Alors que la crise institutionnelle qui secoue l’Église évangélique du Gabon (EEG) s’enlise entre contestation du dernier Synode, suspension du Directoire et désaccord autour du processus de médiation, la Conférence épiscopale du Gabon choisit la voie de la prière. Dans une invitation datée du 23 septembre 2026 à Makokou, sa Commission épiscopale pour l’Œcuménisme et le Dialogue interreligieux demande aux paroisses catholiques d’inscrire une intention spéciale pour l’EEG à chaque messe dominicale du mois d’octobre.

Prêtres et pasteurs à la cathédrale Notre Dame de l’Assomption Sainte Marie lors de la célébration de la semaine de l’unité des chrétiens.  © D.R.

 

La Conférence épiscopale du Gabon (CEG) entend ainsi apporter un soutien spirituel aux fidèles de l’Église évangélique du Gabon (EEG), sans se mêler de ses affaires internes. Dans le document signé par Mgr Séverin Nziengui Mangandza, évêque du Vicariat apostolique de Makokou et président de la Commission épiscopale pour l’Œcuménisme et le Dialogue interreligieux, l’initiative est présentée comme «un simple geste d’amitié et de proximité». Elle vise, précise le prélat, à «confier au Seigneur ses pasteurs, ses responsables et tous ses fidèles» afin que Dieu les accompagne sur «les chemins du dialogue, de la réconciliation et de l’unité».

Cette démarche intervient dans un contexte particulièrement tendu au sein de l’EEG. Le Synode national tenu du 3 au 10 août 2026 a débouché sur la désignation du révérend Jean Daniel Allogo Essimengane comme pasteur président pour le mandat 2026-2030, mais le processus a été contesté. Le gouvernement a ensuite suspendu à titre conservatoire le Directoire issu de ce Synode, invoquant notamment des risques de troubles à l’ordre public. 

Le Conseil des ministres du 18 septembre a confirmé le maintien de cette suspension et approuvé la poursuite d’une médiation à travers une commission de bons offices destinée à favoriser une sortie de crise et la préparation d’un nouveau Synode. 

Une intention spéciale pour l’EEG à chaque messe dominicale

Mais le dialogue reste difficile. Le camp du révérend Jean Daniel Allogo Essimengane a notamment contesté le dispositif de médiation annoncé par le ministère de l’Intérieur, estimant que l’Église dispose de ses propres mécanismes pour régler ses différends internes. Cette position a contribué à maintenir le bras de fer entre les différentes parties, alors que le gouvernement a récemment appelé au respect de la mesure de suspension.

Face à cette situation, la CEG ne propose ni arbitrage ni prise de position sur les protagonistes. Elle formule plutôt une intention qui devra être reprise chaque dimanche du mois d’octobre dans les célébrations eucharistiques des différentes paroisses du Gabon : «Pour l’Église Évangélique du Gabon, en ces temps d’épreuve : que le Seigneur lui accorde sa paix, qu’Il ouvre des chemins de dialogue et de réconciliation, et qu’Il lui donne la grâce de l’unité. Prions le Seigneur». Une initiative qui place la fraternité chrétienne et la prière au cœur d’une crise dont l’issue institutionnelle demeure, à ce jour, incertaine. 

 
GR
 

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