À Nkoltang, une consultation publique a réuni autorités, experts et riverains autour du futur centre d’enfouissement technique appelé à remplacer progressivement la décharge de Mindoubé, en service depuis près de quarante ans. Entre ambitions écologiques, économie circulaire et préoccupations environnementales, le projet se veut utile pour le Grand Libreville.

Le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie‑Françoise Dikoumba, posant avec les riverains de Nkoltang, le 13 mai 2026. © D.R.

 

Face à la saturation progressive de la décharge de Mindoubé, les autorités gabonaises accélèrent la mise en place d’une nouvelle infrastructure dédiée à la gestion des déchets. Une consultation publique organisée le 13 mai 2026 à Nkoltang, à moins de 26 kilomètres de Libreville sur la Route nationale 1, a marqué une étape importante dans le projet de futur centre d’enfouissement technique destiné à accueillir et traiter les déchets du Grand Libreville.

Sur ce vaste espace de 75 hectares, les engins ont momentanément interrompu leurs activités pour laisser place aux échanges entre autorités administratives, experts du secteur, responsables techniques et populations riveraines. Cette rencontre avait pour objectif de présenter les contours du projet, mais également de recueillir les préoccupations des communautés appelées à cohabiter avec cette future installation.

Le site de Nkoltang constitue la première phase d’un ambitieux programme de traitement et de valorisation des déchets provenant des communes de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum. Pour les autorités, il s’agit d’une réponse urgente à l’état critique de la décharge de Mindoubé, en exploitation depuis près de quarante ans et devenue aujourd’hui inadaptée aux exigences environnementales modernes.

Prenant la parole devant les habitants et les représentants institutionnels présents, le secrétaire général adjoint du ministère de l’Intérieur, Yannick Edson Ongoundja, a souligné la portée essentielle du projet. «Ce projet a l’ambition également de donner aussi, on va dire, deux ou trois facettes de la gestion des ordures ménagères dans notre pays, puisqu’il s’agit ici de créer en réalité une économie circulaire», a-t-il déclaré.

Transformer les déchets en ressources exploitables

Au-delà du simple enfouissement des déchets, le futur centre entend intégrer des mécanismes modernes de tri, de traitement et de valorisation, avec pour ambition de transformer les déchets en ressources exploitables tout en réduisant l’impact environnemental.

La consultation publique s’est déroulée sous la supervision du gouverneur de la province de l’Estuaire, MarieFrançoise Dikoumba, qui a insisté sur l’importance d’associer les populations locales au processus décisionnel. «Aujourd’hui, il était question d’une consultation publique auprès de la population environnante parce que, comme vous le savez, ce projet va impacter de nombreuses populations», a-t-elle indiqué.

Du côté de l’entreprise Mika Services, chargée des travaux, les responsables assurent que plusieurs dispositifs ont été prévus afin de limiter les nuisances et les risques environnementaux liés à l’exploitation du site. Le directeur d’exploitation des travaux, Lewis Awa Nyare, a notamment précisé qu’un premier casier d’enfouissement, qualifié de «casier finance», sera réalisé dans une phase initiale du projet. «Au regard de la saturation du site de Mindoubé, il a été décidé par les plus hautes autorités du pays de commencer par la réalisation d’un premier casier qui a été ainsi appelé le casier finance. Ce casier aura la capacité de contenir à peu près un million de mètres cubes de déchets», a-t-il expliqué.

Porté par la volonté des plus hautes autorités gabonaises, notamment du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet de Nkoltang ambitionne de tourner définitivement la page de la décharge de Mindoubé, souvent critiquée pour ses conditions d’exploitation jugées hors normes. Avec cette nouvelle infrastructure, le Gabon espère amorcer une transition vers une gestion plus durable des déchets urbains, conciliant impératifs environnementaux, santé publique et développement économique local.

 
GR
 

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