Parti du Gabon pour étudier, il devait revenir enseigner. Vingt-cinq ans plus tard, Dieudonné Ella Oyono entre à l’Assemblée nationale du Québec. Entre-temps, il aura gravi une à une les marches de l’université, de l’administration, de la Ville de Montréal et du Parti québécois, encaissé une première défaite électorale, puis recommencé. De l’UOB au Parlement québécois, son parcours raconte moins un coup d’éclat qu’une conquête au long cours.

Économiste formé à l’UOB, Dieudonné Ella Oyono a été élu député au Québec le 5 octobre 2026. © Est Media Montréal

 

Le 5 octobre 2026, Dieudonné Ella Oyono a recueilli 12 983 voix, soit 39 % des suffrages exprimés. Son principal poursuivant, le conservateur Habib Diarra, en obtient 7 022. Avec près de 6 000 voix d’avance, le candidat du Parti québécois décroche son premier mandat à l’Assemblée nationale du Québec.

De Libreville à Montréal

Dieudonné Ella Oyono, alors président du Parti québécois, face aux médias. Plusieurs années avant son élection comme député, le Gabonais d’origine occupait déjà une place visible dans l’appareil politique québécois. © TVA Nouvelles

Avant la politique québécoise, il y a l’Université Omar-Bongo. Dieudonné Ella Oyono y étudie les sciences économiques et obtient notamment un diplôme d’études approfondies. En 2001, à 27 ans, il quitte le Gabon pour poursuivre des études doctorales en économie à l’Université du Québec à Montréal, l’UQAM.

Son arrivée au Canada est marquée par les attentats du 11 septembre 2001. Son premier vol vers Montréal doit rebrousser chemin vers Paris en raison de la fermeture de l’espace aérien nord-américain. Il n’atteindra finalement Montréal que quelques jours plus tard. Son projet est alors de décrocher son doctorat, puis de rentrer au Gabon pour enseigner. L’histoire prendra une autre direction.

À partir de 2005, il enseigne la microéconomie et la macroéconomie à l’UQAM. L’année suivante, il rejoint le ministère québécois de l’Agriculture comme économiste. Suivront plusieurs années au ministère de l’Économie, puis la Ville de Montréal à partir de 2016. Il y gravit progressivement les échelons, jusqu’à être nommé, en février 2025, directeur du Service du développement économique de Montréal.

La politique avant le mandat

Son entrée à l’Assemblée nationale n’est donc pas celle d’un novice. Engagé depuis plusieurs années au Parti québécois, formation souverainiste favorable à l’indépendance du Québec, Dieudonné Ella Oyono se présente une première fois aux élections provinciales de 2018 dans Saint-Henri–Sainte-Anne.

Il n’est pas élu, mais poursuit son ascension politique. De 2019 à 2021, il préside le Conseil exécutif national du Parti québécois, une fonction stratégique au sein de la formation. Huit ans après sa première tentative électorale, il entre finalement à l’Assemblée nationale.

Un parcours québécois, un fil gabonais

Dieudonné Ella Oyono ne cache pas ses origines. À quelques jours du scrutin, interrogé par le journal La Revue, il résumait lui-même son histoire : « Je suis originaire du Gabon. Ça fait 25 ans que je vis au Québec. »

Mais son élection raconte davantage qu’une réussite de la diaspora. Elle retrace le parcours d’un diplômé de l’UOB devenu économiste de l’administration québécoise, enseignant universitaire, dirigeant économique de Montréal, responsable politique puis parlementaire.

Vingt-cinq ans après son arrivée au Québec, l’étudiant gabonais de 2001 entre ainsi à l’Assemblée nationale du Québec.

 
GR
 

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