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Alpha Condé a été placé en résidence surveillée le 05 septembre courant. Son entêtement à s’octroyer un troisième mandat lui a été fatal.

 Le renversement d’Alpha Condé est la traduction d’un principe simple : juridiques ou électoraux, les tripatouillages finissent toujours par légitimer les voies extraconstitutionnelles d’accession au pouvoir. © Montage Gabonreview (Image de droite – Cello Binani/AFP)

 

Alpha Condé sort par la petite porte. Déposé par les forces spéciales créées à sa propre initiative, il a été placé en résidence surveillée le 05 septembre courant. Ironie de l’histoire, l’ancien adversaire irréductible des dictatures, termine tel un… dictateur. L’ancien opposant historique, finit comme un… ennemi de la démocratie. Ayant connu l’exil puis la prison politique, le voilà condamné à méditer sur son sort. Jadis surnommé «le Nelson Mandela d’Afrique de l’ouest», il peut repasser le film de ces dernières années. Concrètement, il doit se demander comment est-il passé du meilleur au pire, comment a-t-il troqué son statut d’icône de la lutte du peuple guinéen contre celui de frein à son émancipation. Pour lui, c’est désormais l’heure de l’introspection, de la remise en cause et même des regrets.

De Charybde en Scylla

Peu importent les circonstances, l’ancien président guinéen est d’abord victime de lui-même : son entêtement à s’octroyer un troisième mandat lui a été fatal. La modification de la Constitution guinéenne était-elle une «nécessité» ? Plus personne n’oserait le prétendre. Fallait-il vraiment faire évoluer ce texte «vieux de neuf ans» ? Plus grand monde n’aurait l’outrecuidance de l’affirmer. Était-il urgent d’y «ajouter des éléments de modernité indispensables au renforcement des institutions» ? Nul ne se risquerait plus à le dire. L’histoire ayant rendu son verdict, une seule lecture vaut :  le fameux «premier mandat de la nouvelle République» était en réalité un troisième mandat, celui de trop. Toute autre interprétation relève désormais de la fumisterie, de la flagornerie la plus vile ou de pulsions suicidaires. En promettant de «réécrire une Constitution (…) (avec) toute la Guinée», le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya a clairement pointé l’origine du malaise. En s’engageant à initier «une concertation nationale pour ouvrir une transition inclusive et apaisée», il a essayé de donner des gages aux forces sociales.

Certes, l’armée n’a pas vocation à réguler le jeu politique. Encore moins à diriger un Etat. Certes, son rôle se résume à la protection du territoire national et à la défense les intérêts vitaux du pays. Certes, l’histoire fourmille d’exemples de militaires passés du statut de sauveur des peuples à celui de fossoyeur de la démocratie. Mais, au vu de la liesse populaire ayant salué ce coup de force, on est en droit de s’interroger. Après tout, ce troisième mandat fut obtenu aux forceps, après des manifestations et violences meurtrières. S’étant, au départ, posé en défenseur de la règle des deux mandats, le désormais ancien président guinéen fit volte-face, initiant un référendum constitutionnel. Naturellement, les autres forces sociales ne l’entendirent pas de cette oreille. Ainsi naquit le Front national de défense de la Constitution (FNDC). Pendant des mois, ce regroupement des principaux partis d’opposition et des mouvements de la société civile protesta. En pure perte. Proclamé vainqueur d’une parodie d’élection, Alpha Condé fut investi pour un bail supplémentaire. Depuis lors, la situation socio-politique est allée de Charybde en Scylla.

Réinventer la relation entre les peuples et leurs dirigeants

Pourtant, les Guinéens ne demandaient rien d’extraordinaire. Vivant dans une sous-région quelque peu acquise aux valeurs démocratiques, ils rêvaient d’alternance et de changement. Ayant soupé des hommes providentiels, ils croyaient pouvoir bâtir des institutions fortes. Echaudés par le burlesque épisode Moussa Dadis Camara, ils ambitionnaient de passer à une gouvernance moins hérétique. Désireux de tirer enfin bénéfice des immenses potentialités de leur pays, ils espéraient assister à la libération des énergies et intelligences. En leur entendement, des élections libres et transparentes étaient un futur possible. Des institutions impartiales et au service de l’intérêt général aussi. Pour mener à bien ces réformes, le peuple de Guinée pensait devoir confier les rênes du pays à une nouvelle génération. Las…

A l’évidence, Alpha Condé est victime du péché d’orgueil. Toutes choses étant égales par ailleurs, d’autres leaders africains gagneraient à méditer son exemple. Au-delà des aspects constitutionnels, ce dénouement est une invite à réinventer la relation entre les peuples et leurs dirigeants. C’est aussi une piqûre de rappel pour une gouvernance plus responsable, conduisant chacun à assumer les conséquences de ses actes. C’est enfin la traduction d’un principe simple : juridiques ou électoraux, les tripatouillages finissent toujours par légitimer les voies extraconstitutionnelles d’accession au pouvoir. De ce point de vue, l’ancien président guinéen doit s’en prendre à lui-même et à personne d’autre. Quant au peuple guinéen, il doit se tenir prêt à mener de nouveaux combats, autrement plus rudes et plus difficiles.

 
GR
 

16 Commentaires

  1. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. le texte de Roxanne BOUENGUIDI est clair jugez en « C’est enfin la traduction d’un principe simple : juridiques ou électoraux, les tripatouillages finissent toujours par légitimer les voies extraconstitutionnelles d’accession au pouvoir. En français de kinguélé ou les pk: plus tu voles plus tu finiras en prison. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Attention. Amen.

  2. SERGE MAKAYA dit :

    Nous pouvons MIEUX FAIRE, SANS EFFUSION DE SANG, SANS MÊME L’INTERVENTION DES MILITAIRES. IL SUFFIT QUE L’ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE DE TOUS BORDS (Y COMPRIS LES PDGISTES) SE METTENT D’ACCORD POUR DIRE AUX BONGO ET A LA FRANCAFRIQUE : CA SUFFIT !!! CA SE SERAIT UNE TRÈS BELLE VICTOIRE POUR LE GABON ET L’AFRIQUE. NOUS POUVONS Y ARRIVER. IL SUFFIT POUR CELA DE RENONCER AUX POTS-DE-VIN. NOUS EN SORTIRONS BIEN GRANDI…

  3. MONSIEUR A dit :

    Les évènements qui viennent de se dérouler en Guinée Conakry ne peuvent pas se passer au GABON. Monsieur Serge MAKAYA (ancien du B2) a bien raison de prôner la paix des braves entre tous les Gabonais: PDG, Majorité Républicaine, Oppositions radicale et modérée, Sociétés civiles, etc…

    Notre pays n’a pas besoin de faire, encore une fois de TROP, couler le sang de ses enfants pour se relever, et rentrer enfin dans l’air du Modernisme comme la CHINE. Nous avons les moyens HUMAINS pour relever ce défi.

  4. UDFR dit :

    Donc, vous faites la conclusion vous même….rien ne changera au Gabon…Ali est bien parti pour un 3eme mandat avec votre bénédiction…

    • Serge Makaya dit :

      Ali Bongo est mort. Il faut me croire. C’est tout.

      • UDFR dit :

        Si ce n’est plus Ali Bongo qui est au pouvoir…..pourquoi laissez vous un sosie diriger le pays….vous êtes pris dans vos propre contradictions..

        • SERGE MAKAYA dit :

          Ce n’est pas UN mais PLUSIEURS SOSIES qui sont payés par le contribuable pour faire CROIRE qu’il est vivant. Moi qui te transmets ce MESSAGE j’ai représenté UNE FOIS Omar Bongo de son vivant à un événement National, parce qu’il était très occupé. je n’en dirai pas plus… IL FAUT ME CROIRE, UN POINT C’EST TOUT. Tout ce que vous voyez, c’est du théâtre comme si bien le faire ces français HYPOCRITES.

          • SERGE MAKAYA dit :

            Je SAIS que beaucoup d’entre-vous REFUSENT TOUJOURS DE ME CROIRE que je suis un ancien du B2, pourtant je dis la vérité et rien que la vérité, CROYEZ-MOI.

            Je vais devoir arrêter UN MOMENT POSTS, car ce matin, vers 6h00, j’ai eu une cyberattaque. Ces VOYOUS (françafrique y compris) continuent de me chercher.

            UNE DERNIÈRE FOIS, JE VOUS LE RÉPÈTE : ALI BONGO EST BIEN MORT A RIYAD EN OCTOBRE 2018.

            VIVE LE GABON LIBRE. NOUS Y CROYONS TOUJOURS…

          • UDFR dit :

            Vous êtes un agent de la CIA ça se voit…

        • Fiacre dit :

          @UDFR, Ali Bongo n’aurait JAMAIS laissé partir son garde du corps, son frère Frédéric Bongo et sa sœur Pascaline. On ne le voit plus aussi avec sa mère adoptive Patience. Rien que ça devrait VRAIMENT te faire réfléchir…

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