TATIE

Les mesures de confinement prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Covid-19 ont sérieusement impacté de nombreux secteurs dont les services. La situation est encore plus critique dans le secteur informel, dont «certains pans sont caractérisés par la précarité des emplois et la fragilité financière de leurs modèles d’affaires face à des chocs ponctuels».

Le secteur informel broie du noir depuis les mesures de confinement liées à la lutte contre le Covid-19. © Le Parisien

 

Prises pour contenir la propagation du Covid-19, les mesures de confinement ont sérieusement impacté le tissu économique. Dans son rapport de juillet 2020 sur l’impact du Covid-19 au Gabon, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) relève que «le confinement oblige beaucoup d’entreprises à ne pas tourner à pleine capacité ou aller vers la cessation d’activités».

Afin de prévenir la progression de la pandémie, un confinement partiel a été décrété le 22 mars avec notamment un couvre-feu entre 19h30 et 6h du matin. Ces mesures ont été renforcées avec la décision de confinement total du Grand Libreville pendant 15 jours, à compter du 12 avril. Après évaluation de la situation, le gouvernement a annoncé le 27 avril 2020 le retour au confinement partiel et géographique du Grand Libreville avec de nouvelles modalités.

Selon l’organisation onusienne, le confinement a ainsi conduit à la sous-utilisation des capacités de production avec à la clé, la réduction de l’offre de travail et de la productivité du travail. En outre, la réduction de demande de travail pourrait émaner des travailleurs ayant contracté la Covid-19, des restrictions de déplacements et des mesures de quarantaine. «Cette contrainte déstabilise massivement l’activité de nombreux secteurs de services dont la fourniture nécessite des contacts humains, mais aussi de l’industrie. Les secteurs des transports, de l’hôtellerie-restauration, des services aux ménages (récréatifs, loisir, soins…) sont lourdement impactés», a souligné le Pnud.

Par ailleurs, la situation est encore plus alarmiste dans secteur informel, dont «certains pans sont caractérisés par la précarité des emplois et la fragilité financière de leurs modèles d’affaires face à des chocs ponctuels». En 2010, 32% des emplois étaient considérés comme précaires dont une large part exercée dans le secteur informel (57% en 2010 contre 44% en 1985) et une plus grande exposition des femmes (39,1% contre 27,7% pour les hommes). Une situation qui s’est détériorée depuis 2010 car l’emploi dans le secteur informel, en particulier les activités de services (transport, commerce, restauration, couture, réparation mécanique…), ne fait que croître depuis 1985.

«Or, ce secteur de refuge pour beaucoup de personne en situation de recherche d’emploi est le plus touché par les mesures de confinement total ou partiel. Il en serait de même des petits agriculteurs des zones rurales qui verront se rétrécir leurs débouchés dans les zones urbaines, en particulier à Libreville», a noté le Pnud dans son rapport. Les conséquences de cette situation sur l’emploi (chômage technique, perte d’emplois, baisse de productivité) pourraient engendrer des effets de second tour sur l’activité économique du fait du recul de la consommation des ménages qui verraient leurs revenus baisser.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire