Le premier trimestre 2026 dessine une photographie contrastée du commerce au Gabon, entre retournement du secteur structuré, résilience des produits pétroliers et difficultés persistantes dans la pharmacie. Selon la dernière Note de conjoncture sectorielle du ministère de l’Économie et des Participations, cette période est marquée par des dynamiques sectorielles divergentes, révélatrices des fragilités structurelles et des moteurs de l’activité économique nationale. Toute chose marquée par une baisse de 3,2% de son chiffre d’affaires par rapport au trimestre précédent.

Le premier trimestre 2026 dessine ainsi un commerce national à plusieurs vitesses, pénalisé par une demande intérieure atone et des difficultés de trésorerie (Illustration IA). © GabonReview

 

Au Gabon, le commerce a évolué en ordre dispersé sur les trois premiers mois de l’année 2026. Ce qui révèle un secteur partagé entre ralentissement de la consommation et résistance de certaines branches. Selon la dernière Note de conjoncture sectorielle du ministère de l’Économie et des Participations, le commerce général structuré a amorcé un retournement avec un recul de 3,2 % de son chiffre d’affaires par rapport au trimestre précédent. Cette contre-performance s’explique principalement, explique le rapport, par «l’atonie de la demande globale», à laquelle s’est ajouté l’impact de la fermeture de nombreuses structures du groupe Ceca-Gadis. Un double facteur qui marque à la fois une fragilisation de l’activité commerciale et les difficultés rencontrées par une partie du tissu de distribution.

À l’inverse, indique la Note, le négoce des produits pétroliers a fait preuve d’une relative solidité. L’indice de cette activité a progressé de 0,4 % au premier trimestre, porté par la stabilité de la demande en produits blancs, notamment auprès des secteurs extractifs (pétrole et mines) ainsi que du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Cette orientation favorable se confirme sur un an, avec une hausse de 2,8 % par rapport au premier trimestre 2025. Une résistance qui souligne le poids des activités extractives et des travaux publics dans le maintien des débouchés commerciaux, alors même que la demande globale demeure peu dynamique.

Vulnérabilité financière d’un maillon essentiel de l’approvisionnement sanitaire

Le commerce des produits pharmaceutiques, en revanche, a subi un net repli de 4,8 % sur les trois premiers mois de l’année. Le ministère attribue principalement cette contraction «aux retards de paiement de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), dont les conséquences se font directement sentir sur la trésorerie des officines». 

Cette situation met en évidence la vulnérabilité financière d’un maillon essentiel de l’approvisionnement sanitaire, d’autant plus que lorsque les règlements tardent, les pharmacies voient leur capacité de renouvellement des stocks et leur trésorerie se tendre. Au total, le premier trimestre 2026 dessine ainsi un commerce national à plusieurs vitesses, pénalisé par une demande intérieure atone et des difficultés de trésorerie, mais soutenu ponctuellement par les besoins des secteurs pétrolier, minier et du BTP.

 
GR
 

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