Climat politique : des partis demandent à Oligui Nguema de convoquer une concertation
Face aux tensions autour de la réforme de la loi sur les partis politiques, cinq formations légalement reconnues appellent le chef de l’État à reprendre la main et à ouvrir une concertation politique inclusive.

Des membres du Bloc lors de leur déclaration. © GabonReview
Le climat politique semble se tendre au Gabon. Réunis au sein du Bloc des partis politiques légalement reconnus, l’Union démocratique et républicaine (UDERE), le Mouvement politique orange (MPO), l’Union pour la République (UPR), l’Union des forces nouvelles (UFN) et le Parti républicain et démocratique (PRD) demandent directement au président Brice Clotaire Oligui Nguema de convoquer une concertation politique. Une requête formulée alors que la contestation autour de la réforme envisagée du cadre légal des partis prend de l’ampleur. Le 18 septembre, le Conseil des ministres a entériné la modification du texte du 27 juin 2025 régissant les partis politiques, alors que le Journal officiel confirme que cette édition avait été retirée en raison d’erreurs matérielles et remplacée par celle du 30 juin.
Pour le Bloc, l’enjeu dépasse la seule querelle juridique. Il touche au pluralisme politique et aux conditions d’exercice des partis dans la « Ve République ». Les cinq formations estiment que le projet de modification adopté en Conseil des ministres le 18 septembre, notamment la perspective d’une nouvelle mise en conformité, intervient alors que la précédente procédure n’est pas encore définitivement soldée. Le principal grief porte sur la référence, dans le projet, à la loi n° 016/2025 du 27 juin, alors que cette publication a été retirée et remplacée par la version du 30 juin. Le PRD avait déjà soulevé ce point devant la Cour constitutionnelle et devrait être entendu par la haute juridiction ce jeudi 8 octobre.
Préserver le pluralisme
Mais au-delà de cette bataille de textes, le Bloc dénonce surtout ce qu’il considère comme une remise en cause du pluralisme. « Il ne saurait y avoir de pensée unique dans une démocratie », martèlent les formations, qui rejettent catégoriquement une nouvelle mise en conformité. Le Bloc conteste également l’interprétation selon laquelle les partis légalement reconnus devraient à nouveau justifier d’un seuil de 10 000 adhérents pour conserver leur statut. Une lecture que les cinq formations jugent contraire aux conclusions du Dialogue national inclusif et à la sécurité juridique. Dans ce contexte, elles en appellent « au plus haut niveau » à l’arbitrage du chef de l’État, présenté comme garant de la stabilité institutionnelle, pour « convoquer, dans les meilleurs délais, une concertation politique inclusive ».
Une demande qui intervient 36 ans après la Conférence nationale de 1990, moment fondateur du retour au multipartisme. Pour le Bloc, l’heure n’est donc pas à une nouvelle crispation entre pouvoir et formations politiques, mais à la recherche d’un cadre de dialogue susceptible de prévenir une escalade. Le message est désormais adressé au palais présidentiel : trancher le différend, renouer le dialogue et clarifier les règles du jeu politique avant que la controverse sur la réforme partisane ne se transforme en crise politique plus large.
















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