Le débat public connait un glissement préoccupant. Certains s’adonnent à une génétique de comptoir. Cette polémique en dit long sur la fragilité de la cohésion nationale.

En contestant la légitimité de Régis Onanga Ndiaye et de Pascal Houangni Ambouroué, ce n’est pas leur identité que l’on attaque, mais l’idée même du Gabon républicain. C’est la République que l’on abaisse. ©GabonReview

 

Pouvons-nous nous en accommoder ? Au moment où le pays s’apprête à tourner la page de la Transition, le débat public connait un glissement préoccupant.  Là où on s’attendait à des échanges sur les réformes, les perspectives d’avenir ou les états de service, certains prennent plaisir à entretenir une suspicion identitaire. Parfois à demi-mots, souvent avec désinvolture, toujours sur un ton inquisiteur, ils s’adonnent à une génétique de comptoir, maniant des thèses sociobiologiques sans en mesurer la dangerosité. Au lendemain de l’élection du président de l’Assemblée nationale, ils ont tôt fait de contester sa légitimité non pas sur la base de son engagement public, mais sur le fondement de la consonance de son patronyme. Devons-nous nous en accommoder ? La loyauté peut-elle être redéfinie au gré d’une anxiété diffuse, alimentée par des raccourcis intellectuels et raisonnements fallacieux ?

Banalisation du soupçon identitaire

Perfides et réductrices, les attaques contre Régis Onanga Ndiaye sont révélatrices de cette dérive. Politiste de formation, diplomate de carrière, le président de l’Assemblée nationale a servi le Gabon aux Nations-unies, défendu les intérêts de l’Etat comme ambassadeur puis en qualité de ministre des Affaires étrangères, incarnant l’image d’un pays ouvert. Jamais son nom n’avait suscité la moindre réserve, encore moins de polémique. Notoirement connue et assumée, son ascendance n’a jamais entravé son action ni biaisé son regard. Pourquoi son patronyme suffirait-il aujourd’hui pour le disqualifier ? Pourquoi suffirait-il à justifier la remise en cause de sa pleine et entière citoyenneté ? Loin d’être anecdotique, cette polémique en dit long sur la fragilité de la cohésion nationale. Le cas de Pascal Houangni Ambouroué n’est pas moins révélateur de cette dérive. Fils d’une ancienne mairesse de Port-Gentil, il a été plusieurs fois ministre. S’il a parfois été raillé pour son zèle partisan ou certaines de ses initiatives, jamais ses origines n’avaient fait l’objet de débat.

Comment sommes-nous arrivés à ce renversement soudain ? Pourquoi cette inquiétante dégradation du discours public ? Beaucoup pointent le Dialogue national inclusif (DNI) d’avril 2024. Censé jeter les bases d’un Gabon nouveau, ce raout enregistra son lot de dérapages. Avec une rare légèreté, certains participants ne s’étaient guère gênés pour parler de «préférence nationale», de «Gabonais de souche», de «Grand remplacement»… Or, ces notions sont historiquement chargées et idéologiquement connotées : forgées par les mouvements de l’extrême droite européenne, elles traduisent toujours un projet divisionniste, xénophobe et raciste. Leur intrusion dans notre lexique politique marque un tournant. Non pas en raison de la réalité sociologique, mais du fait d’une évidente banalisation du soupçon identitaire : chacun s’autorise désormais à trier, hiérarchiser, exclure, en se fondant sur des critères inconnus de la République.

Un poison pour la nation gabonaise

Cette dérive ne doit pas être relativisée. Elle doit être nommée : c’est un poison pour la nation gabonaise. N’en déplaise chantres de la pureté ethnique, le Gabon d’aujourd’hui n’est pas une construction homogène. Jamais notre pays n’a vécu reclus ou refermé sur lui-même. À travers l’histoire, il s’est affirmé par l’ouverture et la prise en compte progressive d’histoires individuelles venues enrichir un récit collectif. Malheureusement, ce modèle est aujourd’hui remis en cause par des apprentis-sorciers, tenants d’une lecture à courte vue. Quand la légitimité d’un responsable politique se mesure à son nom et pas à son parcours, quand on exige aux citoyens des preuves d’un enracinement supposé et pas d’une adhésion aux valeurs communes, on s’en prend à la République et à ses valeurs d’union, de travail et de justice. Or, notre pays n’a nullement besoin de ce ferment supplémentaire de division. Bien au contraire. L’ampleur du chantier de reconstruction requiert de la lucidité, de la cohésion et une capacité collective à ne pas flatter les bas instincts.

Comment mettre fin à cette dérive ? L’État doit camper fermement sur la ligne républicaine. Il lui appartient de rappeler certains principes : la nationalité gabonaise est un statut juridique, non un héritage génétique ; la Constitution ne reconnaît pas de citoyenneté différenciée ; nul ne peut être écarté de la vie publique pour son origine, réelle ou fantasmée. Quant à la société, elle doit refuser d’être le relais complaisant des inquiétudes les plus troubles. Pour protéger le pays des fantômes du passé, les Gabonais doivent se reconnaître dans un projet commun, au lieu de se complaire dans la recherche de différences. À l’heure de la «restauration des institutions», cette exigence doit devenir centrale. D’elle, et d’elle seule, dépend notre capacité à honorer la promesse républicaine.

 
GR
 

17 Commentaires

  1. Yann Lévy Boussougou-Bouassa dit :

    Ce texte est une véritable éclaircie par ces temps nuageux. L’extrême droite européenne semble effectivement faire des émules sous l’équateur. Pourtant, les exemples de tragédies liées à ce genre de vision ne manquent pas dans l’histoire de notre continent. Certains compatriotes devraient vraiment moins regarder cnews et davantage ouvrir des livres d’histoire. Le pays n’a pas besoin d’une génération de nazillons équatoriaux, ni de courtisans.

    • DesireNGUEMANZONG dit :

      Faites attention au biais cognitif. Dans ce cas précis, vous êtes sous le travers d’un biais de généralisation.

      Soit deux variables X et Y. X implique Y signifie que X influence Y. On définit alors un lien de causalité entre X (la cause) et Y (l’effet). D’où ma première question : le fait de
      regarder Cnews influence t-il le choix de la droite extrême pendant les élections en France?

      On peut également se poser une autre question: Y a-t-il une corrélation linéaire entre X et Y? L’audimat réalisé par Cnews
      croit t-il en même temps avec les votes en faveur du parti d’extrême droite?

      Je regarde Cnews. Pourtant je ne vote le RN. Il faut comprendre
      qui est Bolloré (le propriétaire de Cnews). C’est un breton catholique, identitaire et souverainiste. Il a beaucoup investi en Afrique notamment en Côte d’Ivoire. C’est avant tout un
      financier. Cnews est à l’image de son propriétaire. A Cnews, il
      n’est pas inutile d’écouter Michel Onfray, Philippe de Villiers
      (lire son ouvrage Mémoricides) ou Julien Dray (pourtant de gauche et très pointu sur les questions sécuritaires).

      Cnews défend les valeurs de la République française sans attiser la haine raciale: Justice, sécurité, souveraineté, laïcité, etc. Et pas l’idéologie nazi. Ce type de propos que vous tenez est « border line ». Vous faites dans le discours « best buy ».

      « Le pays n’a pas besoin d’une génération de nazillons, ni de courtisans ». Cette proposition est un raccourci historique et
      par ailleurs jette l’opprobe sur un peuple souverain. Tous les
      discours de droite (dans le monde occidental) ne se nourrissent pas de l’idéologie nazi. La droite est anti-immigrationniste et
      souverainiste. Georga Meloni a acceuilli des migrants pourtant de droite. Les pays de l’AES sont souverainistes. D. Trump est-
      il un nazi parce qu’il défend une politique anti-immigration et
      les Chrétiens du monde entier? Vous-même vous êtes chrétiens!?

      « Gabon, D’Abord » n’est pas un concept d’extrême droite. Donner la priorité aux gabonais.es est une politique juste et de
      justuce sociale qui va de l’avant. D’ailleurs S.E. Omar Bongo Ondimba disait: « Ni à gauche, ni à droite. Mais toujours de l’avant ».

      Mais retenons quand même cette triste vérité historique : »la diversité, c’est la démocratie, La démocratie, c’est la
      polyphonie »(dixit, YLBB).

      Winston Churchill disait que « l’écriture est une aventure. Au début c’est un jeu, puis une amante, ensuite un maître et ça devient un tyran ».

      Et…

      « La grande leçon de la vie, c’est que parfois ce sont les fous qui ont raison ».

      Cordialement.

      • Yann Levy Boussougou-Bouassa dit :

        Eclairons votre lanterne, camarade en répondant aux principaux éléments :
        « On peut également se poser une autre question: Y a-t-il une corrélation linéaire entre X et Y? L’audimat réalisé par Cnews croit t-il en même temps avec les votes en faveur du parti d’extrême droite? » ;« Cnews défend les valeurs de la République française sans attiser la haine raciale: Justice, sécurité, souveraineté, laïcité, »

        Cnews est une chaîne d’extrême droite islamophobe, xénophobe et une tribune privilégiée pour des personnalités plusieurs fois condamnées pour appel à la haine raciale (par exemple Éric Zemmour, Jean Claude Dassier…). La chaîne elle-même a déjà été sanctionnée par l’Arcom en 2024 pour une énième attaque à l’égard de ses cibles préférées : immigrés et musulmans. Cette sanction avait été confirmée par le conseil d’Etat la même année. Il est donc clair que cette chaîne ne défend pas les valeurs de la République française résumé dans son triptyque (liberté-égalité-fraternité). Lever donc le pied dans la prise vos substances magiques.

        CNews a un impact sur la droitisation de la société, laquelle s’accélère avec la conjoncture économique difficile. Le modus operandi est le même : on martèle une actualité sur l’insécurité, laquelle est mise en rapport avec l’immigration et l’islam (c’est ce qu’on appelle en com politique un cadrage médiatique) avec l’ambition que cela modifie les critères sur lesquels l’efficacité de l’action du gouvernement sera jaugée par les citoyens (on appelle cela en com politique un effet d’amorçage). Pour cnews, immigration, islam et insécurité sont les principales préoccupations des citoyens et le répéte ad nauséam. À la longue, ces derniers finissent par en être convaincus et se tourner vers les formations politiques qui ont axé toute leur offre politique sur ces thèmes (donc les formations d’extrême droite), au point même que la droite dite Républicaine s’y est mise. Pour la petite histoire, en 2012 François Bayrou et son Modem, parti centriste et allié traditionnel de l’ex UMP, a refusé de soutenir Sarkozy face à Hollande, parce que, selon lui, son discours était trop sectaire et alimentait l’offre politique du FN ,alors en ascension, et jugée dangereuse pour le pays.

        L’impact des médias sur les comportements électoraux est un phénomène que les sociologues étudient depuis le siècle dernier. Des chercheurs comme Laswell (propaganda technique in world war 2) et Tchakotine (le v*ol des foules par la propagande), pour ne citer qu’eux, s’y sont intéressés. Le constat est le même : conditionnement des masses par les médias. L’effet n’est peut-être pas le même chez tout le monde (le sociologue Paul Lazarsfeld, par exemple, relativise cela), mais je reste convaincu que ce phénomène est réel et observable même aujourd’hui. Il y a d’ailleurs un documentaire très intéressant disponible sur internet qui montre comment de riches hommes d’affaires aux idées d’extrême droite rachètent des médias en France dans l’espoir d’influencer le jeu politique. De plus, les corrélations entre agendas médiatique, politique et opinion publique sont des phénomènes largement documentés et étudiés par les sociologues.

        « Le pays n’a pas besoin d’une génération de nazillons, ni de courtisans ». Cette proposition est un raccourci historique et par ailleurs jette l’opprobre sur un peuple souverain. Tous les discours de droite (dans le monde occidental) ne se nourrissent pas de l’idéologie nazi. La droite est anti-immigrationniste et souverainiste. Georga Meloni a acceuilli des migrants pourtant de droite. Les pays de l’AES sont souverainistes. D. Trump est-il un nazi parce qu’il défend une politique anti-immigration et
        les Chrétiens du monde entier? Vous-même vous êtes chrétiens!? »

        La droite est anti-immigrationniste et souverainiste ? Cela dépend : la droite de François Asselineau est souverainiste ; celle de Marine Le Pen, si elle est clairement contre l’immigration, on ne sait pas trop si elle est souverainiste, vu que son ambition de sortir de l’Union européenne n’est plus tellement évoquée par le parti (la seule personnalité influente du parti défendant cette sortie, à savoir Florian Philippot, ne s’y trouve plus). D’aucuns se demandent d’ailleurs si ce mutisme à l’égard de la sortie de l’Union européenne n’est pas un simple calcul, vu que les français semblent attachés aux avantages que leur offre la construction européenne (libre circulation) et qu’insister dessus leur ferait perdre des voix, comme en 2017. Reconquête, en ce qui le concerne, est un parti anti-immigration, nationaliste et xénophobe.
        Pour évoquer le cas de l’AES, là on est dans souverainisme, et non du nationalisme xénophobe. Les aesiens, outre leur combat pour la préservation de l’unité territoriale et la lutte contre le terrorisme, disent chercher à défendre leur souveraineté face à ce qu’il qualifie d’ingérences extérieures. C’est donc du souverainisme pur. Quant à Giorgia Meloni, elle appartient à une formation politique post-fasciste (Fratelli d’italia) et a été porté au pinacle sur la base d’un discours xénophobe et contre l’immigration qu’elle voulait annihiler. Cependant, il y a une différence entre les propos d’estrade et la réalité du pouvoir. Car, une fois aux affaires, elle a fait venir beaucoup de migrants. Normal : son pays connaît un solde naturel négatif depuis 2024, sa population est vieillissante et la demande de travail ne rencontre pas une offre suffisante. Après l’alunissage, l’atterrissage.

        S’agissant de vous, Désiré, vous faites une confusion entre le souverainisme et le nationalisme xénophobe. Les positions défendues par des gabonais telles que vous et votre coreligionnaires Ada (cette dame a quand même déclaré que les parents de binationaux élevaient leurs enfants dans la haine du Gabon et qu’il fallait, grosso modo, ne pas leur confier de responsabilité dans le pays) ne relèvent pas du souverainisme, mais du nationalisme xénophobe hiérarchisant les gabonais en fonction de leurs origines. C’est le type de discours de droite qui se rapproche le plus de l’idéologie nazie. Et de toutes les formations politiques évoquées, celle qui se rapproche le plus des idées que vous défendez est Reconquête, chouchou de votre chaîne préférée (cnews).

        Enfin, s’agissant de mes propos sur la démocratie, je les réitère (vous pourrez même les graver sur mon sarcophage, après le passage de la faucheuse, si vous êtes encore là). La démocratie est l’expression du pluralisme des idées que les constitutions du Gabon et la France garantissent. Cependant, comme j’ai déjà pu vous le dire, nos sociétés sont des sociétés de liberté, et non pas libertaires. En conséquence, du fait de leur dangerosité, toutes les idées n’ont pas leur place dans l’arc républicain. C’est pourquoi la loi pénale en sanctionne les abus. Et vos chaîne et personnalités préférées en ont, à plusieurs reprises, déjà fait les frais (Cnews, Eric Zemmour, Jean Claude Dassier…).
        Il y a beaucoup à dire sur les nombreuses inepties (mêlées à quelques vérités, cependant) que vous avez débitées, mais je me suis déjà trop étendu… dans ce lieu.

        Cordialement

  2. messowomekewo dit :

    Il faudra peut-être interroger la Constitution plébiscitée lors du dernier référendum au sujet de la compatibilité de certaines fonctions étatiques avec les origines de l’impétrant. Il me semble que cette constitution écarte de certains postes de responsabilité une catégorie de compatriotes, notamment ceux ayant acquis la nationalité gabonaise soit par naturalisation, ou par le fait d’un seul parent.Il me semble même que pour être candidat à la magistrature suprême, il faut être gabonais de père et mère, c’est la raison du rejet de la candidature de M. JR Yama à la dernière présidentielle(?).Si le dernier dialogue national inclusif a cru nécessaire de mettre certains verrous pour accéder à certaines responsabilités dans notre pays, c’est du fait des dérives occasionnées par des compatriotes ayant bénéficié de largesses voire complaisance pour l’obtention de la nationalité gabonaise. Notre passé récent est suffisamment évocateur au sujet des origines de ceux qui ont « foutu la merde dans le pays », nous en avons tous souffert. S’il existe des compatriotes frappés à tord ou injustement soupçonnés d' »indignité », ils peuvent apporter la preuve du contraire .La loi doit être la même pour tous, pas d’application à géométrie variable ,au risque de retomber dans les travers du passé.

  3. ACTU dit :

    Regis Onanga est un digne fils Gabonais.
    On se souviendra que lorsqu’Il était étudiant à Paris il a toujours défendu la dignité et l’honneur de ses compatriotes et collègues étudiants.
    C’est un Gabonais courageux qui aime son pays et n’a rien avoir avec l’identité Sénégalaise qu’on veut lui coller

  4. natty dread dit :

    et de plus, Régis a toujours été un élève brillant pendant nos années lycéennes à Libreville…je pense, pour ma part, que l’Etat lui même est co-responsable de cet état de fait; on se rappellera à cet égard des débats récents sur la gabonité comme condition essentielle pour accéder à certains métiers (taximan, échoppes et autres étals au marché etc..)cultivant la rancœur, de l’envie, voire de la jalousie envers les bi-nationaux qui ‘percent’; mais ça, c’est un autre débat…

    • Maganga Octave dit :

      N’arrive dread. C’est quoi un bi-national ? Avoir une ascendance étrangère ce n’est pas être bi-national… Bertrand Zibi est bi-national (il est américain). A t il une ascendance étrangère ? Je sais que c’est ton parent mais quand meme

  5. DesireNGUEMANZONG dit :

    Monsieur Yann Levy Boussougou-Bouassa,

    Vous oubliez de dire qu’en France, il existe une haute autorité publique de la Communication: l’Arcom. Au Gabon, c’est la HAC.

    Relisez les rapports récents de l’Arcom sur Cnews qui contredisent officiellement les chiffres de RSF (Reporters sans frontières) qui surestiment la surprésentation de l’extrême droit sur Cnews.

    Vous n’êtes pas l’Arcom. Ce qui sous-entend que vos analyses sont le produit dde votre imagination.

    Parfois, je me dis, comme Valéry Giscard d’Estaing  » qu’il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison ».

    « La diversité, c’est la démocratie. La démocratie, c’est la polyphonie » en guise d’épitaphe n’est pas en soi une mauvaise idée. Mais demandez à vos amis.es de l’inscrire sur votre sarcophage de Pharaon du mensogne et de l’enfumage.

    Cordialement.

  6. Yann Lévy Boussougou-Bouassa dit :

    Desiré,

    Pour évoquer vos déclarations sur le rapport de RSF, de deux choses l’une : soit votre dyslexie tutoie les sommets, soit vous êtes un menteur patenté. Mais vous êtes peut-être aussi atteint des deux pathologies. Car si le rapport de RSF dit que le temps de parole sur l’ensemble du paysage audiovisuel est globalement bien réparti, RSF émet des réserves s’agissant de cnews. En effet, pour ne pas se faire sanctionner par l’ARCOM et continuer la promotion de l’extrême droite au détriment des autres forces politiques, cnews offre les plages horaires de grande écoute à l’extrême droite et les plages horaires où tout le monde dort à la gauche et autres adversaires de l’extrême droite. Cnews s’assure ainsi que tout le monde écoutera les idéologues d’extrême droite et que personne n’écoutera leurs contradicteurs sans se faire sanctionner par l’ARCOM. Voilà une manœuvre conforme à l’esprit de cette chaîne. Appartenant à la même engeance que celle-ci, il n’est guère étonnant que vous vous réclamiez des mêmes procédés (manipulation).

    Vous savez, ce n’est pas parce que vous avez décidé de vivre la vie de troglodyte que dehors le soleil ne brille pas. Et la seule mauvaise foi ne suffira pas à dissimuler cette vérité on ne peut plus têtue : cnews appartient bien à l’extrême droite identitaire et est la tribune privilégiée des idéologues de ce courant.

    Je connais très bien l’engeance à laquelle vous appartenez. Le courtisan adepte d’un nazisme équatorial révélé au grand jour.
    De ce que j’observe, vous êtes aussi un adepte de tout ce qui touche à la civilisation pharaonique. Eh bien sachez que vous incarnez (avec votre esprit de courtisan et xénophobie) la pire de plaies dont pourrait être frappé notre pays.

    Du reste, avec votre permission, après le passage de la faucheuse (elle devrait d’abord passer chez vous avant chez moi, si les lois de la nature sont respectées), j’aimerais écrire sur votre bière ces mots de Camus : « la bêtise insiste toujours », afin qu’on se remémore aux bons souvenirs de votre personne. Puis, je vous remettrais un ouvrage d’un autre Camus (le facho, le raciste… ), afin de peupler, en restant fidèle avec vos inclinations, donc votre bêtise, la solitude qui habite la dernière demeure de l’Homme »

    • DesireNGUEMANZONG dit :

      Vous employez souvent le mot « troglogyte ». Connaisez-vous le mythe des Troglodytes?

      La fable des Troglodytes est contée dans le Lettres Persanes XI à XIV de Montesquieu (1689 à 1755). Les bons Troglodytes ont trouvé le bonheur parce qu’ils sont vertueux et altruistes au contraire des égoïstes. Ils ont compris que l’intérêt commun passe avant l’intérêt individuel. Dans ce cas, je suis un Troglodyte et j’adhère au concept de GABON D’ABORD.

      Pourtant je suis bi-national. L’idée qu’on donne la priorité aux gabonais.es (indigènes) ne me choque pas. La (re)conquête de la souvaraineté n’a rien de raciste ou de xénophobe. Le contrôle de l’immigration n’est pas une politique nazi. Vous prenez la mesure des politiques racistes dans les pays arabes envers les noir.es? Dans ce cas, le Japon est aussi un pays raciste, anti-immigrationniste et non assimilatrice.

      Enfin, je pense que nous devrions tous les deux prendre rendez-vous chez un psychiatre pour nos troubles communs.

      Bon vent, moussaillon!

      • Yann Levy Boussougou-Bouassa dit :

        S’agissant de votre vie de troglodyte,ma référence à moi est plutôt une allégorie contée par un philosophe mettant en scène des individus vivant dans une caverne, laquelle est une métaphore de leur ignorance.

        Visiblement, vous aimez la vie d’animal cavernicole, mais sachez que même les hommes des cavernes ont dû en sortir pour accéder à la civilisation. Vous avez le droit d’aimer la régression intellectuelle et de vouloir y demeurer (la bêtise insiste toujours), mais je combattrai toujours ceux qui veulent entraîner l’humanité dans la caverne.

        cordialement

  7. Yann Levy Boussougou-Bouassa dit :

    Dès lors qu’on aborde du fond, on voit toute de suite la vacuité de la coquille. Voilà pourquoi vous préférez demeurer sur les berges. Cela dit, je vous comprends : les eaux de la Dola peuvent être effrayantes pour un marin d’eaux douces peu habile (de surcroît). Sinon, vous avez l’intention de faire le tour des pays et tout mélanger pour faire valider vos thèses nauséabondes ?

    Sur le fait que vous soyez un binational et que le discours de l’extrême droite française ne vous gêne pas, je vous réponds que le discours des partis issus de ce courant politique tranche radicalement avec le droit français qui ne hiérarchise pas ses citoyens, en même temps qu’il tranche avec la théorie française de la nation, laquelle est d’inspiration renanesque (avoir en commun un passé et être désireux de vivre ensemble).

    En réalité, il est facile pour vous d’adhérer à ces odes à la division, parce que vous avez acquis la nationalité française et que le Gabon, visiblement, demeure votre horizon. Aussi, si la situation se tend en France, le Gabon sera toujours là pour vous, n’est-ce pas ? Mais avez-vous songé à ceux sui sont nés dans ce pays (la France) qui ne connaissent que celui-ci et pour qui l‘exil ne peut être une option viable et envisageable ? Vous pensez vraiment que « l’aliyah » soit possible pour ces martiniquais, guadeloupéens (dont les ancêtres ont été arraché à l’Afrique et réduit à la servitude il y a des siècles) ou encore ces descendants de nord-africains (dont les ascendants ont servi dans l’armée française durant les grandes guerres et ont aidé à la reconstruction du pays) ? Et d’ailleurs pourquoi, devraient-ils quitter un pays qui est aussi le leur et dont les ancêtres ont contribué à écrie l’histoire ?

    Pour le reste, je ne crois pas que nous ayons des pathologies en commun. Pour une fois, je suis d’accord avec l’idée de hiérarchiser, et j’espère ne jamais être frappé de ces pathologies qui vous caractérisent ou atteindre le stade où vous êtes. Je vous laisse donc trouver un autre compagnon (par exemple Ada) pour vous accompagner sur le chemin de la guérison et de Damas. Vous en avez besoin tous les deux.

    Amicalement

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