Différend frontalier : le Gabon précise la portée de l’accord avec la Guinée équatoriale
Après les tensions ayant suivi l’accord signé le 27 juillet à Addis-Abeba relatif au différend frontalier Gabon-Guinée, Libreville réaffirme que le mécanisme conclu avec Malabo ne constitue ni une cession de territoire ni une révision des frontières. Il doit encadrer l’exécution concertée de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) sur Mbanié, Conga et Cocotiers.

Le president de la Cour constitutionnelle et la ministre posant avec l’accord. © D.R.
Le Gabon veut lever toute ambiguïté autour de l’accord d’engagement conjoint conclu avec la Guinée équatoriale pour l’application de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) sur les îles Mbanié, Conga et Cocotiers. Les autorités assurent que ce texte n’emporte ni cession de territoire ni modification des frontières existantes. Mardi (25 août) à Libreville, le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba’a Owono, également président de la Commission nationale chargée du différend frontalier Gabon-Guinée équatoriale, a remis l’accord à la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, en présence du secrétaire permanent de la Commission, Télesphore Ondo.
La ministre, qui occupe aussi les fonctions de vice-présidente de cette commission, reçoit ainsi le document signé le 27 juillet 2026 à Addis-Abeba. Cet accord avait été conclu en marge de la 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), dans le cadre de la mise en œuvre de la décision de la CIJ relative à la «Délimitation terrestre, maritime et souveraineté sur les îles Mbanié, Conga et Cocotiers ». Selon la Cour constitutionnelle, la rencontre a permis d’examiner la portée de cet engagement conjoint, conçu comme un mécanisme de concertation entre Libreville et Malabo.
Pas de cession de territoire
Cette clarification intervient dans un contexte de tensions. Quarante-huit heures après la signature de l’accord d’Addis-Abeba, le Gabon avait, suite à des interprétations erronées, démenti tout abandon de souveraineté à la Guinée équatoriale. Face aux interrogations suscitées par le texte, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny a tenu à préciser que « l’accord ne saurait être assimilé à une quelconque renonciation du Gabon à une partie de son territoire ni à une modification des frontières existantes ». Citée par l’Agence gabonaise de presse, elle affirme que « il vise plutôt à instaurer, entre Libreville et Malabo, les conditions d’une mise en œuvre progressive et concertée de la décision de la CIJ, dans le respect du droit international et sous l’égide de l’Union africaine».
Pour la cheffe de la diplomatie gabonaise, le document fixe une méthode de travail permettant aux deux pays d’échanger sur les modalités concrètes d’exécution de l’arrêt de la juridiction internationale. « L’accord d’engagement conjoint ne prévoit aucune cession de territoire et ne modifie en rien l’arrêt rendu par la Cour internationale de Justice », insiste Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny. À travers cette démarche, indique la Cour constitutionnelle, le Gabon réaffirme son attachement au dialogue, au respect du droit international, au bon voisinage et au règlement pacifique des différends, conformément aux principes portés par l’Union africaine.
















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