Fête de la Libération : à Makokou, le 30 août déborde largement du 30 août
Séminaire, caravane médicale, marché, forum économique, opérations administratives, inaugurations, distributions de kits scolaires, manifestations sportives et, en point d’orgue, défilé militaire et civil : le programme détaillé de la troisième Fête de la Libération transforme Makokou en capitale politique et événementielle pendant une dizaine de jours. Mais derrière la célébration du 30 août 2023 se dessine surtout une volonté : faire de la fête un accélérateur de développement pour l’Ogooué-Ivindo.

Entièrement réhabilité et inauguré en janvier dernier, éclairé pour la Fête de la Libération, l’Hôtel Bélinga sera l’un des points névralgiques des festivités à Makokou, jusqu’au dîner du couple présidentiel le 30 août. Dès septembre, l’établissement doit aussi servir à l’hébergement des personnels d’Ivindo Iron, opérateur du projet minier de Bélinga. ©Facebook/ Fête Nationale de la Libération Makokou
Le 30 août durera finalement près de deux semaines. Le programme détaillé des festivités de la troisième édition de la Fête de la Libération, organisée cette année dans l’Ogooué-Ivindo, montre une célébration qui dépasse très largement la seule commémoration de la prise du pouvoir par les militaires le 30 août 2023.

©Facebook/Fête Nationale de la Libération Makokou
Les premières activités sont annoncées dès les 20 et 21 août, avec un séminaire destiné aux élus locaux sur l’élaboration des Plans locaux de développement. À partir du 24 août, le dispositif monte progressivement en puissance : caravane médicale à l’Hôpital régional de Makokou, ouverture du «village Ogivin», méga marché de la Centrale d’achat et colloque consacré à l’Ogooué-Ivindo.
Le programme officiel initialement présenté par le gouvernement annonçait des festivités du 25 au 31 août. Le calendrier désormais diffusé élargit donc encore la séquence. Le gouvernement avait déjà indiqué vouloir donner à cette troisième édition une dimension sociale, économique, culturelle et citoyenne.
Le développement local au milieu de la fête
La journée du 27 août est particulièrement révélatrice de cette orientation. Un forum économique de l’Ogooué-Ivindo doit se tenir à Makokou, parallèlement à une campagne de digitalisation des permis ainsi qu’à l’édition de titres de séjour et de passeports.
Le lendemain, avec l’arrivée annoncée du président Brice Clotaire Oligui Nguema, la célébration entre dans sa phase politique. Honneurs militaires, accueil populaire et inauguration du mausolée Emmanuel Issoze Ngondet précéderont une série d’inaugurations et de visites de chantiers. Une découverte des chutes de Kongou figure également au programme.
Ces chantiers constituent probablement l’un des principaux enjeux de cette édition. Dix-sept projets ont été engagés à Makokou et dans les quatre chefs-lieux de département de la province. Le président de la République lui-même a récemment insisté sur la nécessité d’entretenir les infrastructures réalisées à l’occasion de la fête afin que leur impact dépasse l’événement.
Autrement dit, après Libreville en 2024 et Tchibanga en 2025, le principe d’une Fête de la Libération itinérante semble progressivement installer un modèle : déplacer pour quelques jours le centre de gravité politique du pays vers une province et profiter de l’échéance pour accélérer investissements et travaux publics.
Trois jours avec Oligui Nguema
Le 29 août restera très chargé. Exposition des Forces de défense et de sécurité, Journée de la Défense, caravane militaire, nouvelles inaugurations et visites de chantiers, distribution de kits scolaires, remise de parchemins aux bénévoles de l’Éducation nationale, finale de football, finale de boxe et remise du trophée du Cross de la Libération doivent rythmer la journée.
Le 30 août conservera néanmoins toute sa dimension institutionnelle et symbolique. La Place de l’Indépendance accueillera la cérémonie de décorations puis le défilé militaire et civil. Le programme annonce également la pose de la première pierre du siège de Fortescue Iron au centre-ville, avant un concert offert par le président de la République et un dîner du couple présidentiel à Bélinga.
Cette troisième édition intervient précisément au moment où l’Ogooué-Ivindo est appelée à occuper une place croissante dans la stratégie minière du pays, notamment autour du fer de Bélinga. Le choix de Makokou prend dès lors une dimension qui dépasse la commémoration.
La véritable mesure de la réussite ne sera cependant probablement pas donnée le soir du 30 août. Elle viendra après le départ des délégations, prévu le 31. Lorsque les projecteurs se seront éteints, il restera à déterminer ce que la fête aura durablement laissé à Makokou et, au-delà, à l’Ogooué-Ivindo.
















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