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Exaspéré par le mutisme du gouvernement, le Syndicat national des enseignants chercheurs (Snec) a lancé, à l’issue de son assemblée générale du 8 janvier, un mouvement de grève reconductible chaque semaine. Si la grève n’est que la confirmation de l’annonce faite lors de l’assemblée générale du 17 décembre dernier, ce 10 janvier le syndicat a fermé le portail de l’Université Omar Bongo (UOB).

Le portail de l’UOB fermé ce 10 janvier par le Snec. © D.R

 

« Grève reconductible chaque semaine avec des assemblées générales tous les lundis, pour évaluer la situation ». C’est en substance ce qu’ont décidé les enseignants du supérieur réunis au sein du Syndicat national des enseignants chercheurs (Snec), à l’issue de leur assemblée générale (AG) du 8 janvier. Entre régularisation des situations administratives et amélioration des capacités d’accueil au sein des universités et grandes écoles du Gabon, le syndicat avait déposé sur la table du gouvernement un chapelet de revendications resté, à en croire leurs propos, lettre morte jusqu’à ce jour.

Selon Jean Rémy Yama, le président du Snec, cette décision d’entrée en grève dès ce lundi 10 janvier n’est que la confirmation de la résolution prise lors de l’assemblée générale du 17 décembre dernier au cours de laquelle, les enseignants avaient convenu de reconduire leur grève entamée depuis le 14 juin 2021, le 10 janvier 2022. «Lorsqu’on a dit le 17 décembre qu’on va reconduire notre grève le 10 janvier, c’est une perche qu’on a tendu», a commenté Jean Rémy Yama parlant du gouvernement. «On leur laisse quasiment un mois mais ils ne la saisissent pas parce qu’ils n’en veulent pas en réalité» a-t-il ajouté, regrettant le mutisme du gouvernement. Ce d’autant plus qu’étant allé en congé syndical le 19 juillet, la grève avait de facto été suspendue. Ce qui évitait au gouvernement de travailler sous pression.

Quid de la menace de la tutelle ?

«La grève a pour objectif de perturber le fonctionnement normal. Donc elle ne peut pas être gentille», a dit Jean Rémy Yama insistant tout de même sur le fait qu’elle ne doit pas empêcher les non-grévistes de travailler. «Mais nous devons sensibiliser tous les non-grévistes pour qu’ils puissent nous rejoindre. Les fermetures de portails sont possibles mais il faut toujours au moins une entrée libre pour permettre à ceux qui veulent travailler d’accéder à leurs lieux de travail», a-t-il ajouté. Le 10 janvier, le Snec a fermé le portail de l’UOB . «Le siège du Snec national c’est l’UOB. Le piquet de grève reste le portail de l’UOB», a précisé le président du Snec.

Si le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé la mise en place d’un dispositif de vérification de la présence effective des enseignants à leurs heures de cours, avec à la clé, l’application des mesures d’amputation et/ou de suspension de salaires, dès le mois de janvier 2022, Jean Rémy Yama a indiqué qu’il s’agira d’une coupure illégale de salaires. «Selon la loi, la coupure n’intervient pas lorsque le mouvement de grève se fonde sur une rémunération due» a-t-il déclaré, rappelant que le mouvement de grève concerne justement des rémunérations dues.

 
GR
 

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