Après dix jours de travaux, l’atelier préparatoire des assises nationales de l’état civil a mis en évidence les failles d’un système confronté à des archives mal conservées, des données contradictoires et des textes vieillissants. À travers le programme Gabon Digital, le Gabon entend poser les bases d’une réforme destinée à fiabiliser l’identification des citoyens et à simplifier leurs démarches administratives.

Photo de famille à l’issue des travaux. © GabonReview

 

Dix jours de travaux pour poser les bases d’une réforme en profondeur de l’état civil gabonais. L’atelier préparatoire des assises nationales, organisé dans le cadre du programme Gabon Digital financé par la Banque mondiale, s’est achevé le 8 octobre, sur un diagnostic préoccupant des failles du système actuel et la nécessité de moderniser les mécanismes d’identification des citoyens. Les échanges conduits au titre de la composante 2 du programme ont mis en évidence d’importantes insuffisances opérationnelles et juridiques. Selon Ange Moïse Pwaty Athoutan, coordonnateur de cette composante, les travaux ont relevé la mauvaise conservation des archives, des pratiques de saisie irrégulières dans certains services et l’obsolescence de textes de référence, dont le Code civil de 1972.

À ces dysfonctionnements s’ajoutent des incohérences dans les informations figurant sur certains documents officiels. Des anomalies qui compliquent les démarches administratives des usagers, en particulier pour l’obtention du Numéro d’identification personnel (NIP), de la Carte nationale d’identité (CNI), ou du passeport. Au-delà des difficultés quotidiennes imposées aux citoyens, ces défaillances soulignent les limites d’un système qui peine à garantir la fiabilité et la sécurisation des données d’état civil.

Pour y remédier, Gabon Digital entend engager une transformation structurelle des services concernés. La stratégie repose sur trois axes majeurs : la mise en place d’un registre biométrique des personnes physiques couvrant l’ensemble du territoire, le déploiement d’un système national d’identification digitale et la création d’un centre national d’état civil chargé de centraliser et de sécuriser les données démographiques. Le rapport final de l’atelier sera transmis au ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Il servira de base à la définition du calendrier officiel des assises nationales. Une étape déterminante pour traduire le diagnostic en mesures concrètes et bâtir un état civil plus fiable, sécurisé et accessible à tous.

 

 
GR
 

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