Après avoir introduit l’anglais au primaire, le ministère gabonais de l’Éducation nationale prépare l’arrivée progressive des langues nationales dans les salles de classe. Le projet, déjà confié à un comité technique, doit notamment contribuer à renforcer la cohésion sociale et à valoriser le patrimoine culturel du pays.

Après avoir ouvert l’école primaire à l’anglais, le Gabon prépare l’introduction progressive des langues nationales dans son système éducatif. © D.R.

 

Après l’expérimentation de l’anglais au primaire, le Gabon s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la transformation de son système éducatif : l’introduction progressive des langues nationales à l’école. «Après l’expérimentation de l’anglais au primaire, la formation progressive des enseignants et l’élaboration du curriculum, nous avons conçu le premier manuel gabonais d’anglais pour la première année du primaire. (…) Et maintenant, place à nos langues nationales !», a déclaré  la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, qui présente cette orientation comme le prolongement d’une ambition éducative conciliant identité culturelle et ouverture internationale.

L’enseignement de l’anglais, dont le premier manuel gabonais destiné à la première année du primaire vient d’être conçu, a été engagé après la formation progressive des enseignants et l’élaboration d’un curriculum adapté. Le document s’appuie sur des repères familiers aux élèves, en intégrant notamment des noms, des visages, des fruits, des lieux et des monuments du pays. Cette réforme, souligne la ministre, se réfère aux États généraux de l’Éducation de 2010, à l’adhésion du Gabon au Commonwealth en 2022 ainsi qu’au Cadre d’orientation curriculaire de 2024. Mais, pour la ministre, l’ouverture à l’anglais ne doit pas se faire au détriment des héritages linguistiques et culturels nationaux.

Finaliser le support d’apprentissage 

« L’Éducation et la Formation ont pour mission générale d’ancrer les apprenants dans leurs racines multiculturelles tout en les ouvrant aux savoirs et savoir-faire modernes », rappelle la ministre, évoquant une exigence, inscrite à l’article 555 de la loi d’orientation. Laquelle, guide l’action annoncée par le ministère. Le chantier des langues nationales n’est pas nouveau. Un Comité technique chargé du programme d’introduction des langues nationales au sein du système éducatif gabonais avait déjà été mis en place. À cette occasion, Camélia Ntoutoume Leclercq avait souligné que cette politique devait renforcer la cohésion sociale et valoriser le patrimoine culturel gabonais.

La volonté affichée aujourd’hui est donc d’accélérer le processus. L’initiative doit s’inscrire dans le respect de la Constitution et des articles 555 et 666 de la loi d’orientation, qui reconnaissent la nécessité de promouvoir les langues comme vecteurs de culture et de valeurs. Selon le ministère, le travail accompli dans le cadre du programme IFADEM-ELAN offre déjà une base de réflexion. Les autorités comptent donc s’appuyer sur les travaux réalisés dans le cadre de ce programme récompensé par l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation.

Avant une généralisation, le ministère prévoit de finaliser les supports d’apprentissage, d’évaluer la démarche sur le terrain et de garantir la qualité scientifique des contenus. Soit, finaliser les outils pédagogiques, former les acteurs concernés et expérimenter la démarche avant tout déploiement. Selon Camélia Ntoutoume Leclercq, « une réforme après l’autre, nous bâtissons une école gabonaise enracinée dans sa culture, ouverte sur le monde et tournée inexorablement vers l’avenir ».

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Yann Levy Boussougou-Bouassa dit :

    Voilà une initiative à saluer. Cependant, je me demande quelles langues seront choisies pour être enseignées au sein du pléthore de langues qui caractérisent notre pays.

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