Le ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, Phillippe Tonangoye, présent à N’Djamena, représente le Gabon au qui s’est ouvert ce mercredi 15 juillet dans la capitale tchadienne. Placée sous le thème «De la vision à l’action», cette rencontre continentale co-organisée par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale doit déboucher sur la signature de la Déclaration de N’Djamena et le lancement de Pactes nationaux sur l’eau. Un rendez-vous à fort enjeu pour un pays où l’accès à l’eau potable demeure un chantier inachevé.

Phillippe Tonangoye, ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, représente le Gabon au Forum africain de l’eau de N’Djamena, les 15 et 16 juillet 2026, où il prend part au panel ministériel «Water Forward en Afrique». © Montage GabonReview

 

C’est dans la capitale tchadienne que se joue, les 15 et 16 juillet, une partie de l’agenda hydrique du continent. Première étape continentale de Water Forward, l’initiative mondiale lancée en avril par la Banque mondiale pour sécuriser l’accès à l’eau d’un milliard de personnes d’ici 2030, le Forum africain de l’eau réunit chefs d’État, ministres des Finances, de l’Eau et de l’Agriculture, banques multilatérales de développement et opérateurs privés. La cérémonie d’ouverture, marquée par le discours du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, et l’allocution d’Anna Bjerde, directrice générale des Opérations du Groupe de la Banque mondiale, a donné le ton : passer des déclarations d’intention aux investissements.

Le Gabon y tient sa place. Selon le programme officiel du forum, dont GabonReview a obtenu copie, Phillip Tonangoye figure au premier segment du panel de haut niveau «Water Forward en Afrique», aux côtés de ses homologues du Tchad, de la République centrafricaine, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Ce panel ministériel, modéré par Saroj Kumar Jha, directeur mondial du département Eau du Groupe de la Banque mondiale, et Ahmadou Bakayoko, PDG d’Eranove, porte sur les Pactes sur l’eau, présentés comme des plateformes nationales alignant politiques publiques, financements et mise en œuvre autour de la sécurité hydrique.

Des Pactes nationaux et des milliards à capter

L’enjeu financier domine les travaux. Une session de haut niveau consacrée au financement de l’accès universel réunit dans l’après-midi la Banque islamique de développement (BID), la Société financière internationale (SFI), la Banque européenne d’investissement (BEI), le Fonds de l’OPEP et le Fonds koweïtien, avec les interventions de Baltazar Engonga Edjo’o, président de la Commission de la CEMAC, et de Jean Paterne Megne Ekoga, vice-président de la BDEAC. La sous-région Afrique centrale entend visiblement peser dans la répartition des enveloppes, entre augmentation des financements, réduction des risques pour les investisseurs et mobilisation des capitaux privés.

Le rendez-vous devrait se conclure, ce mercredi, par la présentation et la signature de la Déclaration de N’Djamena sur l’eau, réaffirmant «l’engagement politique collectif en faveur de l’accélération de l’accès universel à des services d’eau sûrs, fiables et résilients au climat», suivie du lancement des Pactes nationaux sur l’eau. Reste à savoir si le Gabon figurera parmi les signataires d’un tel pacte et avec quels engagements chiffrés.

Un miroir tendu à la crise gabonaise de l’eau

Pour Libreville, la thématique n’a rien d’abstrait. L’intitulé même du ministère de Phillippe Tonangoye, l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, dit l’ampleur du rattrapage attendu, dans un pays où les coupures d’eau à répétition, les branchements directs et les tensions autour de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) rythment le quotidien des ménages. La perspective d’une scission de l’opérateur historique en entités distinctes pour l’eau et l’électricité, évoquée ces derniers mois, rend d’autant plus stratégique la capacité du pays à capter les financements et l’expertise mis sur la table à N’Djamena.

Le forum offre également un panel dédié au partenariat avec le secteur privé pour la sécurité de l’eau, avec des opérateurs comme Suez, Eranove, Netafim ou Vergnet Hydro. Autant d’acteurs susceptibles d’intéresser le Gabon au moment où le pays cherche des modèles de gestion et des investisseurs pour ses infrastructures hydrauliques. Les conclusions de N’Djamena, et surtout leur traduction concrète dans les mois à venir, diront si le thème «De la vision à l’action» aura été davantage qu’un slogan.

 
GR
 

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