Une opération menée le 23 septembre dernier par la Direction générale des Services spéciaux (DGSS) au marché Petit-Paris, à Libreville, a permis de mettre au jour un réseau présumé impliqué dans la commercialisation de mouchoirs contrefaits portant la marque Lotus, produite au Gabon par la Société gabonaise de transformation (SATOGA). Plusieurs boxes auraient été perquisitionnés et d’importants stocks saisis.

Les mouchoirs de la marque Lotus. © D.R.

 

L’affaire aurait débuté après plusieurs alertes enregistrées à l’intérieur du pays, notamment à Franceville, Port-Gentil et Moanda, où des produits présentés comme des mouchoirs Lotus auraient été retrouvés sur les étals. Face à ces signalements, SATOGA aurait saisi les autorités afin de faire la lumière sur l’origine de ces produits.

Les investigations auraient ensuite conduit les enquêteurs vers Libreville, identifiée comme un point important de distribution de ces marchandises. Une plainte aurait été déposée au début du mois de septembre, avant l’intervention de la DGSS le 23 septembre.

Selon les éléments communiqués dans le cadre de l’affaire, les produits saisis présenteraient plusieurs anomalies liées à leur traçabilité. Une expertise d’huissier aurait notamment relevé l’absence d’informations permettant d’identifier clairement leur fabricant et leur origine.

SATOGA face à un préjudice économique

Ces éléments soulèvent également des interrogations sur les conditions de fabrication et de contrôle de ces produits destinés à un usage quotidien. Les mouchoirs étant en contact direct avec le visage, l’absence de traçabilité constitue un enjeu particulier en matière de sécurité des consommateurs. Les éventuels risques sanitaires devront toutefois être établis par les analyses et expertises compétentes.

Au-delà de la question de la contrefaçon, cette affaire intervient dans un contexte de promotion de la production locale. La marque Lotus est fabriquée au Gabon par SATOGA, qui revendique notamment le maintien de 116 emplois dans le pays.

La commercialisation de produits contrefaits est ainsi susceptible de porter atteinte aux activités de l’entreprise, à ses investissements et aux recettes fiscales liées à la vente des produits authentiques.

Les suspects devant la justice

À l’issue de l’opération, plusieurs personnes auraient été interpellées et les marchandises saisies devraient faire l’objet des procédures prévues par la réglementation. Leur destruction pourrait intervenir à l’issue des différentes étapes administratives et judiciaires.

Cette opération relance, par ailleurs, la question du contrôle des circuits d’approvisionnement et de distribution dans les grands marchés de Libreville. La lutte contre la contrefaçon constitue un enjeu à la fois économique, commercial et sanitaire, notamment lorsque les produits concernés sont destinés à un usage domestique.

Thécia Nyomba

 
GR
 

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