La syndicalisation des travailleurs et travailleuses de l’économie informelle se présente comme une opportunité et un défi pour les syndicats au Gabon qui, avec le soutien du Bureau international du travail (BIT), s’offrent du 1er au 2 décembre, à Libreville, la possibilité d’un renforcement de capacité basé sur le changement d’approche, l’autonomie et la représentativité par l’intégration des travailleurs de l’économie informelle.

Photo de famille des participants à l’atelier de suivi de la syndicalisation des travailleurs et travailleuses de l’économie informel au Gabon. © Gabonreview

 

Cinq centrales syndicales gabonaises, à savoir : l’Union des syndicats de l’administration publique, parapublique et privée (Usap), la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga), la Confédération gabonaise des syndicats libres (CGSL), l’Union des travailleurs du Gabon (UTG) et la Confédération syndicale gabonaise (CSG), prennent part, deux jours durant à compter de ce jeudi, à un atelier de renforcement des capacités sur les mécanismes de mobilisation et de syndicalisation des travailleurs de l’économie informelle et les migrants. En effet, l’intérêt pour l’encadrement syndical des travailleurs de l’économie informelle se présente comme un défi partagé au sein des différentes structures syndicales du pays.

«Cette initiative permet aux travailleurs précaires et de l’économie informelle d’avoir accès aux syndicats, d’y être représentés, encadrés et défendus. En effet, aujourd’hui, les travailleurs de l’économie informelle sont les plus nombreux à devoir être encadrés, car ce sont les moins formés et les moins conscients de leurs droits fondamentaux du travail. Ils ont le plus besoin d’être défendus, car non protégés. Ils ont le plus besoin d’être représentés, car ils ne sont pas reconnus et surtout pas entendus», a admis le président de l’Usap, Fridolin Mvé Messa.

En effet, selon la spécialiste des activités des travailleurs au bureau OIT pour l’Afrique centrale, Marinna Nyamekye, en Afrique, l’incapacité des syndicats à organiser massivement les travailleurs informels qui forment plus de 80% de la main-d’œuvre ainsi que la diminution des effectifs dans le secteur formel affecte le taux de syndicalisation et la représentativité des syndicats, ce qui conduit par conséquent à des syndicats faibles. «Pour sortir de cette décadence, les syndicats doivent tendre la main aux travailleurs marginalisés et difficiles à atteindre qui sont pour la plupart des femmes, des jeunes et des travailleurs migrants de l’économie informelle», conseille-t-elle.

S’il est vrai que les syndicats ont pour fonction d’organiser et de défendre les droits de tous les travailleurs, y compris les travailleurs informels et migrants. Cependant, de l’avis du secrétaire exécutif du CGSL, Jean Claude Békale, les syndicats gabonais sont confrontés à de nombreux défis lorsqu’il s’agit d’organiser les travailleurs informels. «Les difficultés de mobilisation des travailleurs dus aux stratégies traditionnelles de recrutement, les défis financiers et la difficulté à rendre des services, sont quelques-uns de nombreux facteurs qui dissuadent les syndicats de recruter les travailleurs informels».

Ces échanges devront permettre de renforcer la capacité des syndicats à mobiliser et recruter de nouveaux groupes de travailleurs (informels et migrants) en vue de protéger et de représenter les intérêts de ces travailleurs et d’accroître les taux de syndicalisation et la représentativité des syndicats. «La tenue de cet atelier pourrait donner un envol aux partenaires sociaux afin qu’ils s’approprient tous les mécanismes de l’organisation des travailleurs de l’économie informelle», espère Marinna Nyamekye.

 
GR
 

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