Cour constitutionnelle : un nouveau collège de 9 sages pour sceller le retour à l’ordre constitutionnel
Libreville tourne officiellement la page de la transition. Ce samedi 27 décembre 2025, la Secrétaire générale de la Présidence, Murielle Minkoué Mezui Mintsa, a rendu publique la composition de la nouvelle Cour constitutionnelle. Conformément à la nouvelle Loi fondamentale, ce collège de neuf juges marque l’aboutissement du processus de restauration des institutions et définit les nouveaux équilibres du pouvoir judiciaire pour l’ère post-transition.

Le principal défi de ce collège sera de restaurer durablement la confiance des justiciables envers une institution longtemps critiquée sous l’ère Mborantsuo. © D.R.
L’annonce faite ce samedi matérialise l’application de l’article 123 de la Constitution. Contrairement à la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) où l’ensemble des membres émanait de la seule volonté du Président de la Transition, cette nouvelle mouture repose sur un partage des pouvoirs de nomination : le Chef de l’État (3 juges), le Sénat (2), l’Assemblée nationale (2) et le Conseil supérieur de la Magistrature (2). Cette architecture vise à garantir une plus grande pluralité au sein de la « Haute juridiction », organe régulateur du fonctionnement des institutions et des activités des pouvoirs publics.
Continuité et renouvellement : les visages du changement
L’analyse de la liste révèle une stratégie de dosage entre expertise confirmée et renouvellement des cadres. Sur les neuf juges nommés, trois figures de la transition conservent leur siège : Dieudonné Aba’a Owono (actuel président de la CCT), Euloge Moussavou Bouassa Dékérinzambi et Afrikita Dolorès Agondjo. Leur maintien suggère une volonté de stabiliser la jurisprudence après les réformes majeures de 2023-2025.
À l’inverse, six nouveaux visages font leur entrée, actant le départ de figures telles que Roger Patrice Nkoghe ou Christian Bignoumba Fernandez. Parmi les entrants, on note l’arrivée de : Joseph Owondault Berre, Aurélie Scholastique Essiwanguénda Rembonguino, Solange Marthe Nguiakié, Valentin Lossangoye, Sosthène Lékogho et Mold Mossala Mounguéngui.
Le principal défi de ce collège sera de restaurer durablement la confiance des justiciables envers une institution longtemps critiquée sous l’ère Mborantsuo. En pleine phase de normalisation démocratique, ces magistrats et juristes auront la lourde charge de veiller à la constitutionnalité des lois et à la transparence des futurs scrutins électoraux.
Désormais, tous les regards sont tournés vers le choix du prochain président de la Cour, qui devra incarner l’impartialité attendue par la classe politique et la société civile.
















1 Commentaire
Quels sages ? Aba à Owono est le frère d’Oligui. Il y a suspicion légitime de partialité des le début. La suspicion légitime est un principe élémentaire que tout apprenti juriste connaît. Quand on se dit magistrat ou sage, on doit s’en souvenir