Roland Désiré Aba’a Minko a été enfoncé par le parquet général au deuxième jour de son procès, débuté le 8 juin devant Cour criminelle spéciale. Ayant qualifié d’atteinte à la sureté intérieure de l’État les actes posés par le prévenu le 16 juin 2017, le Procureur général a appelé la Cour à infliger la réclusion à perpétuité à l’ancien allié de Jean Ping, ne lui accordant aucune circonstance atténuante.

Roland Aba’a Minko, le premier jour de sa comparution. Le parquet général a requis la réclusion à perpétuité contre lui, le lendemain 9 juin, au deuxième jour de son procès devant la Cour criminelle spéciale. © L’Union/Franck Mombo

 

Le parquet général n’a pas été tendre avec Roland Désiré Aba’a Minko lors son procès débuté le 8 juin à Libreville devant la Cour criminelle spéciale.  À l’issue du deuxième jour de l’audience ayant porté sur l’examen de l’affaire au fond, les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le Procureur général a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre l’ancien allié de Jean Ping à l’élection présidentielle d’août 2016.

Fondant son argumentaire sur les dispositions de l’article 68 du Code pénal, le Procureur général a appelé la Cour criminelle spéciale à l’application stricte de la loi, en n’accordant aucune circonstance atténuante à Roland Aba’a Minko, au regard des actes posés par celui-ci le 16 juin 2017, qualifiés «d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat».

La défense, quant à elle, a jugé la peine exagérée. Ce d’autant plus que, selon maitre Bouguikouma, «les preuves matérielles des bombes fabriquées par Roland Aba’a Minko pour faire exploser les bâtiments administratifs n’ont pas été présentées au procès». Mieux, a soutenu l’avocat, le geste de son client n’était qu’un canular politique vu que, jusqu’ à ce jour, aucun bâtiment administratif n’a explosé tel que «l’avait prémédité son client». Un argumentaire lui ayant permis d’exiger la relaxe pure et simple du prévénu.

Incarcéré depuis trois ans, Roland Désiré Aba’a Minko est poursuivi pour «atteinte à la sureté de l’État, incitation à la révolte contre les autorités de l’État et trouble l’ordre public». Le 16 juin 2017, un an après sa réélection à la tête du Gabon, l’ancien allié de Jean Ping avait lancé un ultimatum à Ali Bongo : quitter le pouvoir et céder la place à Jean Ping qu’il considérait comme le véritable vainqueur du dernier scrutin présidentiel.

Au premier jour de sa comparution, le 8 juin, Aba’a Minko a expliqué  que son geste n’était qu’un «canular politique qui n’avait rien à voir avec la réalité». Ce geste qu’il a qualifié de «stratégie de communication ciblée, appelée ‘’arête de poisson’’, (…) consiste à faire passer une information critique pour faire croire aux autorités françaises qu’une menace réelle pesait sur elles». Le stratagème, a-t-il expliqué, visait juste à «attirer l’attention des autorités diplomatiques françaises sur la situation politique du Gabon, caractérisées  élections truquées. Ce d’autant que depuis les indépendances, c’est la France qui établit les présidents au Gabon à travers des accords sordides».

Reste à voir si la Cour criminelle spéciale tiendra de compte de explications lors du rendu de son verdict prévu dans un jour.

 
GR
 

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