Chômage au Gabon : un diagnostic sévère, des solutions désormais sur la table
Les résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage (ENEC) 2024 fournissent au gouvernement gabonais une base opérationnelle pour réorienter ses politiques publiques. Au-delà des chiffres, l’étude met en avant une série de recommandations structurantes, axées sur la coordination institutionnelle, le soutien au secteur privé et la réforme du système de formation.

Quelques-uns des membres du gouvernement présents à la cérémonie de présentation de l’enquête. © GabonReview
Le gouvernement gabonais dispose désormais d’un ensemble de recommandations précises pour lutter contre le chômage, à la suite de la présentation officielle des résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage 2024. Ce document stratégique préconise notamment la création d’un comité interministériel dédié, la mise en place d’un fonds de soutien aux PME, ainsi qu’une réforme en profondeur de l’éducation et de la formation professionnelle afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Ces orientations s’inscrivent dans un contexte marqué par un taux de chômage de 17,4 % et un taux d’emploi limité à 40,9 %, révélant des déséquilibres persistants, en particulier chez les jeunes et les femmes. L’enquête souligne également la nécessité d’améliorer la structuration du tissu économique, notamment par l’établissement d’un registre social des entreprises destiné à favoriser leur formalisation.
Des réformes structurelles jugées prioritaires

Le ministre d’Etat Ulrich Manfoumbi Manfoumbi réceptionnant des mains de la ministre du Travail l’enquête destinée au président de la République. © GabonReview
Parmi les mesures clés, les experts recommandent aussi l’instauration de programmes de transferts sociaux pour accompagner les chômeurs, ainsi que la mise en œuvre des conclusions des assises nationales de l’emploi de mars 2025. L’objectif est de renforcer la cohérence des politiques publiques et d’assurer une meilleure articulation entre les différents dispositifs existants.
L’étude met en évidence plusieurs contraintes structurelles : un faible taux d’activité, une insertion professionnelle difficile pour les jeunes (34 % de chômage), et des inégalités marquées entre hommes et femmes, ces dernières affichant un taux de chômage de 21 %. Elle pointe également un décalage persistant entre l’offre de formation et les besoins réels du marché, malgré un niveau d’éducation parfois élevé.
Dans ce contexte, la réforme du système éducatif apparaît comme un levier central. Les experts insistent sur la nécessité de développer des filières professionnalisantes, de favoriser la reconversion et d’adapter les compétences aux exigences du secteur productif. Parallèlement, le soutien accru au secteur privé, encore concentré dans des activités peu rémunératrices, est identifié comme un facteur déterminant pour stimuler la création d’emplois durables.
Remis officiellement aux autorités, ce rapport constitue désormais un outil d’aide à la décision. Il doit permettre au gouvernement d’affiner ses priorités budgétaires et d’ajuster ses politiques de manière plus ciblée, avec pour objectif de réduire durablement le chômage et d’améliorer l’inclusion économique au Gabon.













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