission «La parole aux auditeurs» sur Africa Radio (ex-Africa n°1), au cours de laquelle il est longuement revenu sur ses propos polémiques du 2 juillet. Accusé de propagation de fausses nouvelles au sujet de la mort supposée d’Ali Bongo, Jean Rémy Yama affirme qu’il s’agit simplement de l’expression d’une «intime conviction». Lecture.   

Actuellement en France, Jean Remy Yama s’est prêté aux questions d’Africa Radio (ex-Africa N°1). © D.R.

 

Africa Radio : Pourquoi avoir annoncé le 2 juillet dernier que le président Ali Bongo était décédé ?

Jean Rémy Yama : Justement, il faut faire la différence (rires). Il ne s’agissait pas d’une déclaration de décès, qui revient aux membres de la famille ou au médecin légiste. Mais plutôt, de l’expression d’une intime conviction.

Vous avez dit : «Ali Bongo est mort, il n’existe plus».

Nous n’avons fait qu’exprimer notre intime conviction basée sur trois sollicitations qui n’ont jamais trouvé de réponses. La première sollicitation a eu lieu le 7 décembre 2018 suite aux rumeurs d’un AVC et la mort d’Ali Bongo, le 24 octobre de la même année à Ryad. Nous avons sollicité la première chambre du Parlement, le Sénat, pour la mise en place d’une commission parlementaire opposition-majorité pour aller rencontrer le chef de l’Etat et rendre compte au peuple. Ce qui est une démarche républicaine. Malheureusement, depuis le 7 décembre, aucune réponse ne nous a été apportée. Ensuite, lorsqu’on nous a annoncé qu’Ali Bongo rentrait définitivement au Gabon le 23 mars, Dynamique unitaire a déposé une demande d’audience le 3 avril. Nous avons eu l’accusé de réception de la présidence de la République le 4 avril. Jusqu’à présent, aucune nouvelle. Face aux rumeurs persistantes, nous avons demandé la tenue d’une conférence de presse animée par le président de la République, pour qu’il s’exprime et que les Gabonais l’entendent.

Mais le président s’est exprimé…

Mais non ! Les expressions du président de la République au Gabon se font soit à travers les photos, soit à travers les vidéos. Et la technologie étant ce qu’elle est, ces photos et vidéos sont toujours sujettes à discussion. Donc, nous n’avons fait qu’exprimer notre intime conviction que face à l’absence de ces trois sollicitations, Ali Bongo est mort et n’existe plus. Voilà ce qui a été dit !

Est-ce que vous ne craignez pas que ces propos soient mal interprétés, d’autant que vous n’apportez aucune preuve ?

Nous ne faisons que donner notre intime conviction face à une disparition. Si vous connaissez quelqu’un que vous avez perdu de vue, que vous ne voyez ou ne rencontrez plus… vous êtes en droit d’avoir l’intime conviction que cette personne n’existe plus. C’est ce que pensent actuellement les Gabonais. Ce qui se passe actuellement au Gabon, c’est de l’enfumage.

Selon les autorités, vos propos ont été tenus au moment où le chef de l’Etat est apparu à deux reprises en l’espace d’une semaine, dans les rues de Libreville, en recevant également une dizaine de hautes personnalités au Palais du bord de mer, dont des chefs d’Etat…

Justement, c’est là où se situe du paradoxe. Déjà, l’apparition à Libreville se fait dans un véhicule où il ne parle pas. Nous appelons cela une apparition furtive, qui peut être l’œuvre d’un sosie. Ensuite, quand il s’agit de rencontrer les chefs d’Etat, il y a un autre paradoxe. C’est que la conférence de presse donnée par les chefs d’Etat reçus à Libreville, le président Ali Bongo n’est pas présent. Il n’y a pas un seul journaliste gabonais ou étranger qui peut, depuis le 24 octobre 2018, affirmer qu’il a rencontré Ali Bongo et l’a interviewé. Par conséquent, il y a un doute qui s’installe. Et ce doute a permis à Dynamique de franchir un pallier et d’affirmer qu’Ali Bongo est mort. Dans ce cas, le plus simple aurait été qu’Ali Bongo reçoive Dynamique unitaire en audience, ou que lui-même vienne déclarer publiquement qu’il n’est pas mort.

Ne craignez-vous pas que votre déclaration donne du grain à moudre à ceux qui vous critiquent, pour vous sanctionner aujourd’hui ?

C’est peut-être vrai. Mais encore faudrait-il brandir une justification pour une éventuelle sanction. Car, quel est le motif aujourd’hui ?

Propagation de fausses nouvelles…

Eh bien, c’est à eux de démontrer que la nouvelle est fausse. Et pour ce faire, qu’on aille rencontrer Ali Bongo. C’est plus simple ! Ce sont eux qui propagent de fausses nouvelles, qui disent qu’Ali Bongo reçoit les chefs d’Etat, alors que nous avons l’intime conviction que c’est faux.

Vous deviez rencontrer le procureur de la République le 15 juillet à Libreville…

Cette rencontre n’a plus eu lieu. Nous l’avons sollicité suites aux arrestations dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, de certains de nos camarades. Je ne parlerai même pas d’arrestations car, en l’espèce, les agents de police se présentent chez vous avec un mandat en déclinant leur identité. Or, ce n’est pas le cas. Il y a juste des gens qui arrivent, sans pièces d’identités ou un mandat. On appelle ça des enlèvements ! Nous parlerons également de séquestration. Car lorsqu’on nous dit que nos camarades sont à la Police judiciaire, on nous interdit de les voir, même l’avocat n’y a pas accès. Suite à cela, nous avons écrit au ministre de la Justice et au procureur de la République. Ce dernier nous a répondu en nous informant que notre rencontre aurait lieu le 15 juillet. Mais elle n’a plus eu lieu car la veille, dans les médiaux locaux et internationaux, nous annoncions que nous estérions en justice contre le procureur de la République.

 
 

3 Commentaires

  1. Tagomago dit :

    Et aussi: Une bonne nouvelle pour la bonne gouvernance en Afrique,
    .
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/07/17/la-cpi-motive-sa-decision-d-acquitter-laurent-gbagbo-et-charles-ble-goude_5490293_3212.html
    .
    La CPI motive sa décision d’acquitter Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé
    .
    La Cour pénale internationale a souligné « l’exceptionnelle faiblesse » des preuves présentées par la procureure.
    .
    mais aussi:
    .
    https://www.jeuneafrique.com/mag/792252/politique/cote-divoire-en-semi-liberte-laurent-gbagbo-prepare-son-retour-a-abidjan/
    .
    Depuis Bruxelles, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a repris les rênes du FPI et rêve du jour où il pourra enfin rentrer au pays. Sans rancœur, mais avec un vrai désir de revanche.
    .
    Laurent Gbagbo ne sort pas beaucoup, mais aujourd’hui, c’est différent : c’est son anniversaire. Pour la première fois depuis huit ans, la fête a lieu hors d’une prison, alors l’ancien président ivoirien a eu envie de petits plaisirs.

  2. Théodore dit :

    Oui, Ali Bongo est bien mort. Le reste, c’est du spectacle. Les ficelles des marionnettes sont tenues par le Quai d’Orsay (pour ne pas dire la France, car tous les français ne jouent pas le jeu qu’on appelle “francafrique”). La “francafrique” est un jeu où le gagnant est connu d’avance (la mafia française, avec à sa tête TOTAL). Le grand perdant est toujours le même: l’Afrique (donc le Gabon aussi). L’unique solution pour s’en sortir c’est de mettre le FEU dans ce jeu. C’est toujours possible. Mais il faut la volonté de tout le monde. C’est l’union qui fait la FORCE.

    • Tagomago dit :

      Oui bon enfin, Total aussi mais, en ce moment le patron du pétrole au Gabon c’est Perenco.
      Perenco Gabon est une filiale du groupe Perenco, société enregistrée au Bahamas. Un Paradis fiscal !
      L’avantage de Perenco c’est qu’elle est propriété privée, donc aucun compte à rendre aux actionaires ni à personne. Personne ne sait rien de son business, c’est secret.
      Les magouilles c’est juste entre eux, la France et le diable.
      Tout de même, ne pas oublier que Perenco en réalité c’est le petit frère spirituel de Total……….
      Qui gouverne le Gabon? Qui est le caid du pétrole? Perenco?
      Comprenez ce que vous voudrez.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW