Réunis à Franceville pour la sixième assemblée générale extraordinaire de l’Association des maires du Gabon, les élus locaux ont exposé les difficultés de fonctionnement des communes, notamment la faiblesse de l’exécution budgétaire et les retards dans la mise à disposition des ressources. Reçus par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, ils espèrent des réponses concrètes de l’exécutif.

Le maire de Libreville et président de l’association, Eugène M’ba, le 7 octobre 2026, à Franceville. © D.R.

 

Les communes gabonaises peinent à transformer leurs prévisions budgétaires en réalisations concrètes. C’est l’une des principales préoccupations soulevées lors de la sixième assemblée générale extraordinaire de l’Association des maires du Gabon, organisée à Franceville, dans le Haut-Ogooué. En marge des travaux, une délégation conduite par le maire de Libreville et président de l’association, Eugène M’ba, a été reçue en audience par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier.

Les échanges ont porté sur les difficultés de fonctionnement des collectivités locales, les moyens de renforcer leur capacité d’action et l’amélioration des conditions de vie des populations. À l’issue de la rencontre, le vice-président s’est engagé à transmettre les propositions des maires au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Des budgets difficiles à exécuter

Au-delà du dialogue institutionnel, les élus font face à une contrainte majeure : la faible exécution des budgets communaux. À Okondja, dans la province du Haut-Ogooué, le budget primitif s’élève à environ 316 millions de francs CFA. Pourtant, son taux d’exécution serait inférieur à 10 %, voire à 5 %, selon le maire Claude Nziet-Ella.

Cette situation interroge les relations entre les collectivités, les services déconcentrés du Trésor et les administrations centrales. « Comment réunir un conseil, orienter les lignes budgétaires, prévoir les dépenses, faire voter le budget et, ensuite, ne pas pouvoir l’exécuter ? Il y a forcément un problème à un autre niveau », déplore l’édile.

À Bakoumba, la maire Brigitte Boukamba fait également état de difficultés persistantes. Arrivée aux commandes en novembre 2025, elle regrette qu’à deux mois de la fin de l’exercice, « rien n’avance ». Elle pointe notamment les obstacles à la vérification des montants annoncés au titre des salaires et des subventions, faute de pièces justificatives.

Des solutions attendues

À Franceville, le maire Fernand Paulin Joumas dit Salamba plaide pour des ressources prévisibles et disponibles au moment opportun. Pour lui, un budget annuel ne peut être exécuté efficacement en quelques mois.

Au-delà des transferts de l’État, les maires misent sur une meilleure mobilisation des recettes propres et la modernisation de la gestion municipale, notamment par la digitalisation. L’objectif des assises est désormais de formuler des propositions concrètes.

Car derrière les difficultés budgétaires se jouent des enjeux de proximité : propreté urbaine, équipements, investissements et amélioration du cadre de vie. Reste à savoir si les démarches engagées auprès de l’exécutif permettront de lever les blocages et de donner aux communes les moyens d’assumer pleinement leurs missions.

 
GR
 

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