Crise à l’Agasa : Hermann Immongault recadre une direction en pleine tourmente
Confronté à la crise qui secoue depuis plusieurs semaines l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a convoqué, ce lundi 13 juillet, le directeur général de l’institution, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, son adjoint Oscar Sadibi Mapangou ainsi que le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy. Agacé par les querelles internes et les accusations publiques qui minent l’agence, le coordinateur de l’action gouvernementale a exigé des solutions rapides pour restaurer un climat de travail apaisé au sein d’un organisme chargé d’une mission jugée stratégique.

Un moment de la rencontre, le 13 juillet 2026. © Com. VPG
Le gouvernement entend reprendre la main sur la crise qui ébranle l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa). Réunis autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le directeur général, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, son adjoint Oscar Sadibi Mapangou, et le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural ont été sommés de trouver une issue à une situation devenue, selon les autorités, incompatible avec les exigences de la Cinquième République.
Dès l’ouverture de la séance, Hermann Immongault a affiché son irritation face à l’ampleur des dissensions internes et à leur exposition sur la place publique. «Je vous ai réunis ce jour pour faire le point sur la situation de crise que connaît actuellement l’Agasa. Cela fait déjà plusieurs semaines, à travers les réseaux sociaux et les médias, que beaucoup d’interactions ne sont pas dignes d’une administration publique de cette nature», a-t-il déclaré.
Le vice-président du gouvernement n’a pas caché sa préoccupation devant les conséquences d’un climat délétère au sein d’une institution chargée de garantir la sécurité sanitaire des populations.
«L’Agasa est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations vivant sur le territoire national. Vous en êtes rendus au point où vous constituez une source d’insécurité pour le Gabonais», a-t-il lancé avec fermeté, dénonçant des comportements qui, selon lui, «ne sont pas à l’image de ce qu’est une Cinquième République».
Une direction fragilisée par les contestations internes
Cette mise au point intervient dans un contexte particulièrement tendu au sein de l’agence. Depuis plusieurs semaines, la gouvernance de Jean Delors Biyogue Bi Ntougou fait l’objet de critiques récurrentes de la part d’une partie du personnel. Des collaborateurs contestent notamment certaines orientations managériales et dénoncent ce qu’ils considèrent comme des dysfonctionnements dans la gestion de l’établissement.
Ces accusations, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont progressivement installé un climat de défiance entre la direction générale et certains agents, au point de susciter l’intervention directe de la hiérarchie gouvernementale.
Face à cette fronde, le directeur général avait entrepris de défendre son bilan et sa méthode. Ces derniers jours, il s’était d’abord exprimé à travers un communiqué officiel avant d’organiser une conférence de presse destinée à répondre aux griefs formulés contre son administration.
Une semaine pour proposer une sortie de crise
Au cours de la réunion, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a présenté au vice-président du gouvernement le chronogramme des échanges déjà engagés avec les responsables de l’agence afin d’identifier les voies d’un règlement durable.
Les deux responsables de l’Agasa ont, pour leur part, exposé leur lecture de la situation et les difficultés auxquelles l’institution est confrontée.
À l’issue des discussions, Hermann Immongault a fixé un délai d’une semaine au ministre de l’Agriculture pour soumettre des propositions concrètes susceptibles de mettre fin à la crise. Une exigence qui traduit la volonté du gouvernement de rétablir rapidement la sérénité au sein d’une structure considérée comme essentielle à la protection sanitaire et alimentaire des Gabonais.
«Nous parlons de santé alimentaire ; tout ce qui est contre-productif vous éloigne de cet objectif», a insisté le vice-président du gouvernement, rappelant ainsi que les querelles internes ne sauraient prendre le pas sur les missions régaliennes confiées à l’Agasa.
















2 Commentaires
L’AGASA est un panier à crabes. En outre « ces moutons qu’on empêche de brouter là où ils sont attachés » font feu de tout bois pour que l’institution ne fonctionne pas. Depuis que M. Delors Biyoghe est en poste , on perçoit mieux le bien fondé de cette agence. Ceux qui étaient là avant pour se remplir la panse ne l’entendent pas de cette oreille. Ils font tout pour empêcher le DG de travailler…
Entendre le DG et le DGA ensemble les placent sur un pied égalité, c’est deja une erreur qui nourrit la confusion et certainement la fronde. Il y en a un de trop dans cet attelage. Il faut donc choisir M. le Vice President du Gouvernement l’un des deux doit partir. Je suggere meme que le poste de DGA soit gele ou supprime.