Gabon : Ali Bongo saisit la Cosumaf pour faire débloquer ses comptes bancaires
Privé d’accès à ses comptes logés à BGFIBank Gabon depuis le coup d’État d’août 2023, l’ancien président gabonais a saisi, ce 12 octobre, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Une nouvelle offensive qui traduit sa volonté d’internationaliser un contentieux autour du gel de ses avoirs à Libreville.

La saisine d’Ali Bongo intervient après plusieurs tentatives infructueuses de règlement du dossier. © Montage/ GabonReview
Ali Bongo Ondimba élargit le front judiciaire pour obtenir la restitution de ses avoirs bancaires. Selon Jeune Afrique, l’ancien chef de l’État a saisi, ce 12 octobre, la Cosumaf, le gendarme du marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), afin de signaler le différend qui l’oppose à BGFIBank Gabon. Une démarche destinée, selon son entourage, à alerter sur les conséquences potentielles de cette affaire pour la réputation du premier groupe bancaire d’Afrique centrale.
Cette saisine intervient après plusieurs tentatives infructueuses de règlement du dossier et alors que des procédures ont été engagées devant les juridictions gabonaises.
Un gel contesté devant la justice
Le différend remonte aux semaines suivant le coup d’État du 30 août 2023. Depuis lors, Ali Bongo Ondimba affirme ne plus avoir accès à ses comptes, à l’instar de son épouse, Sylvia Bongo Ondimba. Le 8 juin 2026, il avait mis en demeure la banque de lui communiquer ses relevés et de justifier le blocage de ses avoirs.
Dans une réponse datée du 17 juin, l’établissement a invoqué une ordonnance du juge du cabinet d’instruction spécialisé numéro un du parquet de Libreville ordonnant la mise sous séquestre des comptes du couple. Une justification contestée par l’entourage de l’ancien président, qui souligne que la décision ne lui aurait jamais été signifiée.
Le 22 juin, Ali Bongo a donc saisi le tribunal de première instance de Libreville, par l’intermédiaire de son avocat, Me Francis Nkéa Ndzigue, pour obtenir une copie intégrale de cette ordonnance. Il a également engagé une procédure en référé visant notamment la levée du gel et la restitution de ses avoirs.
Un dossier aux ramifications régionales
Avant la Cosumaf, l’ancien président avait sollicité la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), chargée de la supervision bancaire dans la sous-région. Il envisage également de saisir l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), en raison de la présence de BGFIBank en France.
Pour ses proches, le blocage serait politiquement motivé et juridiquement contestable. La banque, elle, invoque une décision judiciaire. Contactés par Jeune Afrique, le ministre de la Justice, Augustin Emane, et BGFIBank n’ont pas souhaité commenter l’affaire.
Au-delà de la récupération de ses fonds, cette offensive place désormais le dossier sur plusieurs terrains de contrôle, national et communautaire.
















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