Ouverts le 1er septembre dernier, les travaux de la deuxième session ordinaire du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) ont pris fin ce mardi 29 septembre 2026. Au terme de celle-ci, le CESEC a formulé plusieurs recommandations destinées aux pouvoirs publics, notamment sur la reconnaissance du droit foncier coutumier et l’amélioration de l’accès aux soins et aux médicaments. Deux dossiers que l’institution considère comme des enjeux essentiels pour les communautés et la souveraineté sanitaire du Gabon.

Le président du CESEC, Guy Bertrand Mapangou, lors de son discours, le 29 septembre 2026. © GabonReview

 

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a achevé, ce mardi 29 septembre à Libreville, les travaux de sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, en présence du ministre d’Etat à la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, représentant le vice-président du gouvernement. À la clôture, son président, Guy Bertrand Mapangou, a mis en avant deux préoccupations importantes examinées par l’institution : la reconnaissance des droits fonciers coutumiers et l’accès aux soins et aux médicaments, présentés comme une «urgence sociale».

Après plusieurs semaines d’auditions, d’échanges et de délibérations, le CESEC entend faire de ses recommandations un outil d’aide à la décision publique. «Notre ambition n’était pas simplement de dresser des constats, mais bien d’identifier des esquisses de solutions susceptibles d’éclairer l’action des pouvoirs publics dans la prise de décision», a souligné Guy Bertrand Mapangou.

Le foncier coutumier au cœur des préoccupations

Sur la question des terres ancestrales et des sites sacrés, les débats ont porté sur la nécessité de rapprocher le droit positif des réalités coutumières. Pour le président du CESEC, le sujet se situe «à la croisée des chemins entre légalité et légitimité», entre le titre foncier et une conception de la terre comme élément constitutif de l’identité et de la communauté.

L’institution estime notamment que le Gabon doit combler le vide juridique entourant le droit foncier coutumier. «Le Gabon demeure le seul pays qui ne reconnait pas le droit foncier coutumier», a déclaré Guy Bertrand Mapangou, avant de souligner que le pays «ne peut s’y soustraire encore longtemps».

Parmi les pistes avancées figurent l’intégration du droit foncier traditionnel dans le Code foncier, la reconnaissance des espaces patrimoniaux et des sites sacrés, la reconnaissance juridique des territoires communautaires ainsi que la prise en compte des droits d’usage collectifs.

La santé, une «urgence sociale»

La ministre d’Etat à la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, représentant le vice-président du gouvernement. © GabonReview

Le deuxième grand thème de la session concernait l’accès aux soins et aux médicaments. Les auditions ont mis en évidence plusieurs difficultés liées à la disponibilité des médicaments, à leur coût, à l’offre de soins, à la couverture sanitaire et à la répartition territoriale des infrastructures. Le CESEC a également insisté sur la production pharmaceutique nationale comme levier de souveraineté sanitaire.

L’institution appelle notamment le gouvernement à revoir à la hausse les crédits consacrés à la santé, actuellement «en deçà du seuil de 15% du budget global de l’État, exigé par la Déclaration d’Abuja». Elle recommande également d’améliorer l’exécution des crédits de santé, de renforcer les synergies entre l’usine de médicaments de Nkok, l’Office pharmaceutique national et l’Agence du médicament, et d’appuyer l’entrée de l’État au capital de l’usine pharmaceutique de Nkok.

Autre priorité : réduire le reste à charge afin de limiter le renoncement aux soins des populations vulnérables. Pour le CESEC, ces mesures doivent contribuer à améliorer durablement l’accès aux soins et à consolider une véritable politique de production pharmaceutique nationale.

En clôturant la session, Guy Bertrand Mapangou a rappelé que le travail du Conseil ne s’arrête pas avec la fin des travaux. «La présente session s’achève, mais notre mission, elle, se poursuit», a-t-il déclaré, annonçant notamment l’examen prochain du projet de Loi de finances initiale pour 2027. Il souhaite que les recommandations formulées trouvent «un écho positif, durable et les suites appropriées auprès du gouvernement et du Parlement», conformément à l’article 149 de la Constitution.

 
GR
 

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