Des milliards de francs CFA dépensés chaque année rien que pour imprimer des documents : c’est ce gouffre que le gouvernement veut combler à coups de décrets. Le Conseil des ministres a adopté, le 18 septembre à Port-Gentil, le projet de décret fixant les modalités de délivrance du certificat qualifié de signature électronique et autres services de confiance en République gabonaise.

Le texte, présenté par le ministère de l’Économie numérique, vient, notamment, structurer un pan de la transformation numérique du pays (Illustration IA). © GabonReview

 

Lors du Conseil des ministres délocalisé de Port-Gentil, le 18 septembre, présidé par le président Oligui Nguema, un projet de décret fixant les modalités de délivrance du certificat qualifié de signature électronique et des autres services de confiance en République gabonaise a été adopté. Ce texte vient poser le socle juridique et technique de la confiance dans les échanges dématérialisés. Il encadre également les conditions d’agrément et les obligations des prestataires appelés à fournir ces services, avec un objectif qui est de donner une valeur juridique aux transactions dématérialisées tout en garantissant leur sécurité, leur traçabilité et la protection des données.

Numériser, sécuriser, tracer et mieux partager les documents administratifs

Cette évolution intervient alors que l’administration gabonaise accélère sa sortie du «tout papier». Le 16 septembre, à Libreville, le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, conduit par Mark-Alexandre Doumba, a lancé la phase pilote de la Gestion électronique des documents (GED), expérimentée au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et à la Direction générale des examens et concours (DGEC).

Le dispositif doit permettre de numériser, sécuriser, tracer et mieux partager les documents administratifs, avant un déploiement progressif dans les 29 ministères. «Il faut accélérer la digitalisation du papier, la digitalisation de la documentation en République gabonaise», avait souligné le ministre, mettant également en lumière le coût du système actuel. «Nous dépensons des milliards de francs CFA chaque année juste dans l’impression du document», disait-il.

Une assise réglementaire aux usages appelés à accompagner cette dématérialisation

L’adoption de ce projet de décret donne ainsi une assise réglementaire aux usages appelés à accompagner cette dématérialisation. Une administration capable de produire et de faire circuler des documents numériques doit en effet pouvoir garantir l’identité du signataire, l’intégrité des pièces, leur authenticité et leur valeur probante. Le certificat qualifié de signature électronique s’inscrit précisément dans cette logique, en sécurisant les actes et échanges numériques, tandis que les autres services de confiance doivent compléter la chaîne de fiabilité.

L’ensemble s’intègre au programme Gabon Digital, qui porte la modernisation de l’administration, la dématérialisation des services publics et le renforcement des infrastructures technologiques nationales. Après la GED, le cadre de la confiance numérique constitue ainsi une nouvelle marche vers une administration plus interconnectée, moins dépendante du papier et davantage sécurisée.

 

 
GR
 

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