Entre soupçons de corruption et malversations, le ministère en charge des Eaux et Forêts défraie à nouveau la chronique. D’importantes quantités de grumes auraient été cédées, par le département dirigé par le Pr Lee White, à un opérateur forestier inexistant au moment de la transaction.

Comme toujours, le patron du département des Eaux, des Forêts, n’était pas au courant. © Montage Gabonreview

 

Dans un énième scandale le ministère en charge des Eaux et Forêts ? On est tenté d’être affirmatif tant le journal Presse du Futur (PDF) qui révèle l’affaire étaye son scoop de nombreux fac-similés authentifiés par des sources internes du ministère jointes au téléphone par GabonReview. Ainsi, l’administration dirigée par Lee White serait à nouveau mêlée dans une affaire de cession de grumes à l’entreprise JR Négoce, inexistante au moment de la transaction, selon d’autres sources proches du dossier, contactées pour recouper la révélation du journal précité. Déjà publiés par PDF, des documents portant la signature du ministre précité l’attestent.

«Je soussigné, Pr Lee JT White, ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat et du Plan d’affectation des terres, déclare par la présente céder à la société JR Négoce en l’état, les bois appartenant au ministère des Eaux et Forêts, se trouvant à Tsamba-Magotsi dans la province de la Ngounié, représentant un volume estimatif de 3622 m³ et pour une valeur totale de 18 429 000 FCFA. Le versement de 50% de la vente, soit 9 214 500 FCFA, a été effectué sur le compte dédié au ministère des Eaux et Forêts à la Caisse de dépôt et consignation (CDC), sous le bordereau de versement n°46811. Le montant de 50% reste à payer avant l’évacuation totale du bois», peut-on lire dans l’acte de vente référencé n°000688/MEFMEPCPAT/SG/DGF du 13 septembre 2021.

L’appétit venant en mangeant, une autre opération a été effectuée. En témoigne l’acte de vente du lendemain, paraphé par le même signataire : «Je soussigné, Pr Lee JT White, ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat et du Plan d’affectation des terres, déclare par la présente céder à la société JR Négoce en l’état, les bois appartenant au ministère des Eaux et Forêts, se trouvant à Tsamba-Magotsi dans la province de la Ngounié, représentant un volume estimatif de 1425 m³ et pour une valeur de 32 225 500 FCFA. Le montant de 9 214 500 FCFA a été payé au compte dédié du ministère des Eaux et Forêts à la Caisse de dépôt et consignation (CDC), soit 30%, sous le bordereau de versement n°46811. Le montant de 23 010 500 FCFA, soit 70%, reste à payer avant l’évacuation totale du bois

À la lumière de ces deux actes de vente, un flou est déjà perceptible à ce stade. Il y a, en effet, lieu de s’interroger sur le volume exact des grumes cédés à l’opérateur économique. Mais aussi sur le modèle et les conditions du paiement de ce bois. Vraisemblablement, il est question de la même transaction concernant le bois saisi à Tsama-Magotsi, la référence du bordereau de versement délivré à la CDC étant identique : n°46811. De même, il est à se questionner sur le mode de facturation de ces supposées transactions. Comment et pourquoi, en effet, les 3622 m³ du premier acte de vente sont-ils moins chers que les 1425 m³ de la seconde transaction ?

Plus étonnant : alors que ces vente ont lieu en septembre 2021, la société JR Négoce n’a été créée qu’en octobre de la même année, ainsi que l’atteste la «Fiche unique d’enregistrement» portant «création» d’une «entreprise individuelle» délivré par l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI-Gabon), le 12 octobre 2021. Comment donc le ministère de Lee White a-t-il pu vendre le bois confisqué lui appartenant à une entreprise qui, soit n’était qu’en création, soit n’avait pas encore été créée ? Cette précipitation ou cette mise de la charrue avant les bœufs ne traduit-elle pas une certaine connivence voire une complicité pour concussion ?

Toute cette légèreté ne saurait être permise dans ce domaine de souveraineté. Surtout quand on se remémore les conditions et les raisons pour lesquelles un ancien chef du département ministériel des Eaux et Forêts et même un vice-président de la République avaient été virés dans le cadre du «Kévagate». En tout cas, comme toujours, Lee White, le patron du département des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat et du Plan d’affectation des terres, n’était pas au courant.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. maganga dit :

    Il n’y a que Maganga pour sauter du trône. Ceci explique un Gabon à double vitesse.

    Quand on occupe une fonction publique, il faut avoir l’honnêteté de démissionner quand on est mis en cause, fusse t-il avec la complicité de l’autorité des nominations, responsable de la gangrène économique, sociale et politique….

    Ce pays a besoin d’un reset.

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