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Déçus des retombées de la dernière Conférence des parties sur le climat (Cop), les négociateurs africains sur le climat se disent déterminés à mieux faire entendre la voix de l’Afrique. La rencontre de Libreville leur a permis d’affiner une stratégie appropriée pour mieux faire valoir leurs intérêts à la Cop 26.

Les experts sur le climat en conclave à la Pointe-Denis(e face de Libreville). © Conseil national climat

 

Photo de famille après les échanges. © Conseil national climat

Le groupe des négociateurs africains sur le climat s’est réuni au Gabon du 1er au 3 février pour préparer la 26e conférence des Parties (Cop) sur les changements climatiques qui se tiendra au Royaume-Uni, en Angleterre en novembre prochain. L’ambition des travaux de Libreville était d’asseoir une stratégie cohérente pour des retombées concrètes et suffisantes à la Cop 26, mieux qu’à la précédente Cop.

«Nous sommes partis de la Cop25 avec un sentiment de frustration où nous avions l’impression de ne pas être compris par nos partenaires et où nous avons dû bloquer au dernier moment, les dernières règles qui devaient permettre la mise en œuvre de l’Accord de Paris», a déclaré Tanguy Gahouma Bekale, président dudit groupe.

La rencontre, à en croire son propos, a permis de définir la position de l’Afrique lors de ce rendez-vous attendu. «On rentre désormais dans un monde régi par l’Accord de Paris et on a été très déçu de voir qu’on a perdu du temps encore une fois, alors que la société civile, les populations nous demandaient d’agir au plus vite» a ajouté Tanguy Gahouma Bekale. Selon lui, ces trois jours ont été mis à profit pour comprendre ce qui s’est passé lors de la Cop25, pourquoi des solutions n’ont pas été trouvées, et surtout réfléchir sur ce que les Africains pourraient faire pour obtenir un succès à la prochaine Cop.

«Nous exigeons désormais par exemple, que dans les comptes rendus qu’ils doivent faire tous les 2 ans, qu’il y ait clairement des informations sur combien ils ont mis, comment ils les ont mis, pour quels projets, etc.», a-t-il expliqué. Pour les négociateurs africains, dans l’Accord de Paris, le financement du climat doit être additionnel. «Il ne doit pas être, par exemple de l’aide au développement qui change», a-t-il indiqué. «Par exemple si un pays avait une relation de soutien avec un autre où il mettait 50 millions de dollars par an, pour construire des infrastructures, il ne faut pas que ces mêmes 50 millions de dollars soient désormais le soutien qu’ils font au changement climatique. L’aide au changement climatique doit être additionnelle», a-t-il poursuivi.

Hôte de la Cop26, le Royaume-Uni a été invité à prendre en compte les thématiques prioritaires de l’Afrique concernant particulièrement les marchés de crédits carbone, l’adaptation et le financement. Le groupe a également validé sa stratégie d’accompagnement des pays africains pour l’actualisation de leurs politiques climat déclinées dans leur Contribution déterminée au niveau national (NDC), avant la prochaine Cop. Le groupe des négociateurs africains sur le climat compte insister sur ses priorités durant la Cop26 d’autant plus que la Cop27 se tiendra en Afrique. Ce groupe est composé de l’ensemble des experts sur le climat issus du Soudan, la Gambie, l’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Éthiopie, le Kenya, l’Égypte, le Mali, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et de la Guinée ; épaulés par ceux de  l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, la Banque africaine de développement (Bas) et de l’Union africaine (UA).

 
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