La deuxième journée de l’édition 2019 de la Tropicale Amissa Bongo était marquée par la récidive de la dernière recrue de Direct Energie. Rencontres furtives, à Okondja, avec le mentor du vainqueur, le DNT adjoint de Team Arkea Samsic, un sponsor de l’évènement et, encore plus furtif, le leader des motards de la compétition.

Jeunes spectateurs perchés à Okondja. © Gabonreview

 

Jean-René Bernaudeau. © Gabonreview

BONIFAZIO / BERNAUDEAU : LA VICTOIRE EN CHANTANT

Le directeur sportif de Direct Energie, Jean-René Bernaudeau, a été approché à Okandja après la récidive de son protégé Niccolo Bonifazio, déjà vainqueur de la première étape. Pour lui, la «Tropicale est déjà réussie».

Que pouvez-vous dire de votre champion de poulain ?

Quel coureur ! C’est un peu un rang coureur parce qu’il est cinquième de Milan – San Remo à 21 ans. Il a besoin de comprendre l’équipe dans laquelle il vit. Ici c’est une bonne famille. Il était dans des équipes qui ne comprenaient pas qu’il est un peu artiste, qu’il faut le rendre heureux. Il se sent bien. Durant le stage de cohésion, il m’a envoyé un mot : «je suis heureux» et il faut être heureux pour gagner des courses.

Croyez-vous qu’il fera encore des merveilles comme ça par la suite ?

Il est décomplexé, il est revanchard. Bref, il n’y a pas de limites.  Désormais la Tropicale est réussie.

Avec deux maillots jaunes vous pensez que c’est déjà réussi ?

Beh oui, quoi qu’il arrive on aura deux victoires à Libreville. Donc ça c’est un bon bilan. L’année dernière on n’a pas gagné d’étapes. Donc, désormais c’est bien.

Nicolas Deshaies. © Gabonreview

NICOLAS DESHAIES : «ANDRÉ GREIPEL NE REPARTIRA PAS BREDOUILLE D’ICI»

Arrivant pour la première fois en Afrique avec l’ambition de remporter sa première course de la saison, André Greipel, le champion allemand aux 155 succès n’a pas joué de chance sur les deux premières étapes de l’édition 2019 de la Tropicale Amissa Bongo. S’il a fait un podium sur les deux premiers jours, Nicolas Deshaies, DNT adjoint de Team Arkea Samsic, reste résolument optimiste : «La course n’est pas finie on a encore 5 étapes, notamment demain. On est certain des capacités d’André Greipel et on sait qu’on ne repartira pas bredouille d’ici».

L’adjoint de Sébastien Hinault rappelle que son équipe avait déjà roulé sur les routes du Gabon : «On est déjà venu à deux reprises donc la chaleur, on la savait déjà un petit peu. Après, notre équipe elle assume son statut. C’est-à-dire qu’avec André Greipel, on nous laisserait prendre les choses en main. C’était le cas hier, on a assumé nos responsabilités. Aujourd’hui, on a essayé de jouer un petit peu. Bon, à un moment il a fallu encore prendre la tête du peloton pour revenir sur les échappées. Ça ne nous a pas souri, tant mieux pour Direct Energy mais on ne désespère pas.»

Lemien Lendzeyi, responsable communication de Gabon oil company. © Gabonreview

GABON OIL COMPAGNY : PLUS DE 2000 GOODIES SUR L’ÉDITION 2019

Le logo de Gabon Oil Compagny est des plus visibles sur la Tropicale Amissa Bongo. Il y a que la Société nationale des hydrocarbures sponsorise la tunique jaune qui récompense le leader d’étape et du classement général. La marque a emmené plus de 2000 gadgets et goodies divers devant être distribués sur les sept étapes.

Responsable communication de l’entreprise pétrolière, Lemien Lendzeyi indique que «ce choix repose sur le fait que nous sommes une entreprise pétrolière et une grosse part de l’économie du Gabon repose sur le pétrole. En tant qu’entreprise citoyenne, sponsoriser ce maillot permettait à notre entreprise d’avoir, non seulement pignon sur rue, mais aussi de présenter nos produits». La compagnie au logo rouge et blanc ne pense pas qu’aux meilleurs cyclistes, les populations qui affluent aux abords de la caravane n’étant pas en reste. «Certains gadgets que nous mettons à la disposition des populations vont aider celles-ci de plusieurs manières. Nous avons des t-shirts et casquettes, mais aussi des stylos, des kits scolaires pour encourager le public Enfant qui va à l’école. Nous aidons, de ce point de vue, leurs parents à la scolarisation de leurs enfants

Olivier Pron. © Gabonreview

OLIVIER PRON : «ICI ON A LA CRÈME DE L’AFRIQUE !»

Journaliste au service des Sports de RFI, Olivier Pron est fort d’une décennie d’observation du Landerneau sportif africain. Non sans se prononcer sur l’avenir, il livre ici son état des lieux concernant la participation des équipes africaines à la 14ème Tropicale Amissa Bongo.   

Après deux jours de course, quel avis avez-vous de la participation africaine à la Tropicale Amissa Bongo ?

C’est la meilleure qu’on puisse rêver. J’ai fait des tours en Afrique depuis 10 ans, je connais bien le tour du Rwanda qui est un tour extrêmement relevé, beaucoup plus dur qu’ici, finalement. C’est la deuxième fois que je viens depuis 2016. Le plateau est exceptionnel. Le Rwanda aura peut-être un plateau du même tonneau puisqu’il devient l’équivalent en 2 points, mais ici on a la crème de l’Afrique. Il n’a pas que des grimpeurs, il y a aussi des rouleurs. Quand on dit la crème de l’Afrique, il faut bien se dire que la carte du cyclisme africain, ces dernières années, a penché à l’Est. Les meilleurs sont les Érythréens, les  Rwandais, les Éthiopiens. Les Marocains sont un peu en perte de vitesse. Les Sud africains ont les moyens comparables aux Européens, ils sont là. Il faut reconnaitre qu’en Afrique centrale ou en Afrique de l’ouest, c’est bien plus compliqué de tirer les marrons du feu. Ça ne grimpe pas, or le cyclisme se passe en général là où ça grimpe.

Que peut-on attendre d’eux pour la suite?

On peut attendre qu’ils apprennent, on peut attendre que l’UCI tienne ses promesses. Il n’y a pas de raison d’en douter, qu’elle construise enfin des centres de formation continentaux en grand nombre. On sait qu’il y en a un en Afrique du Sud. On attend d’autres. On attend un en Égypte, sans doute au Rwanda ou en Afrique de l’Est. Il y en aura sans doute au Cameroun ou au Sénégal. C’est important parce qu’on voit bien que même les coureurs de l’Afrique de l’ouest, même s’ils partent de loin, quand ils reviennent de ces centres d’entrainement où ils travaillent avec du bon matériel, de bons entraineurs, ils sont bien meilleurs, bien plus performants. La voie est sans doute là. On nous annonce des championnats du monde en Afrique, pour la première fois en 2025. Il faut que les Centres suivent de manière à ce que dans ces championnats du monde, on puisse avoir la chance d’avoir des Africains qui brillent.

Mamazoule Ibinga. © Gabonreview

MAMAZOULE IBINGA

Il est le responsable des 10 motards qui, sur la course, transportent les caméramans et les photographes. Ancien sociétaire de l’équipe du Gabon, il a participé à plusieurs édition de la Tropicale avant de mettre sur les motos en 2012 quand il a arrêté sa carrière cycliste. Également promoteur d’un atelier de méconique moto, il n’a gardé que des bons souvenirs de la petite reine qui traverse l’équateur : «j’ai appris et j’apprends encore beaucoup de choses en échangeant avec les gens venus d’autres pays. La Tropicale Amissa Bongo est très enrichissante.»

 
 

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