Les membres du mouvement citoyen «Touche pas à ma terre» invitent le gouvernement à publier les coordonnées géographiques et topographiques, et surtout les identités des propriétaires réels de 1534 titres fonciers attribués à l’Etat. Lors d’une conférence de presse, le 17 octobre, le mouvement a exigé également la sincérité  sur la valeur monétaire de ces terres estimée 795 milliards de francs CFA.

Les membres du mouvement citoyen «Touche pas à ma terre» exigent la publication des 1 534 titres fonciers de l’Etat. © Gabonreview

 

Le tollé déclenché par le transfert des titres fonciers de l’Etat à la Caisse des dépôts et consignations(CDC) est loin de retombé. Très alertes sur ce dossier, les membres du mouvement citoyen «Touche pas à ma terre» exigent une transparence totale sur ces propriétés de l’Etat. Lors d’une conférence de presse, le 17 octobre, le mouvement a demandé au gouvernement de publier les coordonnées géographiques et topographiques, et surtout les identités des propriétaires réels de 1534 titres fonciers attribués à l’Etat.  «Touche pas à ma terre» exige également la sincérité sur la valeur monétaire de ces terres estimée 795 milliards de francs CFA.

Pour les acteurs de ce mouvement citoyen, les arguments avancés ici et là par les autorités pour défendre cette décision polémique et périlleuse, surprennent par leurs étrangetés et leur caractère saugrenu. En effet, selon le directeur général de la CDC, Herman Nzoundou Bignoumba,  cette mesure «vise en priorité à accroître le patrimoine de la CDC» et à augmenter les capitaux propres de la structure dont il la charge, pour lui permettre de bénéficier de marges de manœuvre plus importantes pour remplir sa mission.

«Ces arguments selon lesquels, cette opération permettra à la CDC d’avoir une surface financière plus importante et naturellement de lever des fonds, sont fausses, dans la mesure où la décision du gouvernement, ne parle pas de capitalisation de la CDC. C’est de l’endettement public et la procédure de l’endettement public est que le projet passe par le parlement, qui doit donner son quitus pour tout emprunt de l’Etat. Or, en passant par la CDC, on contourne simplement le parlement», a expliqué Jean-Valentin Leyama, le coordonnateur de la campagne «Touche pas à ma terre».

Pour Franck Indjimbi, membre du mouvement citoyen, le risque de la mise en exécution d’une telle mesure va au-delà de l’aspect financier, bien que l’Etat ne soit plus assez crédible pour s’endetter sur le marché financier international, avec un taux d’endettement oscillant à près de 65%. «Nous savons qu’en ce moment, il y a tous ces problèmes de plantations pour la production des agro carburants. Ces plantations ont besoin de vaste étendu de terres, et ces terres ne se trouvent pas en zone urbaine. Elles se trouvent forcement en zone rurale. Nos villages sont situés en zone rurale et nos villages n’ont pas de titres fonciers, donc, si d’aventure un de nos villages se trouvait dans un de ces titres fonciers, il peut se retrouver demain entre les mains d’une multinationale étrangère», a-t-il prévenu.

En attendant l’hypothétique débat télévisé sur le transfert des titres fonciers de l’État à la CDC entre Jean-Valentin Leyama et le ministre de l’Économie, Roger Owono Mba, l’action de dissuasion du gouvernement s’oriente vers le parlement.

 
 

1 Commentaire

  1. Serge Makaya dit :

    Il n’y a plus d’État au Gabon depuis l’arrivée à la tête du pays, en 2009, d’Ali Bongo. Parce que Ali Bongo n’a jamais gagné les élections présidentielles : ni en 2009, ni en 2016. Et j’irai même plus loin: son soi disant père Omar Bongo a été, lui aussi, un usurpateur des élections présidentielles.

    Le problème au Gabon, c’est la tête qu’il faut couper et remplacer au plus vite. Mais en remplaçant cette tête, assurons-nous surtout qu’on ne nous donne pas une tête similaire aux précédentes.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW