Détention de Bilie-By-Nze : EPG refuse l’effacement et réclame sa liberté
Un président incarcéré, un parti qui entend rester debout. À Mindoubé, le 17 octobre, Ensemble pour le Gabon a demandé la libération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et dénoncé la prolongation de sa détention. Derrière la présentation de son siège, la formation a posé une question politique : quelles garanties pour ceux qui contestent le pouvoir ?

Au siège d’EPG, à Mindoubé, l’appel à libérer Bilie-By-Nze s’affiche dès l’entrée : un président détenu, un parti qui refuse de s’effacer. © D.R.
Le rendez-vous avait pour cadre un cocktail de presse. Il a servi à affirmer une ligne : maintenir le parti en mouvement et porter publiquement l’exigence de liberté pour son président. Devant les journalistes réunis à Mindoubé, le vice-président d’Ensemble pour le Gabon (EPG) a écarté toute idée de retrait. «L’absence de notre président ne signifie pas l’absence de notre Parti.» Une formule qui résume l’enjeu de cette prise de parole : empêcher que l’incarcération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze n’entraîne l’effacement de sa formation politique.
La détention ne doit pas devenir une habitude

Le premier vice-président d’EPG, Théophile Makita Niembo, lors de sa déclaration à Mindoubé, le 17 octobre : «Nous ne réclamons aucun privilège en raison du statut politique d’Alain-Claude Bilie-By-Nze.» © D.R.
Au cœur de l’allocution, une demande sans détour : qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze retrouve sa liberté «dans les meilleurs délais». EPG juge «injuste» la prolongation de sa détention et réclame le respect de ses droits ainsi qu’une procédure équitable. «La détention ne doit jamais devenir une situation banalisée par le seul écoulement du temps», insiste son vice-président.
Le parti prend soin de distinguer cette exigence d’une demande de faveur. «Nous ne réclamons aucun privilège en raison de son statut politique.» La structure politique assure ne vouloir ni se substituer aux magistrats ni rejeter la justice. Son argument porte sur les garanties que celle-ci doit offrir : rigueur, impartialité et transparence.
L’État de droit interpellé sur ses actes
EPG présente son président comme le «premier opposant au pouvoir actuel» et entend dépasser la seule défense de son dirigeant. La formation interroge la place laissée aux voix critiques, la protection des libertés politiques et la confiance que peuvent inspirer les institutions.
Elle introduit néanmoins une distinction essentielle : «Nous ne prétendons pas qu’une procédure judiciaire visant un opposant soit, par définition, politique.» Ce sont les circonstances de la détention, sa durée et les garanties qui l’entourent qu’elle demande de soumettre à un examen transparent.
Le propos le plus incisif vise ainsi la manière dont le pouvoir accepte la contradiction : «La crédibilité d’un État de droit se mesure aussi à sa capacité à garantir les droits de ceux qui contestent le pouvoir et proposent une autre vision de l’avenir national.» EPG invite donc à juger les institutions à la protection effective des droits, y compris ceux de leurs adversaires politiques.
Un siège pour poursuivre le combat politique
À Mindoubé, la présentation des locaux répondait aussi à un impératif d’organisation. Le parti veut en faire un lieu de concertation et de préparation de ses actions. À ses militants, il demande mobilisation et discipline, tout en réaffirmant son attachement aux voies légales et au dialogue démocratique.
Aucun calendrier d’actions n’a été annoncé dans l’allocution. Mais la direction fixe un cap : continuer à exister politiquement, défendre ses positions et réclamer la liberté de son président. «Nous ne sommes donc pas réunis pour constater un recul, mais pour affirmer une continuité.» Pour EPG, la détention de son dirigeant ne doit pas dicter le silence du parti.
















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