Gabon : cinq jours pour traquer les réseaux du trafic de bois et d’espèces sauvages
La Direction générale des Douanes et des Droits indirects (DGDDI), en collaboration avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), accueille depuis le 19 octobre à Oloumi, à Libreville, un atelier national consacré à la lutte contre l’exportation illégale de bois et la criminalité liée à la faune sauvage dans les aires protégées. Objectif : renforcer les capacités des administrations répressives et mieux coordonner leurs interventions face aux organisations criminelles.

Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, ouvrant officiellement les travaux, le 19 octobre 2026. © Com. DGDDI
Cinq jours de formation pour renforcer la riposte contre les trafics qui menacent le patrimoine naturel gabonais. Ouvert lundi 19 octobre par le ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit homme-faune, Maurice Ntossui Allogho, cet atelier réunit 30 participants issus des administrations nationales. Organisée avec l’appui de l’ONUDC, dans le cadre du programme Guard Wildlife financé par l’Union européenne (UE), cette rencontre entend améliorer la détection des infractions, la conduite des enquêtes et le traitement judiciaire des dossiers.
Le trafic de bois et d’espèces sauvages dépasse en effet la seule question environnementale. Il contribue à l’érosion de la biodiversité, entraîne des pertes de recettes pour l’État et favorise le développement de réseaux criminels organisés. Dans un pays dont le patrimoine forestier et la richesse faunique constituent des atouts majeurs, la sécurisation des ressources naturelles représente ainsi un enjeu à la fois économique, écologique et judiciaire.
Renforcer la chaîne répressive

© Com. DGDDI
Pour répondre à ces menaces, les travaux portent notamment sur la détection des faux permis, l’identification des essences de bois, l’inspection des cargaisons et le suivi des flux financiers illicites. Autant de compétences destinées à mieux repérer les infractions, mais aussi à remonter les filières et à identifier les acteurs qui organisent ces opérations.
Des exercices pratiques, notamment au port d’Owendo, doivent permettre aux participants de confronter leurs connaissances aux réalités du contrôle des marchandises et de renforcer leurs capacités d’enquête. L’objectif est également d’améliorer la constitution des dossiers transmis à la justice, afin de faciliter les poursuites contre les auteurs et les réseaux impliqués.
Miser sur la coopération institutionnelle
La présence de Nicolas Kasprzyk, chef de délégation adjoint de l’Union européenne au Gabon, à la cérémonie d’ouverture souligne l’importance du partenariat international dans cette lutte. Au-delà de la formation technique, l’atelier met l’accent sur la collaboration entre douanes, services forestiers, enquêteurs et autorités judiciaires. D’autant que la lutte contre les trafics ne saurait reposer sur les seuls contrôles aux frontières. Elle suppose un partage efficace du renseignement, une meilleure traçabilité des flux et une capacité à suivre les circuits financiers qui soutiennent les activités illégales.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité d’initiatives déjà engagées au Gabon. En avril 2026, un accord de coopération avec l’ONUDC a notamment accompagné la mise en place d’une unité de contrôle portuaire spécialisée dans la lutte contre les trafics illicites, dont celui des bois précieux. L’ONUDC avait également organisé des formations au Gabon sur la perturbation des flux financiers illicites et la confiscation des produits du crime, avec la participation de représentants des douanes, de la magistrature, de la police et de la gendarmerie.
Ces précédents renforcent donc l’intérêt de l’atelier d’Oloumi : il ne s’agit pas seulement de saisir les cargaisons suspectes, mais aussi de remonter les filières, de suivre l’argent et de consolider les procédures judiciaires. À l’issue des cinq jours, l’enjeu sera de traduire les acquis de la formation en pratiques opérationnelles durables, pour mieux protéger les ressources naturelles du Gabon et réduire l’impunité des réseaux criminels.
















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