La dette gabonaise a officiellement diminué depuis quelques jours. Selon Jeune Afrique, une partie des engagements recensés aurait été retirée du périmètre de la dette gabonaise parce que certains dossiers ne répondaient pas aux critères d’une «créance certaine». Cette indication éclaire en partie les 2 175 milliards de FCFA retranchés après l’audit.

Sous la supervision de Thierry Minko, l’audit ramène la dette et les passifs exigibles de près de 11 700 milliards à environ 9 525 milliards de FCFA. Mais le gouvernement ne détaille toujours pas les quelque 2 175 milliards retirés du calcul. © GabonReview

 

Que contiennent les 2 175,357 milliards de FCFA retirés de l’estimation initiale de la dette gabonaise ? Le gouvernement n’en a publié ni la composition, ni la liste des créanciers, ni les contrats concernés. Il a simplement annoncé que le stock de la dette et des passifs exigibles était passé de près de 11 700 milliards à 9 524,643 milliards de FCFA au 31 décembre 2025.

Une première explication apparaît dans une enquête publiée par Jeune Afrique. Citant Sidy Diop, associé au département Economic Advisory de Deloitte, le magazine affirme que certains engagements ne remplissaient pas les critères d’une «créance certaine». Les autorités auraient ainsi refusé d’intégrer au nouveau stock une partie des dettes contractées par des entités publiques sous l’ancien pouvoir.

Des engagements sortis, mais lesquels ?

Selon Jeune Afrique, l’audit aurait passé au crible les engagements pris par l’État entre 2016 et 2024. Il aurait découvert trois types de dossiers problématiques : de l’argent emprunté pour des projets qui n’ont jamais vu le jour, des financements annoncés mais jamais réellement versés au Gabon, et des dettes sans contrats suffisamment clairs ou sans pièces permettant de vérifier leur validité. Une partie de ces montants aurait donc été retirée des comptes de l’État. Reste à savoir précisément laquelle et pour combien.

Ces indications donnent donc une idée des vérifications effectuées, mais elles ne permettent toujours pas d’identifier les sommes écartées. Combien correspondent à des financements jamais versés ? Quelle part concerne des factures contestées, des doublons ou des engagements pris irrégulièrement par des organismes publics ? Quels créanciers sont touchés ?

Le communiqué gouvernemental du 13 septembre ne répond à aucune de ces questions. À Libreville, GabonReview a cherché à obtenir le rapport d’audit. Le document et ses annexes ne sont pas disponibles.

Retirées des comptes, mais pas forcément éteintes

L’exclusion d’une créance du stock officiel ne signifie pas nécessairement qu’elle a juridiquement disparu. Si un fournisseur, une banque ou une entreprise considère disposer d’un contrat valable, il peut continuer à réclamer son paiement ou engager une procédure.

Rien n’indique, pour l’instant, que les créanciers concernés ont accepté les conclusions de l’audit. On ignore également si les engagements retirés ont été définitivement annulés, contestés ou simplement reclassés hors de la dette reconnue par l’État.

L’issue de l’audit est d’autant plus remarquable que les inquiétudes initiales allaient dans l’autre sens. En juin 2026, Moody’s redoutait que l’exercice ne révèle des passifs cachés et n’alourdisse encore la dette gabonaise. Trois mois plus tard, le stock officiel a au contraire diminué de près d’un cinquième.

Cette réduction peut être parfaitement fondée. Mais sans le rapport détaillé, elle demeure impossible à vérifier. Libreville a révélé ce qui reste dans ses comptes. Il lui reste à publier ce qu’il en a retiré.

 
GR
 

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