mdas

Au Gabon où certains médias se font appeler « médias du palais », en référence à leurs liens avec la présidence de la République, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima a tiré la sonnette sur leur incorrection professionnelle dans la présentation des faits. Hospitalisé après les fêtes de nouvel an, il a été la cible de ceux qu’il qualifie de «guignols de la présidence». Sorti de l’hôpital, il est certain que ces médias feront exploser le Gabon.

L’ex-premier ministre a été hospitalisé après avoir été contaminé au Covid-19. © D.R.


Hospitalisé à l’hôpital d’instruction des Armées Omar Bongo Ondimba de Libreville, après les fêtes de nouvel an, l’ancien Premier ministre en est sorti et a adressé via son compte Facebook, ce 12 janvier, ses remerciements aux personnes qui étaient de cœur avec lui durant cette épreuve. «
Quant aux autres qui avaient commencé à préparer des couronnes et à envoyer des messages ironiques de satisfaction pensant déjà être débarrassés de moi, qu’ils prennent patience», a posté Raymond Ndong Sima qui leur a subtilement rappelé que la mort est un passage obligé. «J’en profite pour rappeler aux journalistes fantômes de la présidence qu’ils ont la mémoire courte, très courte» a-t-il indiqué, visiblement agacé par certains écrits.

Lors de son hospitalisation, il a été pris pour cible par certains journalistes. N’appréciant visiblement pas «ses posts Facebook au vitriol contre l’Exécutif», ces derniers ont cru bon de prendre sa maladie pour prétexte afin de lui régler des comptes. Ils l’ont fait passer pour la tête pensante du Copil citoyen, ce mouvement qui promeut une meilleure gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19 dans le pays, mais aussi pour un complotiste. «Cela dit, il faudra bien que ces journalistes fantômes m’expliquent le lien qu’il y a entre ma santé, les déboires du gouvernement avec le Copil citoyen, la réticence de la population à l’expérience vaccinale en cours, la morosité ambiante dans le pays», a-t-il dit.

Ndong Sima inquiet


Capture d’écran de quelques articles évoqués par Raymond Ndong Sima. © Gabonreview

Dans son post, Raymond Ndong Sima qui relève que «personne n’a jamais vu (ces journalistes) poser la moindre question en conférence de presse du porte-parole du président de la République mais qui agissent si courageusement en mode furtif», tire la sonnette d’alarme sur leur manière d’agir mais surtout sur celle de leur chaperon. «C’est ainsi qu’on dissuade ceux qui comme moi, croient en la compétence gabonaise de se faire traiter dans les structures médicales nationales et qu’on les envoie, c’est sans doute plus prudent, chercher leur salut à l’étranger ?», s’est-il inquiété.

«Voulant faire du zèle, ces guignols de la présidence passent le clair de leur temps à claquer inconsciemment des allumettes dans les poudrières de la République», a dénoncé l’ancien Premier ministre. «Un jour ils la feront sauter sans même faire exprès», a-t-il ajouté. «Je ne sais pas entre peur et animosité ce que j’inspire. Mais ceux que j’inquiète ont raison. 2023 ne sera pas 2016», a indiqué celui qui a été pris pour cible pour avoir apprécié la bravoure du Copil citoyen.

Ali Bongo responsable ?

«4 premiers ministres ont été nommés après moi depuis janvier 2014, mais c’est moi qui continue à ressasser un mécontentement qui retient l’attention et pourrit l’ambiance générale du pays», a-t-il poursuivi. Raymond Ndong Sima croit à juste titre que ces journalistes sont envoyés par le président Ali Bongo «qui semble les envoyer désormais raconter des inepties» à son sujet, alors qu’en septembre 2016, lors des violences postélectorales, il a avait dépêché chez lui une équipe. Objectif : lui «demander de venir faire un appel à l’apaisement à la télévision devant le représentant de l’Union européenne». «C’est aussi à ce même mécontent qu’ABO a téléphoné pour l’inviter à dépasser les tensions du moment et à faire preuve d’esprit républicain en venant assister à son investiture», a-t-il ironisé.

Six ans plus tard, informe Raymond Ndong qui a essuyé des injures, Ali Bongo «n’a jamais trouvé une seule fois un mot pour saluer cet esprit républicain et rétablir les faits». «O tempora, o mores ! C’est cet esprit qui anime ses artificiers, quoi de vraiment étonnant ?», a-t-il lâché disant être accusé d’être la tête pensante d’un Copil citoyen qui selon lui, se contente de relever «les erreurs administratives grossières» du gouvernement. «C’est donc avec moi que ces journalistes fantômes ont décidé d’en découdre, en appelant à mots à peine couverts à ma liquidation pendant que j’étais à leur merci dans un hôpital sous leur contrôle, avec des montages audios d’un grotesque affligeant», a-t-il regretté.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Le 5eme paragraphe est très édifiant, vous en pensez quoi ? Amen.

Poster un commentaire