Faux médicaments, pénuries, numérique : les chantiers de la pharmacie gabonaise
Sécuriser le médicament, prévenir les pénuries et renforcer la responsabilité des pharmaciens : à Acaé, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, la 3ᵉ Journée pharmaceutique nationale (JPN) a placé la profession face aux exigences des réformes sanitaires. Organisée le 25 septembre par l’Ordre national des pharmaciens du Gabon (ONPG), la rencontre a débouché sur une feuille de route mêlant formation, régulation et numérique. Un hommage aux pionniers a également rappelé que l’avenir de la pharmacie gabonaise se construit sur un héritage à transmettre.

Le Dr Patience Ntogono Oke-Asseko, présidente de l’ONPG et le Directe de cabinet du ministre de la Santé. © D.R.
La 3ᵉ Journée pharmaceutique nationale (JPN), organisée par l’Ordre national des pharmaciens du Gabon, s’est tenue le 25 septembre à Acaé. Autour du thème « Le pharmacien au cœur des réformes sanitaires : éthique, responsabilité et qualité des soins », elle a rassemblé professionnels du médicament, représentants de la tutelle sanitaire et partenaires pour préciser la place du pharmacien dans les transformations en cours. L’un des moments forts a été l’hommage aux pionniers qui ont bâti la profession, avec une exigence pour la relève : « préserver les acquis, transmettre les valeurs professionnelles ».

Vue de quelques personnalités présentes lors de cette 3e JPN. © D.R.
La présidente de l’ONPG, Patience Ntogono Oke-Asseko, a rappelé le rôle du pharmacien dans la protection des patients. « Le pharmacien n’est pas un simple commerçant, c’est un acteur de santé publique à part entière, garant de la sécurité du patient », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que « le médicament n’est pas qu’une boîte, c’est une recherche, une qualité, une responsabilité ». Face aux défis des faux médicaments et de la couverture sanitaire universelle, elle a appelé à une « profession plus unie et mieux formée ».
Du circuit du médicament au dossier numérique, une feuille de route pour la profession
Les échanges ont porté sur la pharmacie hospitalière, l’exercice en officine, l’approvisionnement, la pharmacovigilance et la régulation, ainsi que sur la numérisation du circuit du médicament. Ils ont abouti à une feuille de route prévoyant de numériser ce circuit, de la prescription à la délivrance, de renforcer l’autonomie financière des pharmacies hospitalières et d’harmoniser les programmes de formation. L’amélioration du stockage et du transport, ainsi que la création d’un référentiel permettant d’identifier chaque médicament de manière unique, figurent également parmi les priorités.
Les participants ont aussi préconisé une coopération Sud-Sud contre les pénuries, le retrait des préparations à base de plantes contenant du sildénafil et la mise en place d’un dossier pharmaceutique numérique.
Cette journée a ainsi dessiné les contours d’une profession mieux armée pour lutter contre les faux médicaments et contribuer à la couverture sanitaire universelle. Reste à traduire cette feuille de route dans les pratiques. Représentant la tutelle, le Dr Éric Lembe Moussinga en a rappelé le principe directeur : « L’éthique sans la responsabilité serait impuissante, et la responsabilité sans l’éthique serait aveugle ».
















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