Dans sa Revue des finances publiques du Gabon 2026, publiée le 29 septembre, la Banque mondiale pointe les faiblesses de gouvernance et de performance des entreprises publiques. Avec un portefeuille de 163 entités et plus de 1 000 milliards de FCFA de dette pour les principales structures analysées, l’institution préconise notamment davantage de transparence, le renforcement des conseils d’administration et une rationalisation du portefeuille de l’État.

La Banque mondiale juge préoccupante la situation de la SEEG, avec 90,7 milliards de FCFA de capitaux propres négatifs en 2024 et des pertes cumulées dépassant 127 milliards de FCFA. © SEEG

 

Le portefeuille des entreprises publiques gabonaises s’est considérablement élargi ces dernières années, notamment avec les acquisitions d’Assala Energy et de Tullow Oil par la GOC, la reprise de la SNBG ou encore la prise de participation majoritaire dans Afrijet. Pour la Banque mondiale, cette présence accrue de l’État dans l’économie s’accompagne d’une exposition plus importante des finances publiques aux difficultés de ces entreprises. 

Plus de 1 000 milliards de FCFA de dette

L’analyse des cinq principales holdings, de la SEEG et de la SOGARA fait apparaître une situation contrastée. Ces sept entreprises génèrent des revenus équivalant à 11 % du PIB, mais cumulaient en 2024 1 064 milliards de FCFA de dettes, pour 382,2 milliards de capitaux propres.

La Banque mondiale relève notamment les difficultés de la CDC et du FGIS, tandis que la dette de la GOC a fortement progressé avec les acquisitions pétrolières. La situation de la SEEG est également jugée préoccupante, avec 90,7 milliards de FCFA de capitaux propres négatifs en 2024 et des pertes cumulées dépassant 127 milliards de FCFA. 

Au total, les principaux risques budgétaires identifiés par la Banque mondiale sont évalués à 1 154 milliards de FCFA, soit 9,1 % du PIB. 

Une gouvernance encore perfectible

Pour l’institution, le cadre juridique de gouvernance, largement issu de la loi n° 11/82, n’est plus pleinement adapté. Des réformes sont toutefois en cours, avec notamment des projets prévoyant des contrats de performance pluriannuels, des procédures plus claires de nomination des dirigeants, davantage d’administrateurs indépendants, des obligations d’audit interne et un reporting renforcé.

La Banque mondiale souligne également les moyens limités de la Direction générale des Participations (DGPAR), qui compte 24 agents et dispose d’un budget inférieur à 100 millions de FCFA hors rémunérations. Elle recommande de renforcer ses moyens, ses pouvoirs et sa représentation dans les conseils d’administration.

Les réformes proposées

Dans le volet consacré à la gouvernance et à la performance, la Banque mondiale identifie plusieurs priorités.

À court et moyen terme, elle recommande de :

  • publier le premier rapport sur le portefeuille des entreprises publiques et faire respecter les obligations de publication des états financiers ;
  • adopter et appliquer pleinement la nouvelle loi sur la gouvernance des entreprises publiques ;
  • prévoir des plans de capitalisation pour les entreprises les plus fragiles, notamment la CDC et la SEEG ;
  • renforcer les conseils d’administration avec des administrateurs indépendants et des comités d’audit ;
  • assurer une représentation de la DGPAR dans ces conseils ;
  • élaborer un code commun de gouvernance d’entreprise ;
  • examiner la possibilité d’éliminer progressivement l’EPIC comme forme juridique ;

rationaliser le portefeuille de l’État en réduisant, lorsque cela est justifié, ses participations dans les secteurs non stratégiques ou concurrentiels.

Pour la Banque mondiale, l’enjeu est ainsi de renforcer la transparence, d’améliorer la performance des entreprises publiques et de réduire leur exposition sur les finances publiques.

 

 
GR
 

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