Si certains ont exprimé des doutes sur la crédibilité de la justice gabonaise après la diffusion de la vidéo de la rencontre entre la famille Bongo, l’Agent judiciaire de l’État et certains magistrats à la Sablière, Me Tony Serge Minko Mi Ndong, ancien avocat d’Ali Bongo, soutient, quant à lui, que cette vidéo est plutôt «le reflet d’une démarche procédurale de conciliation exceptionnelle». Il assure que le procès qui s’ouvre le 10 novembre 2025 est «un acte de refondation de la justice gabonaise».

Me Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat au Barreau du Gabon. © D.R.

 

Le procès par contumace de Sylvia et de son fils Noureddin Bongo-Valentin, qui s’ouvre lundi prochain, cristallise les tensions entre justice, mémoire politique et quête de transparence. Dans une tribune publiée ce vendredi 7 novembre 2025 dans le quotidien l’Union, Me Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat au barreau du Gabon, défend avec force la légitimité de cette audience, qui met déjà la justice gabonaise face à son moment de vérité, entre refondation et controverses.

Alors que des polémiques s’enflamment au gré des vidéos publiées ces derniers mois sur les réseaux sociaux, dont la dernière montre l’ancien chef de l’État Ali Bongo Ondimba, son épouse et leur fils, recevant l’Agent judiciaire de l’État et ses avocats, la présidente de la Cour d’appel judiciaire de Libreville et le procureur général près cette même Cour, il soutient que cette vidéo «n’est pas la preuve d’une ingérence : c’est le reflet d’une démarche procédurale de conciliation exceptionnelle. Le protocole transactionnel évoqué n’était pas une humiliation pour la justice, mais un instrument d’apaisement, ayant permis l’octroi d’une liberté provisoire».

Aussi, dénonçant les tentatives de décrédibilisation médiatique qui entourent le procès, l’ancien avocat d’Ali Bongo rappelle que «la justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux [mais] dans le prétoire, avec la rigueur du droit et la force de la loi». Et de poursuivre : «Les vidéos, les polémiques, les narrations orientées n’ont aucune valeur probante : elles ne figurent pas au dossier».

«Nul n’est au-dessus de la loi»

L’intervention de Me Minko Mi Ndong intervient dans un contexte où plusieurs voix, dont celles d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue et de Me Gisèle Eyue Bekale, dénoncent une procédure jugée «viciée» et «menée au mépris du droit». Pourtant, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Minang, a récemment affirmé que le dossier est solide, constitué de 2 198 pages et impliquant 12 accusés.

Au-delà des individus, ce procès est présenté par l’avocat comme celui d’un système. «Ce procès est plus qu’un procès d’individus : c’est celui d’un régime, d’un système, d’une époque», écrit-il, affirmant que celui-ci incarne, selon lui, la volonté de rompre avec l’impunité et de restaurer la morale publique. «Le procès du 10 novembre 2025 n’est pas une vengeance, c’est un acte de refondation de la justice gabonaise. Il consacre le principe selon lequel nul n’est au-dessus de la loi, quels que soient son nom, son passé ou sa puissance», martèle-t-il.

Face à l’absence annoncée des principaux accusés, certains observateurs, à l’instar du Dr Emmanuel Thierry Koumba, appellent à une stratégie fondée sur le droit gabonais et la coopération internationale pour garantir la légitimité du jugement. Me Minko Mi Ndong, lui, conclut avec une vision résolument institutionnelle : «Parce qu’il se tiendra dans la transparence et le respect des règles [ce procès] symbolisera la maturité juridique et politique du Gabon nouveau».

Ce procès, inédit par son ampleur et sa portée, pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire judiciaire du pays. Reste à savoir si la promesse d’une justice impartiale et refondée saura résister aux vents contraires de la polémique et du doute. En attendant, l’avocat prévient : «Certainement que d’autres vidéos seront publiées d’ici au 10 novembre prochain. Certainement que d’autres campagnes médiatiques chercheront à fragiliser la crédibilité du procès. Mais cela n’entachera en rien la légitimité ni la portée historique de cette audience».

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Akoma Mba dit :

    De la poudre aux yeux. Les Bongo n’ont jamais été en prison et qu’on en parle plus. Nous avons marre de cette famille qui a fait du Gabon un pays riche rempli de misère et de sous développement

  2. Jean Jacques dit :

    Au Gabon le titre de docteur devient un luxe
    doctorat est le plus haut grade universitaire reconnu internationalement, attestant d’une formation et d’une expérience professionnelle approfondies dans la recherche scientifique. Il correspond généralement à un niveau d’études de bac + 8 (ou plus, selon la durée de la thèse).
    Voici ses principales caractéristiques :
    Formation par la recherche : Le doctorat est avant tout une formation « à la recherche et par la recherche ». Le doctorant, qui a le statut d’étudiant-salarié dans de nombreux cas, mène un projet de recherche original et inédit au sein d’une unité ou d’une équipe de recherche reconnue.
    Objectif : L’objectif principal est de produire de nouvelles connaissances scientifiques et d’apporter une contribution significative à un domaine d’expertise spécifique.
    Durée

  3. Jean Jacques dit :

    Les negres cancres pensent que avoir les doctorats que bcp des gabonais surtout en France c’est devenu un réseau de la FRAUDE LES PERSONNES AVEC CERTAINES ÉCOLES DOCTORALES,ET LES PROFS AFRICAINS. Comment comprendre une personne sans licence,sans parler et écrire en anglais, sans faire la présentation des TRAVAUX SCIENTIFIQUES la personne dit docteur.

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