Égalité femmes-hommes : près de 80 % des Gabonais pour, mais la pratique ne suit pas
Près de 80 % des Gabonais adhèrent à l’égalité entre femmes et hommes, mais la pratique ne suit pas : discriminations et harcèlement persistent au travail, et les femmes, jugées aussi légitimes que les hommes en politique, ont moins facilement accès aux ressources nécessaires au développement de leurs communautés. Tel est l’enseignement de l’enquête Afrobarometer Round 11, présentée le 6 novembre à Libreville.

Un moment de la dissémination du 6 novembre. © GabonReview
L’égalité entre les femmes et les hommes semble s’imposer dans les perceptions des Gabonais. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête Afrobarometer Round 11, dont la représentation gabonaise a dévoilé les résultats le 6 novembre à Libreville. Réseau panafricain indépendant et à but non lucratif, Afrobarometer entend faire de la voix des citoyens un instrument d’orientation des politiques publiques et des décisions de développement. Au Gabon, l’enquête a été mise en œuvre par le Centre d’études et de recherches en géosciences politiques et prospective (CERGEP) de l’Université Omar Bongo (UOB), auprès d’un échantillon nationalement représentatif de la population adulte.

Instantané et photo de famille à l’issue de la dissémination, le 6 novembre. © GabonReview
Les résultats dessinent une opinion plutôt favorable à l’égalité des genres. Près de 80 % des Gabonais y adhèrent, en matière de droits, d’opportunités et de participation à la vie politique. Sur le terrain professionnel, les citoyens soutiennent également l’intervention de la loi pour garantir l’égalité salariale. Mais cette adhésion ne suffit pas à faire disparaître les discriminations et le harcèlement continuant de marquer les environnements de travail. En politique, le contraste est tout aussi net. Les femmes sont largement considérées comme aussi légitimes que les hommes pour briguer des responsabilités électives. Toutefois, leur accès aux ressources nécessaires au développement de leurs communautés demeure plus difficile.
À la recherche de l’équité
Entre l’adhésion de principe et les pratiques, l’écart souligne les limites d’une égalité davantage affirmée dans les principes que garantie dans les pratiques. Pour Marthe Oyane Metogho, enseignante-chercheure au département de Littératures africaines de l’Université Omar Bongo, la notion même d’égalité mérite d’être interrogée à l’aune des réalités culturelles africaines. «Du point de vue culturel, nous ne recherchons pas l’égalité. Ce que l’on recherche, c’est l’équité. C’est-à-dire qu’on reconnaisse chacun à sa juste valeur», a-t-elle plaidé. Un acteur culturel a, pour sa part, invité les décideurs à tirer les enseignements de ces données, en soulevant une question de fond : «Est-ce que les lois des sociétés patriarcales s’adaptent aux réalités des communautés matriarcales ?»
Du côté de la société civile, Amaria Princesse Apinda, représentante du Réseau femme lève-toi (ReFleT), voit dans cette adhésion populaire un motif d’espoir, mais aussi une invitation à accélérer les réformes. Elle relève un décalage entre les réalités du terrain et les textes en vigueur. «Il y a encore beaucoup à faire par rapport à l’effectivité de certains textes qui contribuent à cette égalité», estime-t-elle. «Bien heureusement nous pensons que la population gabonaise est ouverte à cette évolution et donc, on va continuer de travailler par rapport à ça», a-t-elle ajouté.

















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