‎Qui peut véritablement se réclamer du métier de journaliste au Gabon ? La reprise des travaux de la Commission nationale de la carte de presse, après cinq années de suspension, remet cette question au cœur de l’actualité médiatique. Depuis le mardi 3 novembre, à Libreville, près de 200 dossiers de demande ou de renouvellement de carte professionnelle sont examinés au cours d’un atelier de sept jours.

‎‎Les membres de la commission examinant les dossiers. © AGP

 

Sous la conduite de son président, David Ella Mintsa, la Commission procède à l’étude des différentes candidatures afin de vérifier leur conformité aux conditions d’attribution de la carte de presse. La carte, dont la validité est fixée à deux ans, est accessible selon trois voies : la détention d’un diplôme spécialisé en journalisme, dans les métiers du numérique ou du cinéma ; la justification d’au moins cinq années d’expérience professionnelle ; ou un parcours de tutorat encadré par un professionnel reconnu du secteur.

‎‎Si les professionnels des médias attendent de ce document une reconnaissance officielle, mais aussi des facilités et des avantages liés à l’exercice de leur métier, son importance ne saurait se limiter à ces considérations. La carte de presse est avant tout un marqueur de crédibilité professionnelle. Elle permet d’identifier ceux qui répondent aux exigences du métier et contribue à éviter que le journalisme ne devienne un espace ouvert à toutes les improvisations.

‎‎Préserver les exigences de formation 

‎‎Dans un contexte où la multiplication des plateformes numériques facilite la production et la diffusion de contenus, la distinction entre journaliste professionnel et simple producteur d’informations devient d’autant plus importante. L’enjeu est donc de préserver les exigences de formation, de compétence, d’éthique et de déontologie qui fondent la pratique journalistique.

‎À la fin des travaux, un rapport présentant les conclusions de la Commission sera transmis aux autorités de tutelle ainsi qu’aux requérants. Des recommandations sont également attendues pour renforcer la portée de la carte et faciliter son utilisation sur le terrain. Reste désormais à faire de cet outil autre chose qu’un simple document administratif : un véritable instrument de légitimation et de valorisation du journalisme au Gabon.

‎Thécia Nyomba 

 
GR
 

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