Après le choc de l’arrestation, place aux explications. Face à la polémique suscitée par l’interpellation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, le Procureur de la République a pris la parole ce jeudi 16 avril 2pour cadrer le récit. Une plainte, des faits qualifiés d’escroquerie et d’abus de confiance, une enquête en cours. Le magistrat plaide l’indépendance et rappelle la présomption d’innocence. Suffisant pour éteindre l’incendie ?

Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, le jeudi 16 avril 2026, à Libreville. © GabonReview

 

Au lendemain de l’interpellation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, a levé un coin du voile sur cette affaire qui défraie la chronique. Lors d’un point de presse tenu ce jeudi 16 avril 2026, le magistrat a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire visant l’ancien Premier ministre pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance. Une sortie médiatique calibrée, manifestement destinée à recadrer un débat public qui s’emballait.

D’emblée, le chef du Parquet a tenu à poser le cadre juridique de cette procédure. «Une enquête préliminaire est actuellement diligentée par le Parquet et ses services compétents à la suite d’une plainte déposée par une citoyenne gabonaise», a-t-il déclaré, confirmant ainsi l’existence d’une plainte formelle. Les faits reprochés à l’ancien chef du gouvernement porteraient sur «un montant d’une valeur de 5 millions de francs CFA qui lui aurait été remis à la suite de l’organisation des festivités de la Fête des cultures».

Présomption d’innocence et indépendance de la justice

Le Procureur a pris soin de rappeler les garanties procédurales dont bénéficie Alain-Claude Bilie-By-Nze. «La personne mise en cause bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, principe à valeur constitutionnelle dont le respect s’impose à tous», a-t-il martelé. Une précaution oratoire qui n’a pas empêché le magistrat d’affirmer avec fermeté l’autonomie de son action : «L’autorité judiciaire a agi en toute indépendance dans le cadre de la loi et avec la même rigueur, sans considération de la qualité de la personne considérée.»

Une formule qui sonne comme une réponse aux accusations de procès politique formulées par les proches de l’ancien Premier ministre.

Une enquête encore ouverte

Quant à l’issue de cette affaire, le Procureur s’est gardé de tout pronostic. «La qualification définitive et la suite à donner à la procédure seront arrêtées au terme de ladite enquête encore en cours», a-t-il précisé, avant d’appeler chacun à la «retenue» et au «respect du secret de l’enquête» dans «l’intérêt de la sérénité de la procédure et des droits des parties».

Reste à savoir si cette mise au point suffira à apaiser les esprits. L’interpellation sans convocation préalable d’une figure de l’opposition, pour une affaire remontant à 2008, continue d’alimenter interrogations et suspicions. Le terrain judiciaire saura-t-il se distinguer du terrain politique ? La suite de l’enquête le dira.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. ACTU dit :

    Après avoir blanchi HPO par un non‑lieu, le même procureur cherche désormais à faire croire qu’ACBBN ferait l’objet de poursuites pour escroquerie.
    Une telle situation montre que les autorités actuelles n’ont tiré aucune leçon des erreurs commises sous les anciens régimes Bongo. Elles semblent ignorer que les temps ont changé, tout comme les dynamiques individuelles et même celles entre États.
    C’est avec une profonde tristesse que nous constatons que le Gabon, notre pays, demeure pris en otage et condamné à accumuler encore du retard, tandis que d’autres nations africaines poursuivent leur progression.

  2. Axel MBALLA dit :

    Honteux, trè honteux!
    Aucun régime politique crédible ne peut envoyer
    un homme politique en prison pour ces faits.
    Ici, l’on sacrifie ACCBBN sur l’autel des déviances judiciaires
    parce que notre République n’a aucun ressort pour
    prouver son efficacité sur les priorités et
    les urgences du pays. Mais, cette manipulation est avant tout, votre propre ruine politique. Si près de nous, il y a une évidence pendante dans vos cercles.
    Sous-estimer un peuple, réserve toujours des surprises, quel que soit le temps qui passe…

  3. De Kermadec dit :

    Question: Combien de personnes jurent, la main sur le coeur que, si un jour ils arrivent au pouvoir, rétabliront la justice, feront table basse sur le passé pour redresser leur pays et que, le jour arrivé (si la chance leur a sourit) préfèrent aborder certains sujets et avançant les pieds sur le frein de peur que cela leur éclate à la figure car, rares sont ceux qui n’ont pas trempé leurs mains dans le camboui.

Poster un commentaire