Bien que le gouvernement se soit engagé ces dernières années dans la construction et la réhabilitation des routes, la plus grande partie du réseau routier gabonais est en friche. Le ministre des Travaux publics, qui envisage une nouvelle approche en matière de construction de routes, assure que les efforts sont consentis pour rattraper ce retard.

Arnaud Calixte Engandji dans le studio d’Urban Fm. © capture d’écran/Gabonreview

 

Le réseau routier gabonais, c’est «80% d’un réseau de près de 11 000 kilomètres qui est encore latéritique», selon Arnaud Calixte Engandji, ministre des Travaux publics (TP). «La difficulté que nous avons, c’est que ce réseau étant essentiellement latéritique avec aujourd’hui une forte activité économique dans le bois et dans le commerce, on a beaucoup d’interruption du trafic dû à cet état. Donc, on y travaille», a-t-il expliqué.

Le retard dans ce domaine est énorme, «il est évident qu’on a encore du chemin à faire», mais «on est à pied d’œuvre dans des zones diverses et variées», a-t-il récemment déclaré sur les antennes d’Urban Fm. À Libreville, et dans la province de l’Estuaire en général, le ministère des TP a engagé certains chantiers. Dans les quartiers comme Cocotiers, où la voie s’est considérablement dégradée, sans oublier «le lac» qui s’est formé dans l’emprise de la mairie de Libreville et qui attaque régulièrement le patrimoine routier sur la zone Boulevard, la montée entre le Sénat et la mairie, le ministre promet que d’ici deux mois, les travaux atteindront le carrefour Nkembo. Ils devraient se poursuivre jusqu’au quartier Atong-Abê où la voie est dans un piteux état, et réhabiliter la voie qui ressort au séminaire Saint-Augustin.

Du côté d’Owendo, les travaux entamés sur le pont Nomba et le pont Setrag devraient, a-t-il affirmé, «être livrés au plus tard dans la deuxième semaine du mois d’août». Si Arnaud Engandji assure que sur le pont Setrag le chantier est «presque terminé», il indique qu’au pont Nomba il «est quasiment à 80%». Ce retard est dû au fait que lors du lancement de ce chantier, on avait lancé la commande de la fabrication des glissières. «Ça prend 45 jours, voire 2 mois». En dehors de ce délai, a-t-il argumenté, les clous pour accrocher ces glissières entre elles n’étaient pas disponibles sur le marché gabonais. Les industriels de ce pays n’en fabriquant pas, il a donc fallu attendre un mois pour les commandes.

Par ailleurs, confrontées au problème d’éclairage dans la zone, les équipes sont obligées de travailler jusqu’à 17h. Dans l’ensemble de ces chantiers, les travailleurs sont parfois victimes de l’incivisme des populations, a dénoncé le ministre. Ce qui ralentit considérablement le rythme de travail. C’est notamment le cas au quartier Diba-Diba, où, dit-il, «les travailleurs se font tabasser par les citoyens».

Interdiction du goudronnage bicouche

Profitant de cette sortie, le ministre des TP a rappelé à l’opinion le pourtour du domaine de compétences de son département, tout en indiquant son rejet pour le goudronnage bicouche. «Nous avons pour responsabilité les 2X2 voies. Les routes nationales, c’est notre responsabilité. Une fois vous allez au niveau en dessous que sont les voiries, les ruelles, cela relève désormais des mairies», a-t-il indiqué. Les grands travaux d’infrastructure, a-t-il ajouté, «c’est du ressort de l’ANGTI». La route Port-Gentil-Omboué comme la construction du nouvel aéroport s’inscrivent dans cette catégorie.

Pour garantir la qualité de la route, le ministre envisage d’interdire le goudronnage bicouche. «Vous avez plusieurs façons de faire la route. Vous pouvez faire juste un décaissement de 15cm, compacter la latérite et tout de suite mettre du goudron par dessus. Ce type d’ouvrage dans un pays où il pleut 9 mois sur 12 dure 6 mois, et après vous recommencez». Cette approche, souligne Arnaud Engandji, est à l’origine de la courte survie des chaussées.

«Pour couper court, on a décidé d’interdire cette façon de faire de façon définitive en disant aux gens, lorsqu’on construit une route, on la fait bien pour qu’elle soit durable». Pour Arnaud Engandji, il vaut mieux une route latéritique entretenue en tout temps, «qu’une route que l’on prétend avoir goudronnée». «Voilà à peu près, la logique que nous imposons au niveau des TP», a-t-il affirmé.

 
 

6 Commentaires

  1. Tagomago dit :

    Lorsque l’on est ministre l’ignorance c’est grave,,un véritable fléau et une malédiction.
    Apparemment l’ANGTI à du induire Monsieur le ministre des TP en erreur sur ce qu’est un Bicouche… Le pencherai plutôt qu’il en tient une couche…
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    ce dont il nous parle, latérite plus 2cm de goudron… Au Gabon on appelle cela la couche électorale mais avec un budget modeste on fait beaucoup de kilomètres pour se faire élire et ça ne tiens pas… Du véritable gaspillage qui empêche même la maintenance avec niveleuse et compacteur.
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    Un “Bi-couche” c’est une route qui reçoit une double couche de goudron. La couche de dessous s’appelle la couche de “base” et la couche du dessus en contact avec les roues des voitures c’est la couche dite de roulement””, que l’on change habituellement tous les 7 à 10 ans en fonction de l’usage et usure.
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    C’est triste, encore un villageois sorti de la brousse qui a enfilé un costume…
    Et encore un grand Bravo à l’ANGTI pour avoir bien préparé votre ministre…. Ou bien vous nous dites qu’avec lui c’est désespéré….
    Je pencherai plutôt pour un mélange des deux…

    • sm dit :

      Certes, au moins il travaille.
      Que faisaient ses prédécesseurs?

      On le voit sur tous les fronts, quoi qu’en disent les mauvaises langues. Je préfère avoir un type d’action comme ça, plutôt qu’un politicien pure souche qui viendra plomber l’argent du contribuable sans aucune action.

      • Tagomago dit :

        @SM
        Vous mettez en avant des argument qui n’ont pas lieu d’être. Je vais vous expliquer.
        Ce qu’ont fait ou n’ont pas fait ses prédécesseurs n’est vraiment pas important lorque vous apprenez que les travaux que vous voyez en ce moment sur Libreville en toute réalité c’est la France qui est derrière pas lui et même pas l’ANGTI.
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        En effet, l’AFD “l’agence française de développement” à fait un prêt de 100 millions d’euros au Gabon pour les voiries de Libreville et ce sont les experts de l’AFD ont aussi décidès qui fait quoi et tout et tout.
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        Qu’il s’accapare le travail des autres, si vous le croyez tant mieux pour vous, si cela vous soulage et vous rend heureux, ça ne concerne que votre opinion.
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        Personnellement, je préfère la vérité. En cela, je sais que ses gesticulations c’est de la devanture, du cinéma en autre mot. C’est d’ailleurs pour cela qu’il nous sort des sottises comme son bi-couche car il ne fait que de la figuration.
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        Le véritable sujet sur ces travaux est ailleurs, pourquoi la France à t elle décidée de venir nous faire pour 100 millions d’euros de voiries à LBV ? Pourquoi est ce Colas qui à eu le marché ? Pourquoi un prêt alors que la France sait qu’on ne vas pas lui rembourser etc… etc… mais bon
        Quel est l’intérêt de la France dans ce jeux, ne fait elle pas le jeu du régime Bongo ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ???
        Le ministre n’est qu’un simple pantin qui gesticule … Pourquoi ?
        Posez vous les véritables questions et creusez un peu plus loin que les paroles et gestes d’un figurant de Niger-wood.

      • 짐 - 루크 dit :

        -Le sage s’interroge sur les bons principes à adopter pour édifier une politique en la matière cohérente et perenne. L’idiot s’apitoie sur son dernier chouchou qui fait de la com en guise de travail .pffff !!!

  2. MOIMEME dit :

    Ul n’y a qye ceux qui ne font rien qui ne se trompe pas, et comme on dit le travail de l’autre est toujourss facile.

    • FINE BOUCHE dit :

      Certes il y a ceux qui font rien qui ne se trompe jamais.
      Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
      Voyez tout de même l’hérésie. Un pays pétrolier qui n’arrive toujours pas à avoir des infrastructures dignes des pays qui ne sont pas des pays producteurs. Alors on peut accuser les français et autres parasites de l’Afrique de tous les maux, mais lorsque l’incompétence est installée dans votre maison les voisins n’ont rien à y voir.

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