De Saint-Cyr à l’état-major : Guy-Pamphile Mouissi, le dernier salut d’un Général chevronné
Le général Guy-Pamphile Mouissi est décédé ce jeudi 24 septembre 2026. Il avait 60 ans. Avec sa disparition, les Forces armées gabonaises perdent un officier dont le parcours aura traversé plus de trois décennies de commandement, de formation militaire, d’opérations et de réflexion stratégique. De Saint-Cyr à l’École d’état-major de Libreville, qu’il dirigeait depuis novembre 2023, sa carrière raconte aussi celle d’un militaire progressivement devenu formateur de cadres.

De Saint-Cyr à l’École d’état-major de Libreville, Guy-Pamphile Mouissi (à gauche) aura consacré plus de trois décennies à l’armée, au commandement et à la formation. © D.R.
Né le 7 septembre 1966 à Libreville, Guy-Pamphile Mouissi effectue ses études primaires à l’école publique d’Akébé 1, puis ses études secondaires au Lycée national Léon Mba. Après son baccalauréat, obtenu en 1986, il passe trois années à l’Université Omar Bongo, à la Faculté de droit et des sciences économiques.
En 1989, un concours change définitivement la trajectoire du jeune étudiant : il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, en France. Il en sort diplômé en 1992, avant de rentrer au Gabon en août 1993.
Du commandement au terrain international

Guy-Pamphile Mouissi, un parcours marqué par le commandement, les missions internationales et l’enseignement militaire. © D.R.
Ses premières responsabilités s’exercent dans les transmissions, puis dans l’infanterie. Guy-Pamphile Mouissi commande notamment la Compagnie légère de transmissions avant de servir à Mouila et Makokou. Mais l’une des étapes marquantes de sa carrière intervient entre 2003 et 2005, lorsqu’il devient observateur militaire de l’Union africaine puis des Nations unies au Burundi. Il appartient alors au premier contingent d’observateurs militaires gabonais engagé dans cette mission.
Cette expérience internationale complète progressivement un profil qui ne se limite plus au commandement d’unités. Après un cours d’état-major à Koulikoro, au Mali, il occupe plusieurs fonctions au sommet de la hiérarchie militaire, notamment auprès du chef d’état-major général des Forces armées. Il passe également par l’École de guerre de Yaoundé, dont il sort diplômé en 2010.
Former ceux qui auront à commander

Guy-Pamphile Mouissi, le commandement jusqu’au bout. © D.R.
Chez Guy-Pamphile Mouissi, la carrière militaire prend progressivement une autre dimension : celle de la transmission du savoir.
De 2010 à 2013, il est professeur de groupe à l’École d’état-major de Libreville. Il dirige ensuite l’École nationale de formation des officiers de Mandilou entre 2015 et 2017, avant d’être nommé directeur général adjoint des écoles. Le militaire de terrain devient ainsi l’un des acteurs de la formation des nouvelles générations d’officiers gabonais.
Il connaît également une parenthèse dans l’administration civile, comme directeur de cabinet adjoint du Premier ministre entre 2018 et 2020, avant de revenir au cœur des Forces armées en qualité de directeur général des opérations à l’état-major général. De février 2022 à novembre 2023, il occupe la fonction de chef d’état-major adjoint de l’Armée de terre, chargé de l’organisation, des personnels et de la logistique.
Le 7 novembre 2023, il est placé à la tête de l’École d’état-major de Libreville. Le symbole est fort : Guy-Pamphile Mouissi est le premier professeur de cette institution à être ensuite promu à son commandement.
L’officier et le stratégiste

Officier, formateur et stratège, Guy-Pamphile Mouissi avait occupé plusieurs responsabilités majeures au sein de l’armée gabonaise. © D.R.
Cette vocation pour la formation reposait sur un parcours académique conséquent. Outre Saint-Cyr et l’École de guerre de Yaoundé, Guy-Pamphile Mouissi était titulaire d’une licence d’histoire militaire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un Master 2 en stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et des catastrophes obtenu à l’Université de Yaoundé II.
Il avait également été membre du jury du Master Sécurité et Défense de l’Université Omar Bongo, membre du comité technique spécialisé de la défense, de la sécurité et de la sûreté de la CEEAC, et chercheur associé au Centre de recherche d’études politiques et stratégiques de l’Université de Yaoundé II. Autant de fonctions qui dessinent, derrière l’homme en uniforme, un officier intéressé par la doctrine, les questions stratégiques et la formation.
Décoré notamment de l’Ordre national du Mérite gabonais, de la médaille de la Défense française, de la médaille de l’Union africaine et de celle des Nations unies, Guy-Pamphile Mouissi laisse derrière lui plus qu’une succession de postes et de grades. Son parcours aura relié le terrain, les opérations internationales, les états-majors et les salles de cours.
Sa dernière fonction semble, rétrospectivement, résumer cette carrière : après avoir appris à commander, commandé lui-même et servi dans plusieurs états-majors, il dirigeait l’école chargée de préparer d’autres officiers à exercer, à leur tour, les responsabilités du commandement.
Le général Guy-Pamphile Mouissi était marié et père de trois enfants.
















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