Gabon : le Bloc des 5 alerte sur l’avenir de la démocratie
Après l’irrecevabilité du recours du PRD devant la Cour constitutionnelle, le Bloc des partis légalement reconnus dénonce des menaces sur le multipartisme. Le Bloc des 5 sollicite une médiation préventive de la CEEAC et interpelle le chef de l’État sur l’avenir du multipartisme au Gabon.

Ariel-Eloi Iwangou lisant la déclaration, le 28 octobre 2026. © GabonReview
Le Bloc des partis politiques légalement reconnus, dit Bloc des 5, craint pour le multipartisme au Gabon. Dans une déclaration lue ce mercredi 28 octobre par le président du Parti républicain et démocratique (PRD), Ariel Éloi Iwangou, le regroupement politique appelle la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) à activer ses mécanismes de prévention des crises au Gabon. En cause : les risques que ferait peser, selon lui, le projet de modification de la loi sur les partis politiques sur le pluralisme démocratique. Cette sortie intervient après l’arrêt rendu le 12 octobre par la Cour constitutionnelle, saisie par le PRD pour contester la délibération du Conseil des ministres portant le projet de loi modificatif.
La Haute Juridiction a déclaré la requête irrecevable et s’est dite incompétente, estimant que cet acte ne figure pas parmi ceux dont elle peut contrôler la conformité à la Constitution. Le Bloc des 5 s’étonne que la Cour ait engagé une instruction, avec l’audition du requérant et de deux membres du gouvernement, avant de décliner sa compétence. Surtout, il invoque un précédent de décembre 2021, lorsque la Haute juridiction avait examiné au fond et annulé une délibération du Conseil des ministres relative à la riposte contre la Covid-19. Pour le Bloc, cette différence de traitement nourrit les inquiétudes sur l’avenir du multipartisme. Les membres qualifient le projet gouvernemental de « juridiquement infondé et politiquement dangereux », y voyant une tentative de restriction du champ politique susceptible de conduire à une insidieuse du monopartisme.
Entre médiation de la CEEAC et appel à Oligui Nguema
Une accusation lourde, que le regroupement entend porter au-delà des frontières nationales. Il sollicite la « médiation préventive » de la CEEAC, sur le fondement de l’article 32 du traité révisé instituant le Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX), et demande également l’implication de Faustin-Archange Touadéra, président centrafricain désigné facilitateur lors de la Transition. L’objectif affiché est d’éviter que les tensions politiques, faute d’espaces institutionnels de dialogue, ne se déplacent dans la rue. Autre cible du Bloc des 5, la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC), accusée de rester silencieuse face aux inquiétudes exprimées par les partis.
Le Bloc réclame la convocation de son assemblée plénière et estime que l’absence d’une nouvelle liste officielle de partis politiques ne saurait justifier l’inaction. Il rappelle qu’en attendant les résultats de l’opération de mise en conformité des partis politiques lancée par le ministère de l’Intérieur, le Gabon compte, 104 partis légalement reconnus et 45 dossiers en instance de légalisation. Le regroupement rejette par ailleurs toute assimilation de la société civile aux partis politiques au sein de la CNDPC, défendant une distinction entre conquête électorale du pouvoir et contrôle citoyen de l’action publique. Il considère le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) comme l’espace constitutionnel dévolu à la société civile.
In fine, le Bloc des 5 interpelle directement le président Brice Clotaire Oligui Nguema, appelé à agir en garant des institutions et de la stabilité nationale. « Lorsque la démocratie vacille, il appartient au premier magistrat de la Nation de s’élever au-dessus des partis pour dire le droit et montrer le chemin », a déclaré Ariel-Eloi Iwangou.
















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