Bruno Minko-mi-Ngwa, ancien directeur de la Société gabonaise des transports a été placé en détention préventive mercredi soir, après cinq jours de garde à vue au B2 pour des soupçons de “détournement public”. Fortement endettée, la Sogatra fonctionne depuis plusieurs années au ralenti, entre salaires impayés, grèves et parc automobiles réduit. 

Bruno Minko-mi-Ngwa, l’ancien directeur général de la Société gabonaise des transport (Sogatra) est à “Sans-Famille”. © D.R.

 

L’opération Scorpion n’en finit pas. Évincé de ses fonctions le 31 janvier 2020 suite à un Conseil des ministres, l’ancien directeur de la Sogatra, Bruno Minko-mi-Ngwa, pendant dix mois à la tête de l’entreprise d’environ 850 salariés, a été placé sous mandat de dépôt mercredi 12 février au soir, a appris Gabonreview auprès de la communication de l’entreprise.

Motif de son transfert à “Sans-Famille” : des détournements de fonds publics présumés, explique la même source, ajoutant que M. Minko avait été placé en garde à vue vendredi au service de contre-ingérence du B2. Depuis longtemps l’entreprise, qui survit grâce à des subventions étatiques à hauteur d’environ 4 milliards de francs CFA par an, était devenue un terrain de conflit entre les salariés et la direction.

Les employés, entrés en grève pendant plusieurs mois, suite à sept mois d’arriérés de salaires, accusaient aussi l’ex-DG de mentir sur le nombre de bus en circulation. Le Syndicat des acteurs du transport terrestre (Syatrat) avait porté plainte en juin 2019 pour “détournements” contre la société publique.

Début février, le directeur d’exploitation et de la sécurité de la compagnie, Paterne Dicka, avait même interdit d’accès au site près de 25 personnes, dont Bruno Minko. La défense de l’ex-DG était la suivante: depuis son arrivée à la Sogatra, il avait essayé de rectifier le tir d’une comptabilité manquante depuis 2013.

Il affirmait avoir réduit la dette de la Sogatra de 7,5 milliards de FCFA, depuis son arrivée en mars 2019 (la dette était donc de 26,5 milliards en mars, selon lui). Il se targuait également d’avoir appliqué le plan social recommandé par un audit du cabinet Deloitte, réduisant la masse salariale de 20%. De même, les arriérés de salaires dataient de 2018.

 
 

2 Commentaires

  1. bill ngana dit :

    Dans tout ce méli-mélo, ce sont les Gabonais incapables de se payer une voiture qui sont proprement nickés. On avait cru, lors de sa mise en service, que la Sogatra viendrait soulager rapidement ce type de consommateurs, nombreux et vulnérables dans la capitale et ses environs. Puis, la haute hiérarchie a exigé, on ignore toujours au nom de quelle espèce de solidarité, que les autocars de Sogatra se livrent aussi au transport inter-provincial. Une idée certes louable mais suicidaire pour la jeune entreprise, qui n’avait pas encore consolidé son expertise en matière de transport urbain, ni accru son fragile parc d’autobus totalement inadapté à cette nouvelle activité. Et justement, les autocars en service à Libreville ne convenaient pas du tout aux routes du Gabon, trop étroites et en très mauvais état. Là a commencé, à mon avis, les tribulations de cette entreprise. Car si les directeurs successifs ont peut-être mis chacun la main dans la caisse, cela pouvait demeurer invisible et sans importance tant que cette dernière se remplissait à nouveau. Mais a contrario, lorsque l’activité devenait de moins en moins rentable, avec un parc d’autobus vieillissant et de plus en plus gourmand en dépenses de consommation et de fonctionnement, mettre la main dans la caisse devenait à son tour simplement suicidaire. Vivement que les sociétés à venir ne se laissent point entraîner dans les mêmes erreurs.

  2. Ernest dit :

    Et dans cette opération scorpion, il n’y a rien à dire sur les Bongo ? Ils sont blanc comme neige. Lol!!!

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