Gabon : un congrès de l’UDB en juillet pour lui donner une âme, de la crédibilité et de la visibilité ?
Pour son évolution, son implantation, son assise et pour son avenir politique dans l’ensemble du pays, l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) pourrait organiser un Congrès national, en juillet prochain. Très attendu par les militants et les cadres du parti, ce rendez-vous pourrait constituer un tournant pour cette jeune formation politique, au pouvoir, encore en quête d’identité propre et d’enracinement durable sur le terrain.

Le Secrétaire général de l’UDB, Mays Mouissi, galvanisant les troupes lors de l’installation des responsables de ce parti au pouvoir dans le 4e arrondissement de Libreville. © GabonReview
Fondée à la suite de la Transition intervenue au lendemain des événements d’août 2023 au Gabon, l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB), portée par son président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’a pas encore littéralement posé ses jalons dans l’ensemble du pays. Raison pour laquelle le quotidien l’Union de ce 18 mai, rapporte et indique que ce parti présidentiel devrait organiser, visiblement en juillet, un Congrès national. Au-delà de l’exercice statutaire, l’ambition serait de transformer cette écurie, encore largement portée par l’aura de son leader, en un véritable appareil politique structuré, visible et capable de mobiliser au-delà du seul capital sympathie que capitalise le chef de l’État.
Le parti a jusqu’ici davantage existé à travers la popularité de son fondateur
Depuis sa création, l’UDB peine en effet à convaincre par sa capacité d’organisation. Les observateurs estiment que le parti a jusqu’ici davantage existé à travers la popularité de son fondateur que par la force de son implantation dans le pays ou par sa stratégie politique. Ce constat semble désormais intégré par la direction du parti, qui multiplie depuis plusieurs semaines les initiatives de terrain. Sous l’impulsion du Secrétaire général, Mays Mouissi, l’UDB a engagé une vaste opération d’installation des structures de base dans le Grand-Libreville, avec l’objectif de renforcer son maillage territorial et d’accroître sa proximité avec les populations.
Cette dynamique devrait s’étendre à l’intérieur du pays. Après les premières étapes dans l’Estuaire, le Secrétaire général est annoncé dans le Moyen-Ogooué le 25 mai, puis dans les provinces de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué trois jours plus tard. Pour les responsables du parti, cette campagne d’implantation constitue une phase essentielle de consolidation et de mobilisation militante autour des idéaux de «reconstruction» du Gabon défendus par l’UDB depuis la Transition. Le parti entend ainsi structurer un réseau capable d’assurer une présence permanente dans les quartiers, les communes et les provinces, en prévision des futures échéances politiques.
Derrière cette offensive se joue également un enjeu de crédibilité
Mais derrière cette offensive se joue également un enjeu de crédibilité. Longtemps critiqué pour sa discrétion sur le terrain et pour la faiblesse de certaines mobilisations, le Secrétariat général semble vouloir éviter les approximations à l’approche du Congrès. Les réunions se multiplient au siège du parti afin de préparer minutieusement les déplacements de Mays Mouissi et pour garantir une participation militante plus conséquente que lors de certaines récentes installations dans la capitale. Dans les cercles proches du parti, beaucoup considèrent désormais que si le Congrès a lieu en juillet, il servira aussi de test politique pour le Secrétaire général, appelé à défendre le bilan en matière d’implantation et de structuration.
Ce futur congrès pourrait donc bien déterminer la capacité réelle de l’UDB à s’imposer comme une force politique durable dans le paysage gabonais. En cherchant à se doter d’«une âme» et d’une visibilité plus affirmée sur le terrain, le parti tente, de ce fait, de passer d’un mouvement d’adhésion autour d’un homme à une organisation politique pleinement enracinée.













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