Une affaire présumée de faux et usage de faux éclabousse la mairie de Franceville. Quatre personnes, dont un agent municipal, ont été placées sous mandat de dépôt le 31 juillet dernier, après leur présentation devant le magistrat instructeur près le tribunal de première instance de Franceville. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à l’établissement frauduleux d’un acte de naissance destiné à faciliter l’obtention de documents administratifs gabonais à un Togolais.

Vue de l’Hôtel de Ville de Franceville. © D.R.

 

Les mis en cause sont Marchal M., 48 ans, technicien, Edward N.O., 52 ans, plombier déjà condamné par le passé, Venani T.M., 52 ans, agent d’état civil, et Alassane F., 33 ans, ressortissant togolais. Ils sont poursuivis pour faux, usage de faux et complicité de faux.

Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Union, l’affaire aurait débuté avec Alassane F., arrivé au Gabon en 2024 à la recherche d’un emploi et qui aurait perdu son passeport un an plus tard. Désireux d’obtenir des documents d’identité gabonais, il aurait sollicité Edward N., rencontré sur un chantier.

Ce dernier lui aurait proposé de le faire reconnaître comme le fils d’un Gabonais, avant de le mettre en relation avec un homme présenté comme son futur père.

Un faux acte de naissance contre près de 100 000 francs

Les quatre hommes soupçonnés d’avoir participé à l’établissement frauduleux de l’acte de naissance. © L’Union/Léa Daoud

Le ressortissant togolais aurait ensuite versé près de 100 000 francs CFA pour la réalisation des démarches. Une partie de cette somme aurait servi à rémunérer Venani T.M., agent d’état civil, qui aurait, à son tour, sollicité la complicité d’un collègue municipal non identifié jusqu’à lors afin d’établir un faux acte de naissance portant le numéro 1027 du 10 décembre 2000.

C’est précisément l’intervention présumée de ces deux agents municipaux dans la confection du document qui se trouve au cœur des investigations.

La fraude découverte lors de vérifications

L’affaire a été éventée lorsque des agents municipaux ont entrepris des vérifications en vue de la légalisation de copies. La consultation des registres a révélé que le numéro attribué à l’acte litigieux ne correspondait pas à Alassane F.

Alerté, le maire de Franceville a immédiatement saisi la brigade de gendarmerie d’Épila. Les investigations ont conduit à l’interpellation des quatre suspects. Selon des sources concordantes, ceux-ci auraient reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire, puis devant le juge d’instruction.

Placés en détention à la prison centrale de Franceville dans l’attente de leur procès, ils restent présumés innocents jusqu’à une éventuelle décision judiciaire définitive.

Les enquêteurs poursuivent par ailleurs leurs investigations afin de déterminer si d’autres documents administratifs auraient été frauduleusement établis dans le cadre de cette affaire.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment