Fête de la Libération : à Makokou, Oligui Nguema célèbre la « Libération » en tenue Sankara
Trois ans après avoir troqué l’uniforme pour le costume présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema l’a remis, le temps d’un défilé. À Makokou, ce 30 août 2026, la troisième édition de la Fête de la Libération a mêlé symboles militaires, reconnaissance nationale et promesse de croissance. Revêtu de la tenue Sankara, le président a présidé une parade mobilisant 3 200 personnels, après la décoration de 106 récipiendaires dans l’Ordre national de la Libération. Placée sous le signe des « noces de froment », symbole de croissance et de fertilité, cette édition a voulu inscrire la célébration du 30 août dans une dynamique de transformation du Gabon.

En tenue Sankara, Brice Clotaire Oligui Nguema redevient, l’instant d’une parade, l’un des hommes en uniforme du 30 août. © Facebook
Pour présider à Makokou la troisième édition de la Fête de la Libération, le chef de l’État a choisi la tenue dite « Sankara », référence vestimentaire associée à l’ancien dirigeant burkinabè. Un choix hautement symbolique, alors que les Forces de défense et de sécurité occupaient une place centrale dans cette célébration du « Coup de la Libération ».

Makokou aux couleurs de la Libération : la foule massée le long du défilé du 30 août. © D.R.
Désormais président de la République et civil, Oligui Nguema s’est ainsi affiché aux côtés de ses « frères d’armes », dans une mise en scène destinée à rappeler son passé militaire et son rôle dans le basculement du 30 août 2023. Trois ans après, le « goût de la Libération » se veut encore intact, dans un Gabon que les autorités présentent désormais engagé sur la voie de la refondation. Pour le pouvoir, la « Libération » ne se résume pas au changement de régime intervenu en août 2023. Elle marque également, selon le discours officiel, le début d’une refondation de l’État de droit et d’une transformation de la Nation après plus d’une décennie de « traumatisme vécu ».
106 décorations, puis Makokou a défilé

« Compagnons de la Libération » : Oligui Nguema a décoré les 22 nouveaux commandeurs de l’Ordre, à Makokou. © D.R.
Une lecture qui place le chef de l’État au centre d’une œuvre qualifiée de « salut national ». Cette narration s’est aussi exprimée à travers les distinctions décernées à l’occasion de la fête. À Makokou, 106 Gabonais ont été admis dans l’Ordre national de la Libération : 84 au grade de chevalier et 22 au grade de commandeur. En sa qualité de grand maître de l’Ordre, Oligui Nguema a personnellement décoré les 22 commandeurs, les invitant désormais à porter le titre de « compagnons de la Libération » et à observer « honneur et fidélité à la patrie ». Selon le général de brigade Ndong Obiang, commandant l’ensemble des troupes, la parade militaire a mobilisé 3 200 personnels, 15 motos et 240 véhicules.
Au bord de l’axe du défilé, une foule compacte a accompagné le passage des différents contingents. Au rythme des fanfares et des commandements, militaires, forces de sécurité et personnels paramilitaires ont offert une démonstration de discipline et de synchronisation. Après les uniformes, les civils ont pris le relais. Associations, organisations et différentes composantes de la société gabonaise ont investi à leur tour l’itinéraire, donnant à la cérémonie une tonalité populaire. Une façon de rappeler que la « Libération » entend désormais se raconter comme une affaire de Nation tout entière.
Sous le signe des noces de froment

Sous le signe des « noces de froment », les majorettes ont apporté leur touche de couleur et de fertilité à la parade de Makokou. © D.R.
Cette troisième édition a été placée sous le signe des noces de froment, symbole de croissance et de fertilité. Elle a également voulu projeter l’image d’une province en transformation. Pendant plusieurs jours, Makokou a vécu au rythme des délégations officielles, des visiteurs et des activités organisées pour l’occasion.
Après Libreville en 2024 et Tchibanga en 2025, l’Ogooué-Ivindo s’est retrouvée sous les projecteurs. Ses infrastructures, ses potentialités économiques et surtout le projet de fer de Bélinga ont occupé une place importante dans le programme présidentiel. Au terme de la parade, chants patriotiques et couleurs nationales ont refermé la cérémonie.
L’image d’un président redevenu soldat

Un défilé, une tenue, et tout le 30 août 2023 qui revient en mémoire. © D.R.
À Makokou, la troisième Fête de la Libération aura ainsi mêlé mémoire du 30 août 2023, démonstration militaire, reconnaissance nationale et promesse de développement. Trois ans après le « Coup de la Libération », le récit officiel est désormais bien installé. Et, en revêtant la tenue Sankara, Oligui Nguema en a livré l’une des images les plus fortes : celle d’un président redevenu, le temps d’un défilé, l’un des hommes en uniforme du 30 août.
















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