Pris dans les poches des automobilistes québécois, 128 422 dollars ont bénéficié à une réserve touristique de gorilles au Gabon. Initié par l’entreprise Audace Technologies, ce projet visant l’électrification de la réserve située dans le Fernan-Vaz est jugé ridicule par les Québécois qui ont réussi à y mettre un terme.

Un des gorilles de la réserve à côté de la clôture électrifiée par les Green Cube de Audace Technologies. © D.R.

 

Une réserve touristique de gorilles dans le Fernan-Vaz a bénéficié de 128 422 dollars canadiens, soit plus de 57,6 millions de francs CFA. L’information a été donnée récemment par la presse québécoise, qui s’est indignée de ce que l’argent pris dans les poches des automobilistes soit allé aussi loin, et surtout pour un projet qui s’est avéré moins porteur qu’il n’avait été présenté au gouvernement. Cet argent provenait en effet du Fonds vert québécois et entrait dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale, précise Le Journal de Québec, qui ajoute que «l’argent du Fonds provient surtout d’une taxe sur l’essence de 4 cents le litre que paient les automobilistes québécois».

Seulement, cette débauche d’argent public, même pour des bonnes causes que celles de la protection des gorilles et de la réduction des gaz à effet de serre, est apparu inconcevable pour certains contributeurs, quand d’autres ont simplement jugé «ridicule» le projet initié par l’entreprise Audace Technologies.

Un projet mort-né

Estimé initialement à 217 950 dollars, soit 97,8 millions de francs CFA, le projet a été arrêté en avril dernier par les autorités québécoises sous la pression de la presse et des contributeurs aux Fonds vert. Celui-ci consistait notamment pour Audace Technologies à fournir au parc touristique des groupes électrogènes solaires appelés Green cubes, ainsi qu’à trois communautés vivant dans le Fernan-Vaz. Il s’agissait de leur éviter de recourir à des groupes électrogènes diesel, pour leur permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Si l’électricité produite par ces «cubes» a été utilisée pour l’éclairage intérieur et extérieur du parc, l’électrification des clôtures de l’enclos des gorilles et l’alimentation des réfrigérateurs, le projet n’est toutefois pas allé à son terme. La raison évoquée par le ministère canadien de l’Environnement : «un des aspects du projet n’a pas été réalisé», et des retards dans la livraison de certains équipements ont été enregistrés, rapportent nos confrères.

En effet, il était prévu que l’électricité produite sur le parc serve aussi à alimenter des pompes pour irriguer des champs et cultiver des denrées pour nourrir les gorilles. La pompe, dit-on, a été livrée, mais n’a jamais été utilisée. «Les gens nous ont dit que ce n’était pas quelque chose de prioritaire, surtout que la saison des pluies commençait», reconnaît le président de l’entreprise, Adrian Ilinca.

Le gouvernement gabonais n’a pas communiqué sur cette affaire, qui l’a privé de près de 100 millions de francs, censés soutenir son financement de la protection des singes et sa lutte pour la réduction des GES.

 
 

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